E3 Saxo Classic : Comment le quatuor a laissé Mathieu Van der Poel lui filer entre les doigts

Crédit photo Xavier Pereyron / DirectVelo
Final étonnant, ce vendredi, sur l'E3 Saxo Classic. Au passage du peloton sur la ligne d'arrivée, où Christophe Laporte n'a été devancé que par Tobias Lund Andresen pour la 6e place, les sprinteurs n'ont pas dû être bien surpris de voir que Mathieu Van der Poel s'était imposé en solitaire. "Je pensais que ça allait rouler pour un sprint, mais il y avait un groupe costaud. Ce sont des coureurs difficiles à rattraper. L'homme le plus fort a gagné, il n'y a pas photo, c'est le meilleur résultat qu'on pouvait faire", explique le Français de la Visma-Lease a Bike à peine arrivé, en référence à la 2e place de son coéquipier, Per Strand Hagenes.
« J'ATTENDAIS POUR PRÉPARER MON SPRINT ET... »
Et pourtant, Christophe Laporte n'a pas encore tous les éléments à sa disposition. Fait rare sur ces Classiques belges, un numéro solitaire de Mathieu Van der Poel a bien failli échouer, puisque le Néerlandais a vu quatre coureurs sur son porte-bagages au passage de la flamme rouge. "Il y avait beaucoup de vent de face et ça a joué. Je savais que ça allait être très dur. À 5 km j'y croyais et je les ai vus revenir. Je m'attendais à un sprint et à faire 5e car j'étais rincé", explique le coureur d'Alpecin-Premier Tech. Mais revenir à dix, voire cinq mètres, n'est pas revenir dans la roue. "Je pensais vraiment qu'ils allaient revenir, j'attendais pour préparer mon sprint et quand j'ai vu que ça ne revenait pas, j'ai fait l'effort".
Per Strand Hagenes, Florian Vermeersch, Jonas Abrahamsen et Stan Dewulf, qui lui était échappé durant la journée, ont alors joué au poker. "On l'a pratiquement repris mais ça n'a pas coopéré quand on revenait sur lui. On a tous joué, je n'allais pas mettre toutes mes cartes sur la table", analyse le coureur d'UAE Team Emirates XRG. "On n'a pas beaucoup parlé, ironise Per Strand Hagenes. On peut jouer différemment bien sûr et prendre plus de risques mais personne n'a fait le bond. Vermeersch voulait qu'Abrahamsen passe un relais, il n'a pas voulu, moi non plus. Personne n'a voulu, c'est la course", tente d'expliquer le Norvégien.
« ON ÉTAIT À DIX MÈTRES »
Florian Vermeersch avait du mal à cacher sa déception. "J'ai le sentiment qu'il y avait mieux à faire, on était à dix mètres. J'ai demandé du soutien, ils ont décidé de ne pas collaborer et je ne voulais pas faire le dernier effort", insiste le Belge, qui revenait de loin après des ennuis mécaniques qui l'ont obligé à faire de gros efforts plus tôt dans la course. "Je suis très déçu, j'ai été malchanceux sinon j'aurais peut-être couru différemment. C'est la course, mais je ne suis pas énervé, c'est comme ça. On s'est contenté d'un sprint pour la 2e place, c'est dommage parce qu'on pouvait aller le chercher". Per Strand Hagenes garde lui le sourire, mais rit jaune, lui qui avait déjà été piégé par Alec Segaert au Grand Prix de Denain. "Ça aurait été bien d'arriver pour la victoire, on a espéré... Mais c'était une situation délicate et on n'a pas réussi à le reprendre".
Finalement, c'est le coureur de la Visma-Lease a Bike qui est monté sur la deuxième marche du podium, devant Florian Vermeersch. "Ça reste un bon résultat pour moi, je ne suis pas parmi les top coureurs. Parfois c'est de ma faute si je ne vais pas chercher le meilleur résultat, mais c'est bien de réussir quelque chose aujourd'hui sachant que l'année dernière n'a pas été parfaite pour moi". Quant à Florian Vermeersch, il promet d'être revanchard pour la suite de la campagne de Classiques. "On y retournera dimanche", sourit-il. Même si à Harelbeke, il y en avait surtout un qui avait le sourire complètement joyeux à l'arrivée. "Je suis très heureux de m'en sortir mais j'ai dû faire de gros efforts pour y arriver". Car à la fin, c'est quand même Mathieu Van der Poel qui gagne.
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