Mathys Rondel : « Pas aussi bon que je ne l’espérais »

Crédit photo Billy Ceusters / A.S.O

Crédit photo Billy Ceusters / A.S.O

Mathys Rondel garde le cap et reste fidèle à ses habitudes. Calme, serein, confiant en l’avenir, c’est en toute décontraction et sans jamais prononcer un mot plus haut que l’autre que le Sarthois a dressé auprès de DirectVelo - dimanche en fin d’après-midi à Nice - le bilan d’un Paris-Nice terminé comme il l’espérait dans le Top 10. Une satisfaction mais pas de quoi s’enflammer outre mesure non plus pour le leader de la formation Tudor, qui espère prochainement pouvoir passer un nouveau cap et peser davantage sur les courses. Entretien avec celui qui a prolongé son contrat avec la ProTeam suisse jusqu'en 2030 et qui va désormais rentrer en phase de préparation pour le Tour d'Italie, son premier Grand Tour en carrière. 


DirectVelo : Comment s’est passée cette dernière étape de Paris-Nice ?
Mathys Rondel : Plutôt bien finalement. J’avais des jambes pas trop mauvaises, c’était une journée correcte, on va dire.

L’objectif d’un Top 10 au général est rempli…
Oui, c’est sûr. Quand on regarde l’ensemble de la semaine, on voit qu’on partait de loin étant donné ce qu’il s’est passé sur l’étape avec les bordures. Finalement, le bilan est plutôt positif. La mission est remplie.

« ÇA ME DONNE UNE IDÉE DE CE QUE ÇA PEUT DONNER SUR UN GRAND TOUR »

Tu as déjà pris l’habitude de ces tests sur les courses d’une semaine mais là, il s’est passé tellement de choses que tu as dû avoir l’impression d’avoir disputé un mini-Grand Tour…
Oui, c’est exactement ce que je me suis dit. En fait, je viens de me faire la remarque que j’ai par moments complètement oublié qu’on avait fait certaines parties en début de Paris-Nice, comme si c’était déjà une autre course. Il y a eu le chrono par équipes, l’étape des bordures… Oui, ça faisait un peu penser à un Grand Tour, même si ça reste sur huit jours alors forcément, j’imagine qu’un Grand Tour reste quand même autre chose, au niveau mental également. J’imagine que ça doit tirer davantage en troisième semaine. En tout cas, c’est positif. C’était un très haut niveau, j’ai évolué face à un peloton très dense. C’était correct. J’étais toujours bien placé, mes coéquipiers ont fait le boulot comme il le fallait. Ça me donne une idée de ce que ça peut donner, ce type d’enchaînement, sur un Grand Tour et notamment sur le Tour de France.

Qu’est-ce qui t’a le plus marqué cette semaine ?
L’étape des bordures. C’était vraiment du solide… Je crois que tout le monde a fait des records de watts sur 4h30 vraiment à bloc. C’était une grosse journée. Je suis content de voir que physiquement, ça a tenu derrière alors qu’il y a eu pas mal d’abandons et de malades. C’est la preuve que même dans des conditions dures, je peux tenir. C’est positif et bon à savoir, surtout avant un Giro où il est possible d’avoir ce type de conditions pendant plusieurs jours. L’organisme est solide, les jambes ont bien tenu jusqu’à la fin.

« POUR CETTE ANNÉE, ÇA PASSE ENCORE »

On sait que tu t’es, depuis longtemps, fixé des objectifs à long terme avec des caps à passer progressivement. Ce Paris-Nice t’a-t-il fait passer un petit palier supplémentaire ?
Progresser, oui. Maintenant, le résultat n’est pas beaucoup meilleur qu’au Tour de Romandie l’an passé (il avait terminé 9e en Suisse, NDLR). La densité était bien plus importante ici, le niveau était très élevé et il y avait des jours de course en plus. Pour cette année, ça passe encore de faire ce genre de résultats mais l’année prochaine, ce ne sera plus acceptable de n’être “que” 8e. Il faudra faire plus.

Et comment faire plus ?
Déjà, en ne se faisant pas piéger dans les bordures… Être meilleur en chrono, et être meilleur partout, tout simplement. Je peux aussi arriver encore un peu plus en forme sur la course, être plus solide. Je sentais que la forme n’était pas exceptionnelle ici, en fait. Ce n’était pas mauvais mais ce n’était pas aussi bon que je ne l'espérais à cette période.

« IL FAUT SAVOIR FAIRE AVEC LA FORME DU MOMENT »

Pourtant, tu avais joué tout devant pour ta reprise…
Il n’y avait pas une densité énorme là-bas. (Il avait décroché trois Top 5 sur ses trois premières courses de la saison en Espagne, dont une 2e place au Trofeo Andratx, seulement devancé par Remco Evenepoel, NDLR). Si ça avait été niveau WorldTour, au lieu de faire 2 et 4, j’aurais peut-être fait 10 et 15. C’est sûr que ça restait correct, c’est sûr, mais il y a mieux à faire. On n’est pas toujours à 100% mais il faut aussi réussir à performer dans ces conditions-là car on ne peut pas être au top 300 jours par an. Il faut savoir faire avec la forme du moment, surtout quand on est leader de l’équipe et qu’on a la responsabilité de finir le travail de tout un groupe.

Quel va être le programme désormais jusqu’au Tour d’Italie, comment vas-tu travailler ?
J’ai un peu moins de deux semaines à la maison là maintenant, avec d’abord de la récupération, je vais sûrement couper cinq-six jours. Je partirai ensuite en stage en altitude le 28 mars et je redescendrai juste avant le Tour des Alpes qui me permettra de bosser les intensités, vraiment dans la continuité du travail qui va être effectué au stage. Le but ne sera pas d’être en grande forme là-bas. Si j’y suis déjà, tant mieux. Mais sinon, ce ne sera pas négatif. Ça fera partie du travail pour être en forme sur le Giro. C’est le but. 

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