« On a tout fait au mieux » : Comment Decathlon CMA CGM a tout misé sur un seul homme

Crédit photo Florian Frison / DirectVelo

Crédit photo Florian Frison / DirectVelo

Decathlon CMA CGM rêvait de réaliser un gros coup avec Tobias Lund Andresen lors de Milan-Sanremo. Le Danois est bel et bien parvenu à s’accrocher lors de la Cipressa puis dans le Poggio mais, en bout de course, il n’a plus eu les jambes pour produire son meilleur sprint lors de l’emballage final sur la célèbre Via Roma. “J’ai réussi à rester dans le groupe mais une fois venu le moment du sprint, je n’étais pas bien placé”, regrettait le sprinteur après la course. Présent sur place à Sanremo, DirectVelo a recueilli la réaction du directeur sportif Mark Renshaw. Entretien avec l’Australien.


DirectVelo : Avez-vous quelconque regret ce samedi ?
Mark Renshaw : Des regrets, non, car on termine avec trois mecs dans le premier groupe (derrière Tadej Pogacar et Tom Pidcock, NDLR). C’était l’objectif ce matin et il a été rempli. Ce n’est pas vraiment un regret mais s’il fallait rentrer dans les détails, je dirais que j’aurais bien aimé voir Tobias (Lund Andresen) un tout petit mieux placé au moment de l'emballage final, pour sans doute aller chercher mieux que ça (13e, NDLR)

Paul Lapeira nous a dit que Tobias n’avait pas forcément ses meilleures jambes dans le final…
Franchement, je trouve qu’il a été très solide et a évolué à un niveau qui permettait de jouer. Il était là où il devait être (en haut du Poggio, NDLR). Maintenant, c’est vrai qu’il n’avait plus forcément les jambes pour finir le travail dans la dernière ligne droite.

« IL ESPÉRAIT AUTRE CHOSE ET IL EST DÉÇU »

As-tu été surpris par le scénario de la course ? On n’était pas loin d’une arrivée au sprint, “à l’ancienne” !
Quand tu as les trois principaux favoris de la course qui tombent juste avant la Cipressa (Tadej Pogacar, Mathieu Van der Poel et Wout van Aert, NDLR), forcément ça change la donne. Pogacar est revenu très vite et a immédiatement attaqué dans la Cipressa. S’il avait été là dès le pied, sans la chute, ça aurait sans doute été un scénario différent. Mais encore une fois, au-delà du scénario, notre objectif était d’avoir encore trois mecs dans le coup en haut et c’était le cas (Jordan Labrosse, Paul Lapeira et Tobias Lund Andresen, NDLR). En revanche, il est vrai que ce groupe-là qui s’est pratiquement joué la troisième place était plus imposant qu’on aurait pu l’imaginer avant la course.

A-t-il été un temps envisagé de laisser Jordan Labrosse ou Paul Lapeira jouer leurs propres cartes, ou étiez-vous focalisés à 100% sur un sprint pour Tobias Lund Andresen ?
Quand tu as Tobias Lund Andresen dans un groupe d’une trentaine ou même d’une quarantaine d’unités dans le final d’un Milan-Sanremo et qu’on peut jouer un podium, tu paries sur lui. Ok, il ne se sentait pas au top, mais qui se sent au top après quasiment 300 bornes de course ? On a tout fait au mieux pour le mettre dans les meilleures conditions, qu’il soit le mieux placé possible au moment de lancer son sprint. C’était son premier Milan-Sanremo. Bien sûr, il espérait autre chose et il est déçu. L’équipe toute entière est également déçue de ne pas faire un meilleur résultat, mais j’ai tout de même le sentiment que c’est prometteur pour l’avenir.    

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