Lowie Nulens : « Cette troisième place est un rêve »

Crédit photo UEC

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Son nom n’était pas forcément attendu parmi les médaillés belges du Championnat d’Europe sur piste. Et pourtant, à seulement 20 ans, Lowie Nulens est allé chercher un bronze en keirin. Une breloque aussi inattendue que prometteuse. En effet, le jeune Limbourgeois ne roule sur piste que depuis un peu plus de deux ans. "Cette troisième place est un rêve, mais je sais que j’ai encore beaucoup de chemin à parcourir", exprime-t-il au micro de DirectVelo.


DU BMX À LA PISTE, PRESQUE PAR HASARD

Avant de faire parler de lui sur le vélodrome, Lowie Nulens passait l’essentiel de ses journées… sur un circuit de BMX. À Zolder, précisément. C’est là qu’il a vu, jour après jour, la piste couverte sortir de terre. Une fois l’infrastructure terminée, la curiosité l’a poussé à enfourcher un vélo de piste. "J’avais un peu peur au début, mais finalement tout s’est très bien passé". Ce simple essai a rapidement pris une autre dimension. "Tellement bien que Jonathan Mitchell (alors entraîneur des sprinteurs, ndlr) m’a repéré". Peu après, la décision est prise : il change de discipline. "J’étais prêt pour un nouveau défi. Et je pouvais continuer à m’entraîner à Zolder, à deux pas de chez moi (Kortessem, ndlr).'' Le modèle n’est pas choisi au hasard. "J’ai aussi pris exemple sur Harrie Lavreysen. Lui aussi est passé du BMX à la piste et est devenu une véritable star mondiale du cyclisme sur piste".

TIRAGE AU SORT FAVORABLE

Arrivé en finale du keirin, Nulens avait déjà dépassé ses propres attentes. "J’étais déjà assuré d’être dans le top 6, c’était un rêve en soi". Mais le tirage au sort va lui ouvrir une perspective encore plus ambitieuse. "Quand j’ai vu le tirage au sort, j’ai compris que quelque chose était possible".

Deuxième au départ, juste derrière Harrie Lavreysen, tandis que le Britannique Matthew Richardson s’élançait en dernière position, le Belge joue sa carte à fond. "J'ai vu que Harrie allait immédiatement mettre de la vitesse et je me suis glissé dans sa roue". Le sprint est long, très long. "Il a lancé de tellement loin... Mais j’étais dans une position idéale : je devais m’accrocher et ne surtout pas craquer". Même dans la douleur. "Même si ça faisait horriblement mal. J’ai sprinté jusqu’à en perdre le souffle".

Lowie Nulens sait alors que seule une attaque venue de l’arrière pouvait encore menacer le podium. "Je savais que si je restais dans sa roue, seul Richardson pourrait éventuellement me dépasser". Le Britannique y parvenait, mais le Belge conservait le bronze. "Mais le bronze… c’est incroyable".

UNE PHOTO POUR LA MAISON

Sur le podium, Lowie Nulens se retrouve avec deux références mondiales du sprint. Une image forte, qu’il compte bien conserver précieusement. "Elle aura une place spéciale à la maison". Le respect est d’ailleurs mutuel. "Et tous les deux sont venus me féliciter longuement".

Cette médaille européenne pourrait marquer le véritable lancement de sa carrière sur piste. D’autant plus qu’un nouveau cadre technique est en place. Theo Bos, ancien champion du monde et médaillé olympique néerlandais, a récemment pris le relais de Jonathan Mitchell.

L’entente semble déjà excellente. "La collaboration se passe fantastiquement bien. Theo a énormément d’expérience et propose d’excellents entraînements". Et l’aspect humain compte tout autant. "Il est aussi très calme et te donne beaucoup de confiance". Avec, aussi, des ambitions collectives. "L’avenir s’annonce prometteur. Y compris en vitesse par équipes". Le sprint belge n'a pas fini de faire parler de lui.

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