Artus Jaladeau : « J’ai juste été plus malin »

Crédit photo Baptiste Lavigne / DirectVelo

Crédit photo Baptiste Lavigne / DirectVelo

Il n’avait encore jamais levé les bras sur l’Essor Basque. C’est désormais chose faite pour Artus Jaladeau. Le coureur du GSC Blagnac VS 31 a dominé ce dimanche le Circuit de l’Essor, en prenant le meilleur dans le dernier kilomètre sur ses trois derniers compagnons de fugue, Vincent Bodet, Ben Chilton et Asier Castilla Picaza. Vainqueur à huit reprises l’an dernier, le garçon de 25 ans lance ainsi de la meilleure des manières son exercice 2026 préparé pendant de longues semaines en Espagne. L’ancien pro du CIC U Nantes Atlantique a répondu aux questions de DirectVelo à l’issue de la cérémonie protocolaire.


DirectVelo : Que représente cette victoire pour toi ?
Artus Jaladeau : C’est très cool. C’est un peu le même scénario que l’an passé mais j’avais un rôle différent. L’année dernière, j’étais avec Titouan Margueritat. Je pense que j’étais plus fort mais il était meilleur sprinteur et je ne suis pas arrivé à le sortir. Alors que là, ce n’était pas moi le plus fort, c’était Vincent (Bodet) dans la bosse, il n’y a pas à dire. J’ai juste été plus malin. 2e l’an passé, aujourd’hui 1er : je n’avais encore jamais gagné sur l’Essor Basque, c’est chose faite. Je commence bien l’année, c’est cool.

« VINCENT DEVAIT ASSUMER »

La course a été très décousue…

J’espérais plutôt un scénario comme l’an passé où pendant 45 minutes ou une heure, ça bataille et on peut rester « tranquilles » dans le peloton. Finalement non, il y en avait un peu partout et on était à contre-temps avec l’équipe, on a pas mal subi. Il a fallu reprendre les choses en main et sauter de groupe en groupe, ce que j’ai réussi à faire. Et il fallait encore bien manœuvrer derrière à mesure que le groupe s’amenuisait pour faire partie des bonhommes qui restent à l’avant.


Comment as-tu géré le dernier tour ?
On est sortis à cinq sur la ligne à un tour de l’arrivée. J’avais bien compris que c’était Vincent (Bodet) qui était le plus fort dans le groupe. Je le voyais faire et je savais très bien ce qu’il allait attaquer dans la bosse donc j’ai fait exprès de passer premier au pied. Il a attaqué, j’ai vite réagi et je suis resté dans sa roue. Après il a fait l’erreur de trop essayer de me sortir et je savais que je ne lâcherais pas comme ça. Il était très fort mais cela n’a pas suffi. Ben Chilton est revenu de l’arrière et est passé, je ne pouvais pas relayer et Vincent devait assumer, c’est lui qui avait attaqué donc c’était son problème. Après on s’est quand même entendu pour revenir sur Chilton puis sur le final il fallait être le plus malin pour gagner

Et tu ressors dans le final…
Asier Castilla Picaza est parti. Bodet a réagi puis Chilton. Je me suis mis dans leurs roues, j’ai laissé un petit écart parce que je prévoyais d’attaquer sur la cuvette et finalement Vincent Bodet l’a fait juste avant. J’étais un peu derrière donc ce n’était pas à moi d’y aller. Chilton a réagi mais il a commencé à coincer un peu et je savais que je devais juste tout mettre. Je suis arrivé à le sortir juste en remontant et une fois que j’ai eu dix mètres sur le replat, il n’a pas pu revenir.

« ENCORE DE LA MARGE »

Tu as encore passé ton hiver en Espagne…
J’étais en Espagne près de Calpe pendant quasiment deux mois. C’est beaucoup plus confortable pour l’hiver. Je n’aime pas forcément le mauvais temps donc passer l’hiver en France… Là-bas le climat est beaucoup plus doux donc c’est très agréable.


C’était une évidence pour toi de poursuivre une saison supplémentaire ?
Pas du tout. Il fallait déjà que cela puisse suivre financièrement et la question c’était aussi de savoir si physiquement j’allais pouvoir aller plus loin. Pour moi, j’ai encore de la marge et tant que la motivation est là pour aller chercher plus loin, je continue. Le jour où je n’aurai plus envie de me surpasser, ça s’arrêtera.


As-tu des envies particulières pour cette année ?
Pas plus que ça… Comme l’an passé, j’ai envie de prendre un maximum de plaisir, et de gagner le plus possible. Rien de particulier hormis peut-être le Championnat de France de chrono. Je me suis un peu découvert là-dessus la saison dernière donc je fais en sorte de progresser sur cette discipline. On verra où cela me mène. En attendant, j’enchaîne le week-end prochain donc ça serait bien d’en gagner une deuxième mais c’est toujours des courses qui sont particulières. Il ne faut pas se mettre la pression.

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