Ewen Costiou : « Gagner le général »

Crédit photo Groupama FDJ-United

Crédit photo Groupama FDJ-United

Les choses sérieuses commencent d’emblée pour Ewen Costiou. Après trois premières saisons professionnelles chez Arkéa-B&B Hôtels, le Breton a directement été propulsé leader de sa nouvelle équipe Groupama FDJ-United sur le front français du début de saison. Après avoir déjà tenté de se montrer offensif dans la Gineste, dimanche, lors du GP de Marseille-La Marseillaise, l’athlète de 23 ans se présente sur les routes de l’Etoile de Bessèges avec une ambition claire : ajouter son nom au palmarès de l’épreuve gardoise, dont il est sur le papier l’un des favoris. DirectVelo a profité de sa présence à l’hôtel de la WorldTeam hexagonale, mardi après-midi à Nîmes, pour faire un point complet avec Ewen Costiou. Entretien. 


DirectVelo : Qu’attends-tu de cette Etoile de Bessèges ?
Ewen Costiou : De gagner, forcément. On vient ici avec une équipe solide, avec un co-leadership entre Maxime Decomble et moi-même. On espère tous les deux faire un bon classement général, en tout cas on a les armes pour. Il reste maintenant à bien courir, ne pas se faire piéger pendant quatre jours et enfin sortir un gros contre-la-montre dimanche.

L’épreuve chronométrée n’est pas forcément la discipline sur laquelle on t’a vu le plus briller jusqu’à présent, à l'exception d'un Top 5 au Championnat de France l'an passé. Quels repères as-tu avant un chrono comme celui-là ?
Je l’ai bien bossé cet hiver. C'est un chrono qui me va bien : court avec une belle bosse. Sur le papier, c’est vraiment à mon avantage. Le but n’est pas de gagner le chrono mais de gagner le général. Bien souvent, à Bessèges, l’un va avec l’autre. Ou du moins, il faut forcément sortir un gros chrono pour espérer gagner le général. 

« ÇA NE S’OUBLIE PAS »

Plus généralement, qu’attends-tu de cette première partie de saison pour tes débuts avec la Groupama-FDJ United ?
J’ai la chance de pouvoir directement jouer ma carte sur les premières courses du calendrier. C’était le cas dimanche à La Marseillaise et ça l’est encore ici à Bessèges, avant la Classic Var où j’aurai aussi ma carte à jouer. Puis il y aura Paris-Nice où je serai cette fois-ci en soutien de David Gaudu. J’espère être son dernier équipier, celui qui pourra l’accompagner longtemps pour l’aider à faire un gros général. Même chose sur les Ardennaises, où je tâcherai d’aider Romain Grégoire au mieux. 

Comment le calendrier s’est-il construit ? S’agissait-il avant tout de propositions du staff ou de demandes de ta part ?
Il y a eu pas mal d’échanges. On a bien cherché à comprendre ce que je voulais faire, quelle était ma vision des choses… L’équipe m’a proposé un programme, puis on a réajusté quelques trucs en discutant. 

C’est un nouveau départ pour toi après trois premières saisons professionnelles chez Arkéa-B&B Hôtels. Que retiendras-tu de cette première expérience chez les grands ?
Beaucoup de choses, forcément. Je leur dois beaucoup, ils m’ont ouvert les portes du cyclisme professionnel. J’ai découvert le Giro et le Tour de France avec eux. J’en garderai toujours de très bons souvenirs. Les premières années chez les pros, ça ne s’oublie pas. J’ai pu gagner des courses avec eux (une étape du Région Pays de la Loire Tour en 2024 puis le Tour du Limousin en 2025, NDLR). J’ai vécu de super moments. Pour autant, j’avais aussi besoin de voir autre chose. Au-delà de la façon dont ça s’est terminé, je suis de toute façon content de changer. Je grandis et j’avais besoin d’un nouveau coup de boost. 

« CE N’EST PAS PARCE QUE C’EST LA MODE EN CE MOMENT QU’IL FALLAIT QUE JE LE FASSE AUSSI »

Es-tu satisfait de ton évolution jusqu’à présent, depuis tes débuts chez les pros ?
Oui, forcément je suis vraiment content. J’ai fait des résultats personnels, j’ai aidé un mec comme Kévin (Vauquelin) à gagner des courses. J’ai fait un super Tour de France l’an passé. C’est très bien.

Quel doit être le prochain cap à passer désormais ?
Confirmer en gagnant plusieurs courses à l’année, et même pourquoi pas au niveau WorldTour. Je pense honnêtement avoir les armes, maintenant, pour gagner en WorldTour. Mais il faut que tout soit aligné le Jour-J. Je me dois d’être irréprochable mais je m’en sens capable. Je sais qu’on m’a recruté pour faire des résultats. Je ne sais pas s’il y a beaucoup de courses sur lesquelles je serai purement équipier. La plupart du temps, je pense qu’on attend de moi que je performe. Et je me sens prêt pour ça. C’est dans la continuité des choses, l’évolution de ma carrière, ça me semble normal. En haute montagne, je ne peux pas espérer quelque chose, ce sera à 100% pour un David (Gaudu), mais sur les Ardennaises, suivant le scénario de course et si on a la chance de se retrouver en surnombre, je peux espérer faire un résultat. Le plus important reste évidemment le collectif et je suis persuadé que Romain (Grégoire) peut gagner l’Amstel, par exemple. Mais il n'est pas à exclure d'avoir une opportunité. 

Ce choix de rejoindre la Groupama-FDJ United était-il évident ou tu aurais pu prendre une autre décision ?
J’ai bien réfléchi, j’ai pris mon temps. J’ai envisagé l’étranger aussi mais ce n’est pas parce que c’est la mode en ce moment qu’il fallait que je le fasse aussi (rire). J’ai pesé les pour et les contre et j’ai fini par me dire que c’était la suite logique, le mieux pour moi à ce stade de ma carrière. Ça va me permettre de continuer à progresser tout en prenant du plaisir sur le vélo, sans me bloquer totalement dans un rôle très précis tout au long de la saison, ce qui aurait peut-être été le cas dans d’autres équipes. Je considère être encore trop jeune pour m’enfermer dans un rôle identique toute l’année, j’ai un peu plus d’ambitions que ça.

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