Bryan Coquard : « C'est une arrivée que je n'aime pas du tout »

Crédit photo Florian Frison - DirectVelo
Bryan Coquard avait débuté sa saison par une chute au Grand Prix Castellon en Espagne. Mais les jambes étaient déjà là et le coureur de Cofidis l'a prouvé ce dimanche après-midi en remportant le Grand Prix de Marseille-La Marseillaise. Si une arrivée groupée était attendue avec la route des crêtes en moins, la course fut très animée et il a fallu recoller les morceaux avant l'arrivée. "Il y a eu pas mal d'attaques, d'échappées. On avait décidé de rouler vite. Plus la course allait être difficile, plus ça allait m'avantager", reconnaît le vainqueur du jour. DirectVelo a recueilli sa réaction après l'arrivée.
DirectVelo : Tu débutes ta saison par une victoire...
Bryan Coquard : J'ai commencé samedi dernier par une chute. La Marseillaise, j'y suis venu plusieurs fois, je n'ai jamais réussi à gagner. J'ai déjà passé la route des crêtes en tête et le même jour, je me suis fait battre par Aurélien Paret-Peintre au sprint. C'est une arrivée que je n'aime pas du tout, pour être honnête, c'est difficile. Il faut le sens du timing. Et aujourd'hui, j'avais de bonnes jambes, je suis en bonne condition.
On a vu aussi les Cofidis pour t'épauler...
C'est moi qui prends la lumière ce soir mais Clément Izquierdo a fait une journée incroyable, tout le temps à l'avant. Il était chez lui, surmotivé. Le week-end dernier, il marchait déjà très fort. Aujourd'hui, il a été incroyable. Et Alexis Renard est toujours là. Il s'est battu aujourd'hui pour être à l'avant. Il a été malade cette semaine. Il s'est battu pour être là, pour pouvoir me lancer dans le final. Alexis est un peu plus vieux, Clément est plus jeune mais on aurait dit des vieux briscards dans le final. On a eu un timing incroyable. C'est moi qui lève les bras, mais c'est eux qui ont fait tout le boulot. J'avais juste à finir le travail. Beaucoup de coureurs à ma place auraient gagné aujourd'hui.
« CLÉMENT, C'EST UN COUREUR TRÈS FORT »
Quelle est la particularité de cette arrivée ?
Je me suis déjà fait avoir plusieurs fois dans cette ligne droite. On l'avait bien étudié, c'est deux kilomètres tout droit. On va hyper vite avec un gros faux-plat descendant mais sur la fin du sprint, ça s'écrase un peu. L'erreur qu'on fait tout le temps, c'est qu'on lance de trop loin. Tu vois l'arrivée, tu te dis que c'est bon. J'ai vraiment dit, les gars, "aujourd'hui, on prend le risque de perdre. On attend un timing parfait". Ils ont été incroyables. On est passés sur la droite comme on voulait. Ils m'ont déposé parfaitement.
Tu changes aussi ta vision des sprints ...
J'ai toujours ma pointe de vitesse mais j'ai moins travaillé le sprint cet hiver, dans les sprints à plat je laisse ma place maintenant. Dans le stage de janvier, je n'ai pas roulé avec sprinters, je n'ai presque pas roulé avec les sprinters mais plutôt avec les grimpeurs. Aujourd'hui, ce n'est pas l'exception qui confirme la règle parce que la journée a été difficile et j'étais très frais. Quand ce sera tout plat, je n'aurai pas de problème à mettre au service de Milan (Fretin) et peut-être même Alexis (Renard).
Tu as le souvenir d'avoir gagné des sprints aussi facilement ?
C'est déjà arrivé mais c'est très rare. Aujourd'hui je n'ai rien fait, c'est eux qui ont tout fait. Clément (Izquierdo), ce n'est pas un baroudeur, c'est un coureur très fort, un très bon puncheur, qui va progresser encore. Ça me fait plaisir de le remercier avec une victoire parce que la saison dernière, il s'était déjà mis à la planche pour moi.
« J'AI TOUT LE TEMPS ÉTÉ BON EN DÉBUT DE SAISON »
Est-ce qu'il y a eu un moment difficile dans la course ?
Dans la descente de l'Espigoulier, il y a eu un coup de vis, on s'est retrouvé à une trentaine de coureurs. Un moment, il y avait un coureur de Groupama, Decathlon, Total et d'Unibet devant, on était un peu en difficulté. J'ai demandé à Clément "tu penses pouvoir faire le jump ? Il l'a fait facilement. Une fois que le groupe derrière est revenu sur moi, j'avoue que je me suis fait un peu enterrer mais c'était le jeu. Ensuite on était concentré sur le sprint.
Comment as-tu vécu les changements dans l'équipe ?
C'est ma 14e année pro. Ce n'est pas un changement de manager qui va me faire changer ma manière de faire. J'ai tout le temps été bon en début de saison. Pour être honnête, il fallait du changement. Je pense que c'était un mal pour un bien. C'était la fin d'un cycle, clairement. On est reparti sur un nouveau cycle. Je suis content d'apporter la première victoire. Je crois que le slogan, maintenant, c'est cap sur l'avenir. J'ai 33 ans, je ne suis pas trop l'avenir. Mais je suis toujours là et je donne tout mon maximum pour Cofidis.
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