Valentin Rudel : « J’ai changé de mentalité »

Crédit photo Aurélien Regnoult / DirectVelo
Grande première en Élite pour Valentin Rudel. Alors qu’il n’avait encore jamais fait de podium à ce niveau-là, le coureur de Vittel-N’side a remporté ce samedi le Grand Prix de la Métropole Aix-Marseille-Provence. Sorti en compagnie de sept coureurs à environ 70 kilomètres de l’arrivée, l'Auvergnat de 20 ans a parfaitement manœuvré dans le dernier kilomètre pour s’imposer du côté de Puyricard, confirmant ainsi qu’il est l’un des meilleurs Amateurs du début de saison après avoir terminé dans le Top 10 à deux reprises ces derniers jours lors des Boucles du Haut-Var. Il a exprimé sa joie au micro de DirectVelo.
DirectVelo : Tu remportes ton premier succès en Élite !
Valentin Rudel : C’est fou ! J’ai rejoint Denis (Repérant) en Espoir 1 à Hexagone il y a deux ans. Au début, c’était dur en Élite. L’année dernière, j’ai beaucoup bossé pour l’équipe, notamment pour Julien (Marin) qui avait failli gagner ici. C’est incroyable de m’imposer sur cette course. Denis a dit ce matin que c’était l’une des plus belles de la saison. Je n’arrive pas à y croire.
« UN TRAVAIL DE QUATRE OU CINQ ANS »
Quel était le plan pour toi sur cette course ?
Les gars devaient faire l’avant-dernière montée de la Cride à fond et me lancer. Mais bien avant, j’ai vu que les mecs de Rouen s'excitaient. C’est monté à fond. J’ai contré Louka Lesueur et on est partis à huit. J’avais de moins bonnes sensations que mercredi à Tourtour mais j’ai pensé à ce que Julien Marin m’avait dit. Il faut risquer de perdre pour gagner. C’est ce que j’ai fait à la fin. J’ai tout mis au kilomètre. On l’avait prévu ce matin et ça a marché. Je n’y croyais pas dans la dernière ligne droite. Je me disais que ce n’était pas possible, que la ligne allait être un kilomètre plus loin. Je me suis effondré en larmes après l'arrivée. C’est un travail de quatre ou cinq ans.
Avant la course, aurais-tu imaginé pouvoir t’imposer ?
Je me suis plus surpris à Tourtour qu’ici. Je doutais un peu… Mon entraîneur Arthur Meyer m’a dit que j’avais passé un cap cet hiver, que j’avais les watts pour faire quelque chose mais je ne pensais pas être capable de gagner. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre pour cette saison. J’ai fait un très bel hiver. Je suis parti deux semaines à Calpe. Au stage de pré-saison, j’étais dans les premiers. Mes datas étaient bonnes. Denis m’a dit que j’étais fort mais on ne sait jamais ce que ça va donner en course. J’ai changé de mentalité cette saison. L’an dernier, je me mettais la pression du résultat. On a eu une prepa mentale au stage et ça m’a fait changer dans mon approche. Maintenant, je pense pendant la course à ce qu’il faut faire pour avoir un résultat et s’il n’est pas au bout, ce n’est pas grave.
Ton statut va désormais changer au sein du peloton amateur…
Je ne sais pas mais je commence très bien la saison. Je ne m’attendais pas à faire aussi bien. Je suis aux anges. Pour l’instant, ce n’est pas que du bonus. L’équipe me fait confiance. C’est juste incroyable d’avoir une équipe aussi forte. On se connaît depuis seulement trois semaines et on est une bande de potes. Le taf qu’ils font pour moi est juste fou. Les remercier comme ça, c’est incroyable.
« J’AI TOUT DE SUITE COMPRIS QUE C'ÉTAIT POUR MOI »
Que pensais-tu de ta progression ces dernières années ?
J’ai commencé le vélo à Issoire sans pression, pour le plaisir. Puis en Junior 2e année, j’ai rejoint Charvieu-Chavagneux Isère Cyclisme qui était une bonne équipe. Je me suis retrouvé avec un coureur comme Jean-Loup Fayolle. Ça m'a permis de connaître un peu plus le haut niveau en bossant avec lui. Puis je suis allé à Hexagone avec mon meilleur ami, Florian Coste. J’ai appris progressivement. L’an dernier, j’étais dans l’équipe du CLM Champenois quand on avait fini sur le podium de la Coupe de France. Ça m'a permis d’apprendre auprès de très bons coureurs, notamment Julien Marin. Je lui en dois une belle car il m’a dit que le vélo, c’était les jambes et aussi la tête. Ça m'a servi aujourd’hui.
Pour toi, c’était une évidence de suivre Denis Repérant à Vittel-N’side ?
Pas forcément. J’ai postulé dans plusieurs Continentales Fédérales et on m’a dit non. Finalement, Denis m’a dit qu’il était en contact avec une équipe, qui était Vittel-N’side. Il m’a parlé du projet, j’ai tout de suite compris que c’était pour moi. En plus, des coéquipiers comme Simon Robin et Louis Dudek venaient aussi. Je suis bien dans cet environnement. Et je savais que le jour où j’allais avoir les jambes, je pourrais être performant.
Quel est ton profil ?
Je pense être assez polyvalent. L’an dernier, j’étais spécialisé sur les chronos. J’aime bien aussi les bosses entre trois et dix minutes, avec un pourcentage autour de cinq. Au-delà, c’est un peu trop dur. Les bosses du jour étaient parfaites pour moi.
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