Team Vittel-N'side : « Le vélo, c'est bien quand c'est comme ça »

Crédit photo Aurélien Regnoult / DirectVelo

Crédit photo Aurélien Regnoult / DirectVelo

Le Team Vittel-N'side a bien fêté son arrivée en N1. Nouvelle venue à cet échelon en 2026, la formation qui est montée de N2 était présente au Grand Prix de la Métropole Aix-Marseille-Provence, et pas pour de la figuration. Les protégés de Valéry Vermion ont été largement offensifs, jusqu'à placer un élément dans le groupe qui s'est joué la victoire. Valentin Rudel a même piégé ses compagnons d'échappée avec une attaque dans le dernier kilomètre, permettant d'offrir aux siens une victoire de prestige. Au micro de DirectVelo, c'est un Valéry Vermion comblé qui s'est présenté, revenant sur sa journée mais aussi les chamboulements connus par l'équipe cet hiver, avec de nouveaux arrivants du côté des coureurs, mais aussi dans le staff.


DirectVelo : Que représente ce succès sur cette épreuve amateurs réputée ?
Valéry Vermion : Franchement, on aurait signé des deux mains, des deux pieds, mais on est surpris parce qu'on ne pensait pas être à ce niveau-là tout de suite en début de saison. On est une équipe qui vient d'accéder à la N1. Même si en N2 on a prouvé qu'on était une belle équipe, monter en N1, ça veut dire renforcer l'équipe avec beaucoup de nouveaux coureurs, et on a toujours des incertitudes sur la cohésion, sur leur niveau réel et surtout sur le niveau par rapport aux autres. Au stage, on a vu que ça roulait vite, on avait des watts, de bonnes données. Par contre, on n'avait pas trop de repères sur une Elite Nationale face aux meilleures équipes. On est surpris de voir qu'on est vraiment dans le coup. Ce qui me fait très plaisir, c'est de l'emporter par équipe parce qu'en réalité, on met quasiment trois mecs dans les dix, avec la victoire. Donc on est prêts. On a fait ce qu'il fallait pour arriver au niveau de la N1.

L'équipe a été très active !
Les gars ont respecté le plan à la lettre. C'est Denis Repérant qui avait fait le briefing en attribuant des rôles à chacun. Et ça s'est déroulé vraiment exactement comme au briefing. Valentin devait sortir à la mi-course, commencer à prendre les coups. C'est ce qui s'est passé. Finalement, c'était une bonne configuration à huit avec des belles équipes devant. Puis il s'est mis à y croire au fil des kilomètres. On est venu beaucoup lui parler. Il nous a fait un clin d'œil. Il nous a dit « ouais, ça va ». C'est lui qui a déclenché le plus d'attaques. Et moi, je suis très content qu'il gagne parce qu'il la mérite. Il a été le plus actif et peut-être le plus fort du jour. Le vélo, c'est bien quand c'est comme ça, quand le plus fort l'emporte. Ça nous donne de belles perspectives pour la suite. On n'est que mi-février et on pense que la saison va être bonne. 

« ON A LA MÊME VISION DU VÉLO »

Tu évoques Denis Repérant, arrivé cet hiver avec son expérience. Qu'est-ce qu'il apporte ?
J'ai créé le Team N'side il y a deux ans. On est parti complètement de zéro. Et ça fait deux ans que je faisais tout et trop de travail. La partie sportive, la partie partenaires, la partie logistique... J'étais épuisé. Je sentais que ces derniers mois, je n'étais plus en capacité de tout faire. Je m'étais dit que s'il y avait un mec en qui j'avais entière confiance pour prendre la partie sportive, c'était Denis Repérant. C'est quelqu'un que j'apprécie beaucoup. On a la même vision du vélo. On a déjà souvent bu des coups après les courses. On était en phase sur tous les sujets. Si je devais lâcher mon bébé, c'était pour lui donner. 

Comment s'est faite cette collaboration ?
Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Corbas arrête donc Denis est sur le marché, on s'appelle, on se voit, on discute. Et puis ça s'est fait très facilement. C'est un grand professionnel. C'est quelqu'un qui adore le vélo, qui adore son métier, porté sur l'humain. C'est la clé. Il va d'abord demander comment tu vas, comment tu te sens, plutôt que combien tu as de watts et combien tu veux gagner. Les coureurs le ressentent. Ils sont très touchés, on est aux petits soins. Les parents de Denis sont des bénévoles, ils se plient en quatre, ils nous font à manger, ils vont chercher quelqu'un quand il y a besoin. Ils sont dans le partage, la transmission. Ce n'est que du bonheur.

Comme tu l'as dit, le groupe est aussi nouveau, avec des coureurs d'Hexagone venus dans les bagages de Denis Repérant...
Moi, je suis un manager qui adore le beau vélo, c'est-à-dire le vélo offensif. C'est un beau groupe. J'en suis très, très content. Il y a une belle complémentarité sur les profils. On a du sprinteur, du puncheur, du grimpeur, du rouleur... Donc logiquement, sur tous les profils de course, on sera capable de jouer avec les meilleurs. Pas de gagner tout le temps, évidemment, mais je pense qu'on sera présents assez souvent à l'avant de la course.

« LA SAISON EST PRESQUE DÉJÀ RÉUSSIE POUR NOUS »

En arrivant en N1, il y a déjà des ambitions en Coupe de France ?
On ne s'est pas mis d'objectif précis sur la Coupe de France. Par contre, on veut être au minimum dans le top 7-8 à la fin de l'année. On n'a plus la pression qu'on pouvait avoir l'année dernière où on était en N2, où on voulait absolument monter en N1. Il fallait être Champion de France ou avoir les points de la biennale puisqu'il y avait deux possibilités. On a fait 2e, mais avec les points marqués sur les deux dernières années, ça nous a permis de monter en N1. Là, on a un petit peu moins de pression parce qu'on est engagé au moins pour deux ans en N1. C'est bien parce qu'on va y aller libérés, on va tenter des choses.

Et la victoire à Puyricard pourrait bien aider dans les têtes...
Oui, ça va libérer tout le groupe. J'ai vu les visages, j'ai vu un Denis Repérant en larmes. La saison est presque déjà réussie pour nous. On gagne le Grand Prix d'Aix, qui est l'une des plus belles courses du début d'année, une des plus belles Elites, sur un parcours difficile, en plus à la pédale, devant quatre belles Conti Fédérales et 185 coureurs. C'est déjà une victoire référence et on est fin février, donc c'est énorme pour nous. On ne pouvait pas rêver mieux. Les moments comme ça, ils sont quand même assez rares et on sait qu'il y a quelques galères dans l'année, des soucis de santé, des chutes... Il faut vraiment savourer et apprécier chaque minute quand ça se passe ainsi. 

« CE N'EST PEUT-ÊTRE QUE LE DÉBUT D'UNE LONGUE ET GRANDE HISTOIRE »

Alors quelle est l'ambition cette année ?
Faire les meilleurs résultats possibles, gagner le plus de courses possible. On aimerait bien remporter la Coupe de France chrono. On l'a déjà cochée, celle-là. C'est un vrai objectif pour cette année. On a déjà une équipe définie. Denis et moi sommes des managers qui adorons la discipline. On trouve que c'est l'expression du collectif, de la force, de la cohésion, de la puissance. C'est le mélange de tout ce qu'il y a de plus beau dans le vélo. On va beaucoup le bosser.

Il y a eu un vrai cap franchi cet hiver ?
Oui, ça a été énormément de travail. Le gap est important. Déjà au niveau du budget. On passe de 150 à 350 000. Je remercie tous les partenaires qui nous ont suivis, la ville de Vittel qui croit en nous. C'est une ville connue dans le vélo, il y a eu cinq arrivées ou départs du Tour de France, dont elle est partenaire officielle. Il ne lui manquait que l'équipe de vélo de haut niveau et je crois qu'on est en train de la créer. Ce n'est peut-être que le début d'une longue et grande histoire qu'on est en train d'écrire. L'appétit vient en mangeant.

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