Oliver Naesen : « C’est chouette de faire partie de cela »

Crédit photo Decathlon CMA CGM
Ce vendredi, à l’occasion du Tour de la Provence, Oliver Naesen va débuter sa 10e saison au sein de l’équipe Decathlon CMA CGM. Le Flamand de 35 ans se plaît toujours au sein d’une formation qui veut devenir l’une des toutes meilleures au monde et où son rôle a évolué, avec moins d’ambitions personnelles. L’ancien Champion de Belgique, qui pourrait raccrocher à l’issue de son contrat fin 2027, s’est confié à DirectVelo sur son nouveau rôle au sein de la WorldTeam française.
DirectVelo : Dans quel état d’esprit attaques-tu cette saison 2026 ?
Oliver Naesen : Comme chaque année, avec beaucoup d’ambition et beaucoup d’envie. Mais mes ambitions ne sont plus comme avant où elles étaient pratiquement à 100% personnelles. Désormais, c’est plus pour le collectif qu’avant.
Tu es arrivé dans l’équipe en 2017. Tu es aujourd'hui le coureur avec le plus d’ancienneté… As-tu eu l’impression de ne plus être dans la même équipe ces dernières années avec tous les changements dans l’effectif et au sein du staff ?
Non. Ça reste la même équipe mais plein de choses ont évidemment changé. C’est une entreprise où la performance est la priorité. Le budget a bien augmenté, les transferts sont impressionnants donc forcément les ambitions sont plus grandes. C’est chouette de faire partie de cela. Dans le passé, c’était plus familial et détendu. C’était aussi super. Pour moi, c’est top de goûter aux deux.
« SUPER DE VOIR UNE TELLE ÉVOLUTION DE L'ÉQUIPE »
Les ambitions de l’équipe doivent te pousser à toujours être motivé…
Carrément ! Imaginons que je vieillisse et que l’équipe régresse… Ça n'aurait pas été du tout motivant pour moi. Quand tes ambitions personnelles baissent, tu espères servir au collectif mais pour cela, le niveau du collectif doit augmenter. C’est le cas chez nous. Avec Olav (Kooij), nous avons un coureur du Top 3 mondial au sprint et c’est le plus jeune des meilleurs grands sprinteurs. Il a un grand avenir devant lui. C’est énorme qu’il soit chez nous. J’espère faire partie de son histoire et de ses succès. Idem avec Paul (Seixas). C’est un truc de fou de l’avoir. J’espère qu’on arrivera à garder un mec comme lui. Dans l’automne de ma carrière, c’est super de voir une telle évolution de l’équipe.
Tu as re-signé trois ans en 2024. Avais-tu pensé à partir avant de prolonger ?
J’ai toujours demandé à rester dans l’équipe. On ne m'a pas toujours dit oui de suite mais on a toujours réussi à trouver un accord (sourire). Je connais la maison. Je ne change pas de voiture chaque année, je n’ai jamais changé de femme et je n’ai pas l’ambition de changer d’équipe (sourire).
À 35 ans, arrives-tu encore à progresser dans certains domaines ?
Je sens que c’est derrière moi malheureusement. Quand je vois mes records de puissance, j’arrive plus ou moins à en égaliser certains. En janvier, on a fait des tests, je n’étais qu’à 1 % de mon record. C’est super mais ce n’est pas le battre… Je me sens encore vraiment bien. Il faut que je reste en bonne santé, ce qui n’est pas toujours facile avec deux enfants en bas âge à la maison. Si je ne tombe pas malade, je pourrai faire je pense une belle saison.
« IL NE FAUT PAS FAIRE LA SAISON DE TROP »
Qu’est-ce que l’équipe attend de toi désormais ?
Ça dépend des courses bien sûr. J’espère jouer plus ou moins les premiers rôles sur les Classiques où Olav ne sera pas là. C'est-à-dire des Top 10. Quand il sera là, on va courir pour avoir une arrivée au sprint et il n’y aura qu’un seul leader. Tiesj (Benoot) sera aussi un super leader sur les autres Classiques mais j’aurai plus de liberté. Pour les Grands Tours, je devrais être à côté de Felix (Gall) au Giro. Le temps qu’il perdra sur les étapes de plat et le stress qu’il bouffera sur ces journées-là, ça sera de ma responsabilité. C’est un rôle qui me convient très bien car je le comprends et il me comprend. Il me fait confiance. Quand je suis là, il est soulagé avant d’aborder la haute montagne.
Seras-tu encore coureur après 2027 ?
Aujourd’hui, je pense que c’est mon dernier contrat. Je pense avoir une belle année devant moi au vu de mon hiver. Je peux faire la même chose l’année prochaine. Mais ensuite pourquoi chercher à faire la carrière professionnelle la plus longue possible ? Il ne faut pas faire la saison de trop. Il faut finir en beauté si je veux rester dans le vélo ou même dans l’équipe. Ce n’est jamais bon de mal finir et je n’ai pas envie de cela.
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