Victor Loulergue : « C’est un mélange idéal »

Crédit photo Nicolas Mabyle / DirectVelo

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Pour sa première course sous le maillot de la Groupama-FDJ United en tant que coureur professionnel, Victor Loulergue n’a pas eu froid aux yeux en allant jouer des coudes dans la ligne droite finale en faux-plat descendant du Boulevard Michelet, devant le Stade Vélodrome, lors du Grand Prix de Marseille-La Marseillaise. Avec un bon Top 10 à la clef, même si la WorldTeam tricolore espérait autre chose de cette première course de la saison sur le sol français. Entretien avec le coureur de 21 ans


DirectVelo : L’équipe voulait dynamiter la course pour éviter un sprint en gros comité, mais ça n’a pas été possible sur ce Grand Prix de Marseille-La Marseillaise…
Victor Loulergue : On avait prévu de faire le dernier kilomètre de l’Espigoulier à bloc puis d'enchaîner dans la descente. On s’est retrouvés à une trentaine en bas de la descente, dont cinq de l’équipe. C’était top. Puis Axel (Huens) s’est retrouvé devant dans un groupe d’une dizaine et tout est rentré dans l’ordre. Dans la dernière montée, la Gineste, j’ai demandé à Ewen (Costiou) s’il voulait attaquer. Il m’a dit que oui alors on a essayé mais c’était compliqué avec le vent de face. Finalement, ça s’est joué au sprint. 

Et c’est toi qui es allé faire un résultat !
On avait prévu deux cartes en cas d’arrivée groupée : Axel (Huens) et Cyril (Barthe). Je devais les emmener mais ils se sont fait enfermer et n’ont pas pu me doubler sur le sprint. C’est dommage car s’ils étaient arrivés avec plus de vitesse, ils auraient pu faire un meilleur résultat, ça aurait été mieux pour l’équipe. Personnellement, je suis forcément content de mon résultat dans le Top 10 mais au niveau de l’équipe, on ne venait pas pour faire 6e. 

« J’AI COCHÉ TOUTES LES CASES »

Dans quelle condition t’étais-tu présenté sur cette course de reprise ?
La préparation hivernale s’est bien passée. De toute façon, quand tu coupes en ayant bien fini la saison précédente, tu es encore plus motivé pour bien repartir. J’avais hâte de lancer cette nouvelle saison, avec deux gros morceaux d’emblée avec la WorldTeam, puisque j’enchaîne La Marseillaise et Bessèges. Ce n’est pas moi qui l’ai demandé mais je suis super content de débuter directement avec “les grands”. C’est toujours un peu impressionnant quand même sur les premières courses mais il va falloir s’y habituer.

Avec le recul, la saison 2025 s’est-elle déroulée comme tu l’espérais ? Arrives-tu à la Groupama-FDJ United avec les bagages que tu espérais avoir au moment de passer pro ?
Oui, j’ai coché toutes les cases que je voulais cocher l’an passé à Bourg-en-Bresse AC. Je voulais découvrir l’équipe de France, passer pro et gagner des courses. J’ai réussi les trois. J’arrive à la Groupama-FDJ United avec un bagage important qui me servira pour la suite de ma carrière. Je suis très content de ma saison 2025, j’aurais signé pour ça. 

« CE N’EST PAS PARCE QUE J’AI UN CONTRAT POUR TROIS ANS QUE JE SUIS TRANQUILLE »

Tu es officiellement dans la Conti cette année mais penses-tu courir régulièrement avec l’équipe première ?
Il y aura quelques autres courses avec la WorldTeam mais aussi beaucoup avec la Conti : le Circuit des Ardennes, Liège-Bastogne-Liège, le Giro NextGen… C’est un mélange idéal. Je vais avoir des objectifs bien précis en tête avec la Conti, pour performer, et je vais pouvoir prendre de la caisse avec la WorldTeam et me préparer pour les années à venir. Forcément, si je me retrouve en possibilité de jouer un résultat avec la WorldTeam, je ne vais pas me gêner mais ce n’est pas l’objectif principal pour l’instant.

“Un mélange idéal” et une situation idéale également, avec un contrat de trois ans qui va te permettre de bien travailler, sans pression…
Il ne faut jamais se reposer sur ses acquis. Ce n’est pas parce que j’ai un contrat pour trois ans que je suis tranquille. Je ne veux pas griller les étapes, je dois prendre mon temps, mais l’objectif est de gagner des courses chez les pros à terme. Je vais essayer de bien faire les choses, en faisant confiance à l’équipe. Sans se presser, mais sans se tourner les pouces non plus. Au plus tôt je gagnerai et au mieux ce sera.

« J’AI IMAGINÉ PLUSIEURS POSSIBILITÉS, DONT CELLE DE PARTIR À L’ETRANGER »

Parmi les courses Espoirs que tu vas disputer avant de définitivement franchir le rubicon l’an prochain, y’en a-t-il une en particulier qui te fait rêver et que tu aimerais accrocher à ton palmarès ?
Il n’y en a pas qu’une même si Liège et le Mondial au Canada sont les deux premières auxquelles je pense quand on évoque les objectifs de la saison. J’ai vraiment envie d’y réussir. L’avantage d’être dans la Conti, c’est justement de pouvoir me préparer spécifiquement pour certains objectifs et de cibler de vrais pics de forme. Je vais par exemple découvrir les stages en altitude pour préparer l’été et le Mondial.

Était-ce une évidence de rejoindre la Groupama-FDJ United ?
C’est devenu une évidence au fur et à mesure même si dans un premier temps, j’ai imaginé plusieurs possibilités, dont celle de partir à l’étranger. Mais après réflexion, j’ai su que c’était là que je voulais venir. J’ai rencontré Thierry Cornec à Aix-les-Bains, en vrai. Ce n’était pas une vision, on a pu bien parler et j’ai bien accroché à son discours et au projet global. Je l’ai senti très impliqué, il a confiance en moi. Cette année de transition, dans la Conti, avant deux années avec la WorldTeam, m’a beaucoup plu également. Je trouvais très intéressant de pouvoir encore faire un Giro NextGen, un Tour de l’Avenir, les grands Championnats… Ça va me laisser le temps de progresser et de jouer la gagne. Après ce rendez-vous à Aix-les-Bains, c’était fait dans ma tête. J’avais eu d’autres contacts et d’autres rencontres avant, mais je n’ai pas eu le même feeling qu’avec Thierry Cornec. J’ai tout pour réussir ici, je suis très heureux de ce choix. 

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