Alexis Renard, l’altruiste qui va devoir forcer sa nature

Crédit photo Fabien Lenfant / DirectVelo

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Alors que la formation Cofidis misait sur le Provençal Clément Izquierdo et sur le Belge Dylan Teuns pour réaliser un bon classement général lors de l’Etoile de Bessèges, Alexis Renard avait pour sa part l’ambition de faire un joli coup sur une étape. Malheureusement pour lui, le Breton n’est jamais parvenu à faire pleinement parler sa pointe de vitesse durant l’ensemble des quatre étapes en ligne. “Je ne suis pas forcément satisfait de ma semaine. J’ai fait une placette, c’est tout. J’étais vraiment déçu ce jour-là”, concède-t-il auprès de DirectVelo en évoquant l’étape de jeudi et le sprint massif dans les rues de Domessargues, remporté par le Luxembourgeois Mathieu Kockelmann.


“Je pensais avoir un meilleur résultat, même si j’étais bien malade la semaine dernière au moment de la Marseillaise et que je ne sortais pas d’une semaine d’entraînement incroyable non plus… Je me dis que ça va quand même me faire du bien d’avoir bossé ici pendant cinq jours, en vue du Tour de la Provence”, relativise tout de même celui qui enchaînera donc avec la deuxième course par étapes hexagonale de la saison. Pour la première fois depuis 2021, Alexis Renard a fait le choix de lancer son exercice annuel dans le sud de la France, après des reprises en Espagne, en Arabie Saoudite et par deux fois en Australie.

« JE SUIS EN FIN DE CONTRAT, JE L’AI DANS LA TÊTE »

“C’était une volonté de ma part de revenir faire la Marseillaise et Bessèges en reprise. Ce sont des courses que j’aime bien, qui me conviennent, avec un niveau accessible et une météo souvent capricieuse mais ça ne me dérange pas du tout. C’est juste que j’espérais mieux”, insiste l’athlète de 26 ans, qui tentera de trouver l’ouverture en Provence au côté d’Hugo Page, recrue de l’intersaison de la désormais ProTeam nordiste. “Il marche pas mal. On verra comment on va se répartir les rôles”. Pour rappel, l’ancien Champion de France Amateurs avait terminé 3e à Saint-Victoret, lors de la première étape, l’an passé, derrière Sam Bennett et Lukas Kubis. 

Après ce premier bloc franco-français, Alexis Renard va doucement mais sûrement se tourner vers la Belgique et une période des Classiques qu’il apprécie tout particulièrement. “Forcément, j’espère tirer mon épingle du jeu. On est nombreux dans l’équipe à avoir le même profil alors on va essayer de jouer sur plusieurs tableaux”. Pour sa cinquième saison chez Cofidis, il commence à faire partie des meubles. Mais rien n’est signé pour 2027, alors attention. “Je suis en fin de contrat, je l’ai dans la tête, je ne m’en cache pas. Il va falloir que je pense à moi et que je ne me fasse pas avoir même si bien sûr, je continuerai de m’impliquer à 100% pour l’équipe comme je l’ai toujours fait, en suivant les consignes”.

« JE CONNAIS MES CAPACITÉS MAIS AUSSI MES LIMITES »

Il faut dire que le garçon a encore en tête les échanges avec la direction lors de sa dernière négociation de contrat en date. “On m’avait bien fait comprendre qu’il me manquait des lignes au palmarès. Je n’ai jamais gagné chez les pros et à partir de là, je n’ai pas vraiment pu renégocier comme je l’aurais voulu”. 2e à Bruxelles en ProSeries derrière Tim Merlier puis encore 2e à Copenhague au niveau WorldTour l’an passé, il a clairement une grosse victoire dans les jambes mais cette dernière se fait attendre. 

“C’est dans un coin de ma tête mais je suis lucide : je connais mes capacités mais aussi mes limites. Je suis un très bon équipier, je sais me donner à 200% pour un leader. Gagner, ce n’est pas simple. Ce n’est pas l’objectif principal, ce n’est pas une obsession”, précise-t-il ainsi comme pour contrebalancer et ne pas faire d’une première victoire chez les pros une condition impérative à ce qui serait (ou non) une saison réussie. “À La Marseillaise, c’était une grosse satisfaction d’aider Bryan (Coquard) à gagner. Je sais aussi me satisfaire de résultats collectifs”. S’il prend plaisir dans l’altruisme, Alexis Renard a bien conscience, au fond de lui, qu’il va devoir forcer sa nature. Une victoire d’un coéquipier est toujours satisfaisante mais un succès personnel serait encore plus souhaitable. Ne serait-ce qu'une fois. 

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