Jack Brough : « J’apprends à gérer une saison complète »

Crédit photo Nicolas Gachet / DirectVelo

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Une nouvelle fois, Jack Brough a attaqué fort sa saison. Présent dans l’échappée du Grand Prix de Marseille-La Marseillaise où il a terminé meilleur grimpeur, le coureur de l’AVC Aix Provence Dole enchaîne depuis les résultats. Le week-end dernier, le Britannique a été au rendez-vous sur les deux courses Élites organisées par son club, à Puyricard et Puyloubier. Le coureur de 22 ans a joué les deux jours à l’avant en étant présent dans le groupe qui s’est joué la victoire. Classé 4e le samedi, il a fini 2e le dimanche seulement battu par Simon Baran (VC Villefranche Beaujolais). Pour sa quatrième saison au sein du club provençal, il compte bien poursuivre sur cette dynamique et être régulier toute l’année, ce qu’il a eu du mal à faire les années précédentes. Le 3e du Challenge Amateurs French Cyclard a fait le point sur ses ambitions pour DirectVelo.

DirectVelo : Que t’inspire ta 2e place au Grand Prix de Puyloubier ?
Jack Brough : Il y a un peu de déception. Mais j’ai confiance pour la suite, une victoire va arriver. Je suis en bonne forme en ce moment et, surtout, je sens que la régularité est là cette année. J’espère que ça va continuer comme ça. Je me suis senti vraiment mal toute la journée. Mais je crois que tout le monde était dans le même cas. Personne ne voulait vraiment rouler, ce qui était assez étrange. Je pensais presque que ça allait se terminer par un sprint massif.

Mais ça n’a pas été le cas…
À un peu plus d’un tour de l’arrivée, la course a complètement explosé. Heureusement, Mark (Lightfoot) et moi étions dans le bon coup, comme à Puyricard. Il a placé une bonne attaque dans la montée, ce qui m’a permis de rester un peu à l’abri dans les roues. J’ai dû répondre à plusieurs attaques, mais je pouvais rester dans les roues sans devoir prendre le vent. Quand il a été repris, j’ai attaqué au sommet de la montée du Cengle, juste avant la vraie descente. Je crois que deux coureurs m’ont suivi, puis trois autres sont revenus. Et c’est ce groupe qui s’est joué la victoire. 


« POUR L’INSTANT, J’EN PROFITE »

Comment as-tu géré ton sprint ?
À 300 mètres de l’arrivée, je me suis replacé dans les roues. C’était légèrement en descente, puis ça remontait un peu jusqu’à la ligne. Je savais que si j’arrivais avec de la vitesse, je pourrais peut-être les surprendre. Et c’est ce qui s’est passé. Je pense que j’ai mieux géré le final qu’hier (samedi). J’ai regardé le vent, observé l’arrivée, je savais exactement ce que je voulais faire. J’avais un plan et je l’ai exécuté. J’étais en tête à moins de 50 mètres, peut-être même 20. Je pense avoir fait le bon choix. Je n'étais pas le plus rapide du groupe, surtout face à Swann (Gloux) qui m’a battu nettement au sprint hier. Donc réussir à le battre montre que je réfléchis bien et que je fais les choses correctement. Je suis sûr qu’une victoire ou quelque chose de spécial va bientôt arriver. Je l’espère… 


Tu n'es plus Espoirs. Est-ce une année importante pour ton avenir ?
Oui, mais j’essaie de ne pas trop y penser et simplement de profiter des courses. Pour l’instant, c’est ce qui se passe. Bien sûr, c’est dans un coin de ma tête de passer au-dessus. Je ne peux pas vivre indéfiniment de cette manière en France. Je n’ai pas beaucoup d’argent pour faire des extras, et ce n’est pas un mode de vie qu’on garde toute sa vie. Mais pour l’instant, j’en profite. Cette année, j’ai quitté la maison de l’équipe et j’ai trouvé un appartement avec ma copine et Jamie Meehan (Cofidis). C’est un changement pour moi, et je pense que c’est mieux. Je peux davantage me détendre, ça ressemble davantage à un vrai chez-moi. La saison est longue, et si on ne se sent pas bien chez soi, ça pèse énormément. Donc pour l’instant, c’est beaucoup plus agréable.


« JE NE PENSE PAS AVOIR ATTEINT MA MEILLEURE FORME »

Dans quel domaine dois-tu encore progresser ?
Ces dernières années, mon principal problème était la régularité. J’ai eu quelques très bons résultats, puis des complications qui m’ont empêché de maintenir ce niveau. C’est là-dessus que je dois progresser. Et pour l’instant, ça semble aller dans ce sens. On est encore en février, c’est tôt. J’espère que ma forme va encore progresser. Je n’ai pas encore fait un vrai gros bloc d’entraînement depuis le début de la saison. J’ai eu un bon hiver, mais je ne pense pas avoir atteint ma meilleure forme, notamment au niveau de la VO2. Après ce premier bloc de courses, j’espère pouvoir faire un bon bloc d’entraînement et progresser encore d’ici le milieu de saison.


Penses-tu à des courses en particulier ?
On a beaucoup de belles courses en avril. Je préfère ne pas cibler une seule course, parce que ça met trop de pression. Je suis encore jeune et j’apprends à gérer une saison complète. Je préfère viser certaines périodes plutôt qu’une course précise. Par exemple, en février, l’objectif était surtout d’accumuler des jours de course, de voir où j’en étais et d’évaluer ma régularité. Je pense avoir réussi ça. Maintenant, j’espère encore améliorer ma forme, et peut-être perdre un peu de poids pour être meilleur en montée. Et ensuite, j’espère que les résultats suivront.

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