« C’était une étape folle ! » : À Paris-Nice, une journée qui fera date

Crédit photo Billy Ceusters / A.S.O
Voilà assurément une étape qui restera longtemps dans les mémoires. Du vent, des bordures, de la pluie, des chutes… Du pur Paris-Nice sur le papier. Bien plus encore sans doute, en réalité. Car la violence de l'effort sur l'ensemble de la course et les écarts enregistrés sur la ligne d’arrivée de cette quatrième étape, à Uchon, sont en revanche rarissimes sur une épreuve qui s’est à de nombreuses reprises jouée le dernier jour à Nice à coups de secondes.
JONAS VINGEGAARD TRACTÉ PAR LA RED BULL-BORA-HANSGROHE
Ce mercredi, sur les routes vallonnées du Cher, de la Nièvre puis de la Saône-et-Loire, la course est partie tambours battants pour ne jamais baisser en intensité durant 195 km qui ont dû sembler bien longs pour nombre de concurrents. Plusieurs coureurs ont perdu toute illusion pour le classement général, tandis que le maillot jaune Juan Ayuso va rentrer à la maison après une vilaine chute à l’entame de la dernière heure de course.
Loin devant tous les hommes en souffrance, Jonas Vingegaard a lui fait du derrière scooter pendant de longs kilomètres, tracté par un impressionnant collectif Red Bull-BORA-Hansgrohe et notamment par les frères Van Dijke, auteurs d’une performance XXL qui a permis à Daniel Felipe Martinez de réaliser une bien belle opération au général. Mais le Colombien n’a absolument rien pu faire lorsque le Danois, bretelles de son double cuissard encore apparentes par dessus le maillot, s’en est allé cueillir la victoire après une vive accélération sous la flamme rouge. “On s’attendait à une étape folle mais tout de même pas dans ces proportions-là”, rigolait le vainqueur et nouveau maillot jaune à chaud au micro de l’organisation.
LES GRIMPEURS FRANÇAIS EN CHASSE PATATE TOUTE LA JOURNÉE
Initialement, l’ancien double vainqueur du Tour de France confie que son équipe souhaitait mettre la pagaille dans la Côte de la Croix de la Libération, avant-dernière difficulté de la journée. Il n’avait sans doute pas imaginé qu’il aurait déjà écarté la quasi-totalité de ses rivaux bien en amont. “C’est parti à bloc au Km 0 et ça n’a jamais débranché. Pour dire, je n’ai même jamais eu le temps de vraiment me dévêtir et je me retrouve à gagner dans un drôle de look”, lâche-t-il avec beaucoup d’autodérision. “Franchement, c’était incroyable”.
Très marqué par l’effort intense de cette étape incroyablement exigeante et piégeuse, Daniel Felipe Martinez ne s’est pas attardé au micro d’Eurosport après la course mais a tout de même synthétisé en quelques mots : “C’était une étape folle ! Du départ jusqu’à l’arrivée. L’équipe a été fantastique, les gars ont fait un travail de folie. De mon côté, je n’avais plus rien dans les jambes dans la dernière rampe…”. Un discours qui est revenu dans la bouche de nombreux coureurs, comme Lenny Martinez, qui a chassé toute la journée avec ses compatriotes David Gaudu et Kévin Vauquelin. “On était tous morts à la fin, c’était super dur”, lançait l’Azuréen en claquant des dents.
OUTRE LE MAILLOT JAUNE, PLUSIEURS ABANDONS D’OUTSIDERS
Très bon 11e en revenant de loin, Matteo Vercher n’a jamais aperçu la tête de course pendant près de 200 bornes. Mais comme beaucoup d’autres coureurs, il s’est accroché en se livrant à un véritable contre-la-montre dans le final, via une course de remontée. “C’était usant, éprouvant…”, décrit le coureur du Team TotalEnergies. Cette étape aura fait davantage de dégâts que la plupart des plus grosses étapes de montagne d’un Grand Tour, avec des écarts colossaux. Le 10e de l’étape, l’ancien et seul ancien vainqueur de l’épreuve présent sur cette édition, Marc Soler, a ainsi terminé à plus de cinq minutes de Jonas Vingegaard. Plusieurs coureurs de renom comme Ivan Romeo ont perdu toute chance de bien figurer au général en lâchant plusieurs dizaines de minutes, tandis qu’outre Juan Ayuso, les outsiders Raul Garcia Pierna, Brandon McNulty, David Piganzoli et Torstein Traeen ont abandonné.
Certaines formations ont vécu une galère sans nom. À titre d’exemple, le premier coureur de Decathlon CMA CGM - qui a vu son sprinteur danois Tobias Lund Andresen l’emporter dans le même temps sur Tirreno-Adriatico - a coupé la ligne plus de… 26 minutes après le vainqueur. “Il va falloir bien récupérer, c’est une journée qui va laisser des traces”, conclut Matteo Vercher. Une autre journée très accidentée attend une nouvelle fois les coureurs de ce Paris-Nice dans moins de 24 heures, en direction de l’Ardèche. Mais cette fois-ci, la météo devrait être bien plus clémente.
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