Yannick Talabardon : « Il ne fallait surtout pas prendre ce risque-là »

Crédit photo Florian Frison / DirectVelo
Yannick Talabardon n’a pas dû beaucoup dormir dans la nuit de vendredi à samedi. L’organisateur de Paris-Nice a été contraint, avec ses équipes d’A.S.O, de modifier en profondeur, et en deux temps, la septième étape de Paris-Nice, privée de son arrivée au sommet à Auron puis encore raccourcie à 47 malheureux kilomètres, sans la moindre difficulté. La victoire, sur ce qui devait initialement être l’étape reine de l’épreuve, s’est jouée… au sprint et c’est le Champion de France Dorian Godon (INEOS Grenadiers) qui l’a emporté dans les rues d’Isola. Quelques minutes après l’arrivée, DirectVelo a recueilli la réaction de Yannick Talabardon, lequel n’exclut pas de revenir à Auron à l’avenir, une arrivée qui lui tient à cœur. Tout en concédant qu’il va falloir réfléchir. Entretien.
DirectVelo : Ce n’était pas simple mais il y aura au moins eu une étape et un vainqueur ce samedi !
Yannick Talabardon : On a compris que le plafond neige-pluie allait être situé à ce niveau-là alors on a réussi à faire l’arrivée ici, à Isola. Je ne vous cache pas que l’on a eu pas mal d’aller-retour avec la préfecture des Alpes-Maritimes et avec le service des routes, pour être sûr, une fois qu’on donne le départ, que ce soit praticable et que les coureurs puissent faire la course en toute sécurité. On a fait évoluer le plan pour décaler le départ du côté du Broc pour 47 km. Mais à 13h45, il fallait encore s’assurer que tout était OK devant nous. Je dois avouer que ce n’était pas simple. Mais on est ravis d’avoir pu faire une étape aujourd’hui, mais aussi d’avoir un vainqueur français, le premier sur Paris-Nice cette année.
« ON NE DEVAIT PAS DONNER LE DÉPART À NICE, ÇA C’EST SÛR »
Certains coureurs considèrent qu’ils auraient pu courir davantage, et monter les premiers GPM initialement prévus sur le parcours…
On pouvait parcourir les côtes, oui, mais le vrai problème, c’était les descentes. C’est tombé très fort ce matin, on a eu beaucoup de cailloux sur la route… Il ne fallait surtout pas prendre ce risque-là (la pluie du matin avait entraîné des débris de roche sur la chaussée, nombreux par endroits, NDLR). Il fallait faire la partie sur le plat, sans grande descente. Là, on savait que l’on pouvait faire une étape. Certes, seulement sur 47 km, mais il ne fallait pas aller de l’autre côté avec ce qu’il était tombé.
A-t-il été envisagé d’annuler totalement l’étape ?
(Rire). Oui… On était à 50-50 à un moment. On ne pouvait pas donner le départ à Nice, ça c’est sûr. On a avancé un peu pour gagner du temps et retrouver un parcours praticable, mais on n’était sûrs de rien malgré tout. On attendait le feu vert de la préfecture des Alpes-Maritimes. On l’a eu vers 13h20 et à partir de là, tout s’est mis en place.
Qu’en est-il pour la dernière étape de ce dimanche ?
Les prévisions que j’ai, mais je ne suis pas Monsieur Météo, annoncent un peu de pluie dans la nuit et le matin, puis du soleil l’après-midi. Ce sera assez doux sur Nice. La journée de demain (dimanche) n’est pas problématique, ça devrait aller, pour la météo comme pour les élections municipales. On a fait en sorte de gêner le moins possible les bureaux de vote.
« J’AIME BEAUCOUP CETTE ARRIVÉE »
Est-il vrai que vous n’étiez pas, personnellement, favorable à une nouvelle arrivée à Auron cette année ?
Non, je n’ai jamais dit que l’arrivée à Auron ne me plaisait pas. Au contraire, les images de l’année dernière me plaisaient. L’an passé, la neige n’est arrivée qu’en milieu/fin d’après-midi, c’était donc praticable. Moi, j’adore Auron. Le contraste entre la neige le samedi puis le soleil et la mer le dimanche me plaît beaucoup. Il faut bien se dire que ces trois derniers jours, on aurait pu faire l’arrivée à Auron, les trois prochains aussi… On n’a pas eu de chance ce coup-là, il y a deux ans non plus. Mais j’aime beaucoup cette arrivée-là. Après, peut-être va-t-on me dire que je suis le chat noir.
Il y aurait comme une malédiction depuis quelques années…
Il y a une dizaine d’années, il ne faut pas oublier que les coureurs étaient demandeurs pour avoir une arrivée au sommet de plus de dix kilomètres. Avec François Lemarchand, on avait réorienté nos choix vers les arrivées au sommet possibles de la métropole de Nice Côte d’Azur, que ce soit la Couillole, la Colmiane ou Turini. Oui, forcément, je ne vous cache pas que je réfléchis à ne peut-être pas faire ça l’année prochaine. J’aime bien la différence entre une arrivée au sommet le samedi et l’arrivée sur la Promenade le dimanche, ou exceptionnellement cette fois-ci devant le Stade avec des côtes un peu plus raides et un peu plus courtes.
Sur le sujet des transferts, on connaît les obligations des deux jours dans les Yvelines ainsi que des deux journées à Nice mais n’est-il pas problématique d’avoir un transfert aussi important, de plus de trois heures en bus pour les coureurs, entre l’arrivée du vendredi et le départ du dimanche ?
Avec le départ qui a été retardé ce samedi, ça nous a aidés un peu. Mais c’est vrai qu’il faut qu’on fasse attention. Deux heures, deux heures et demi, c’est le grand max. On reste deux jours à Nice, on n’avait pas eu de gros transferts avant, alors on s’accorde un grand transfert une fois, à un moment ou un autre, sur Paris-Nice, parce qu’il faut de toute façon aller des Yvelines à la Côte d’Azur en cinq jours, en réalité. Ce n’est pas si simple que ça.
