Relais mixte : Une roue déjante et l'équipe de France déchante
Crédit photo Hervé Dancerelle - DirectVelo
La discipline avait souri à l'équipe de France ces deux dernières années, notamment avec le titre mondial il y a deux hivers. Mais cette fois, les Bleus ne sont pas parvenus à monter sur le podium du relais mixte, ce vendredi, pour l'ouverture du Championnat du Monde de Hulst. "Je pense qu'on est tous déçus aujourd'hui. On venait au moins pour le podium. Il y a plein de nations favorites, il faut vraiment faire une partition parfaite pour pouvoir jouer devant. Je pense qu'on peut être fiers chacun de nos différents tours mais ça ne l'a pas fait cette année", constate Martin Groslambert, qui était le dernier relayeur de l'équipe et qui était dans le match pour le bronze.
« J'AURAIS BIEN AIMÉ LAISSER QUELQUES SECONDES D'AVANCE À MARTIN »
Car jusqu'à ce dernier tour, l'équipe de France était dans le match. "Ça s'est bien passé pour moi, note Célia Gery, qui a bien lancé la machine. J'ai fait le départ, j'ai pris un plutôt bon départ. Après j'ai essayé de m'accrocher au maximum. C'est intéressant, il y a des parties techniques". Les tours s'enchainent, et si les Pays-Bas semblent prendre une option, l'équipe de France est dans le coup. "J'avais les jambes, tout est bien passé techniquement. Je suis content", se réjouit Soren Bruyère Joumard. "C'est un effort en particulier parce qu'on part vraiment à fond de A à Z. Il n'y a vraiment pas de gestion. C'est à bloc, à bloc, à bloc. Après, comme on rattrape les coureurs, il y a eu un peu de gêne. Mais c'est la course, c'est le but d'un relais", ajoute Romain Debord.
Même Laly Pichon, représentante Junior des Français, s'accroche alors qu'elle affronte des aînées, voire des hommes. "De toute façon il fallait que je donne tout jusqu'à la fin. J'ai essayé de tenir l'Italienne à un bon écart, puis après les autres sont revenus sur moi et j'ai tout donné jusqu'à la fin", analyse la Bretonne. Avant-dernière relayeuse, Hélène Clauzel rattrape quelques concurrentes plus jeunes qu'elle pour lancer la dernière fusée le plus haut possible. "Entre guillemets, j'avais la chance d'être avec des Juniors. Donc forcément, j'ai un peu plus de puissance quand même. J'ai mis un peu de temps mais j'ai quand même réussi à rentrer. J'aurais bien aimé laisser quelques secondes d'avance à Martin mais je n'ai pas réussi".
« C'EST FRUSTRANT »
En effet, alors que l'Italie s'assure l'argent derrière les Pays-Bas, Martin Groslambert est lancé en confrontation avec Niels Vandeputte et Oscar Amey pour la dernière breloque. "La première partie du tour, j'essayais quand même de rester devant pour avoir mes trajectoires". Le vice-Champion de France est dans un premier temps surpris par le parcours. "C'est quand même assez roulant. Je m'attendais vraiment à ce que ce soit un peu plus chantier. Au final, c'est assez sec. Je suis un peu déçu parce que j'aurais bien aimé que ce soit un peu plus glissant, que ça ajoute un peu plus de technique parce que là, ça va rouler quand même assez vite. Mais bon, ça a le temps d'évoluer d'ici dimanche".
Cependant, ce n'est pas le parcours qui piège le Français. "C'est un peu dommage, on a cru voir qu'il avait eu un problème mécanique. C'est la vie", regrette Soren Bruyère Joumard. Le principal intéressé voit sa mécanique lui faire défaut. "Je déjante juste avant le poste. Je perds vite trois à cinq secondes et après, je n'ai jamais réussi à rentrer. Une fois que j'avais perdu les roues, c'était compliqué de revenir". La France doit alors se contenter d'une 5e place finale. "C'est frustrant. Face à Niels, je ne sais pas si j'aurais pu jouer la médaille. Sur le papier, il est quand même plus fort que moi, mais on ne sait jamais". Ses coéquipiers ne le blâment pas et gardent le sourire. "C'est un relais, on fait tous des petites erreurs, ce n'est pas grave", pense Hélène Clauzel. "On est quand même très contents", concluent les Bleus en chœur.
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