Romain Grégoire : « Il fallait remettre les pendules à l’heure »

Crédit photo Xavier Pereyron / LNC
Il avait pris une petite claque samedi, sur les routes de l’Ardèche qui l’avait sacré un an plus tôt. Romain Grégoire ne comptait pas rester là-dessus et a pris sa revanche, 24 heures plus tard, à l’occasion de la Faun-Drôme Classic, qu’il a remportée en costaud en dominant l’Américain Matteo Jorgenson (Visma-Lease a Bike) dans le dernier kilomètre, tout en contenant (de justesse) le retour du premier groupe de poursuite réglé par Lenny Martinez (Bahrain Victorious). Présent à l’Etoile-sur-Rhône, DirectVelo a recueilli la réaction du Bisontin de la Groupama-FDJ United après la course. Entretien.
DirectVelo : Tu as réalisé une très grosse performance pour l’emporter sur cette Faun-Drôme Classic !
Romain Grégoire : C’est un sentiment assez fou, après un début de saison qui n’était pas mauvais mais avec des sensations mitigées. J’étais dans l’inconnu ce matin, d’autant que j’avais vraiment mal aux jambes après l’Ardèche. Pour être honnête, j’ai même demandé à mes coéquipiers de ne pas tout miser sur moi pour aujourd’hui car je n’étais pas sûr de mes jambes. Mais au fur et à mesure, je me sentais de mieux en mieux. Et j’ai suivi le bon mouvement avec Matteo (Jorgenson) à 20 km de l’arrivée.
Tu as vite compris que c’était la bonne ?
On était déjà sortis à douze juste avant, dont trois Visma. Il fallait se focaliser sur eux, comme ils étaient en surnombre. Il fallait être prêt à suivre quand ils allaient bouger. Quand (Davide) Piganzoli est ressorti la première fois, je n’y suis pas allé. Par contre, j’étais placé au bon endroit au bon moment quand Matteo a contré. J’avais un super rouleur avec moi alors je me suis vite dit qu’il y avait un coup à jouer, oui.
« APRÈS AVOIR GAGNÉ L'ARDÈCHE L’AN DERNIER, J’AVAIS LA DRÔME DANS LE VISEUR »
Et tu as semblé très à l’aise…
Avec l’adrénaline d’être en train de jouer la victoire, ça allait beaucoup mieux. C’est juste fou de gagner ici. Après avoir gagné l’Ardèche l’an dernier, j’avais la Drôme dans le viseur cette année. C’est moins impressionnant que la victoire de Paul (Seixas) hier mais c’est chouette de pouvoir lever les bras (rire).
As-tu eu peur d’être repris dans le dernier kilomètre par le groupe de contre ?
Je ne savais pas tellement où ça en était derrière. La dernière info que j’ai eu, c’est à l’oreillette quand on m’a annoncé 20” sous la flamme rouge. Je me suis dit que ça allait le faire. Par contre, quand je me suis retourné aux 150 mètres et que j’ai vu Lenny (Martinez) dans la roue de Matteo (Jorgenson), j’avoue avoir eu un petit coup de chaud. Mais bon, ça l’a fait.
« C’EST RARE, IL FAUT SAVOIR EN PROFITER »
L’équipe était passée au travers en Ardèche, on te sentait marqué…
J’étais vraiment déçu de moi hier. Quand l’équipe te fait confiance et que tu ne ramènes pas un résultat, c’est toujours décevant. J’avais à cœur de me rattraper, de montrer que j’étais bien là et que je pouvais répondre présent quand on m’attend. C’est important de gagner, on fait du vélo pour ça. C’est rare, il faut savoir en profiter quand ça arrive. Et forcément, ça débloque beaucoup de choses pour la suite de la saison. Hier, l’équipe avait vécu une journée compliquée aussi bien en Belgique qu’ici, alors il fallait vite remettre les pendules à l’heure et se relancer dans une bonne dynamique.
Place maintenant en front italien avec le début des Classiques ! Pour faire encore mieux que l’an dernier, toi qui avais joué avec les meilleurs, un temps, dans le final de Milan-San Remo ?
C’est l’idée, mais il y a encore un petit peu de travail d’ici San Remo. Il reste deux-trois semaines pour peaufiner la forme, avec Laigueglia et les Strade entre-temps. Je suis sur la bonne voie.
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