Ronan Augé : « C’est un rêve d’enfant »

Crédit photo Nicolas Gachet / DirectVelo

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Grâce à quatre places dans le Top 5, le Tour de Bretagne 2025 de Ronan Augé n’est pas passé inaperçu. C’est à l’issue de l’épreuve de Classe 2 que le Béarnais a été contacté par Bas Tietema. Rapidement séduit, le Béarnais de 21 ans fait désormais partie des Rockets qui l’ont intégré dans leur groupe de sprinteurs, dirigé par Marcel Kittel et qui comprend notamment l’expérimenté Dylan Groenewegen. Lors du stage de janvier de la ProTeam à licence française, à l’Alfas del Pi, Ronan Augé s’est confié à DirectVelo.


DirectVelo : Après trois ans en Continentale, à la Groupama-FDJ puis au CIC U Nantes Atlantique, te voilà passé en ProTeam. Qu’est-ce que ça représente pour toi ?
Ronan Augé : C’est un rêve d’enfant. C’est une équipe qui me correspond à 100%. Elle est fun, mais c’est aussi ultra sérieux et très pro. Tout le monde fait bien son travail et à la fois, tout le monde s’éclate. Je pense que c’est la meilleure équipe dans laquelle je pouvais être. En plus, avec Wout (Poels), Marcel (Kittel), Dylan (Groenewegen) et Lukas (Kubis), je peux prendre de l’expérience. Je peux discuter facilement avec eux, ils sont ouverts. J’ai vraiment envie de bien faire.


Comment t’es-tu retrouvé dans cette équipe ?
C’est Bas (Tietema) qui m’a écrit sur Instagram après le Tour de Bretagne. Ça surprend. (sourire) Je discutais avec d’autres ProTeams, mais ça s’est vite arrêté. Mon arrivée s’est concrétisée en juin, le week-end du Championnat de France Élite. Finalement, j’ai obtenu des résultats de l’Étoile de Bessèges jusqu’en fin de saison. J’ai fait deux fois 2e au Tour de Bretagne, j’ai beaucoup de Top 10. Dans l’ensemble, j’ai fait une très bonne saison mais il me manque la victoire pour que l'année soit parfaite. 

« PAS D'AMBIGUÏTÉ POSSIBLE »

Faut-il te considérer comme un pur sprinteur ?
Je suis un sprinteur-puncheur, même si l’équipe m’oriente vers le sprint. On a travaillé le sprint cet hiver, avec beaucoup de musculation. J’ai la chance et le désavantage d'être très léger pour un sprinteur. On bosse dessus avec l’équipe pour que je reste léger tout en améliorant mon sprint. Je passe bien les bosses, je peux être là quand il reste une cinquantaine de coureurs.

Il y a beaucoup de sprinteurs dans l’équipe. Quel rôle auras-tu sur les courses ?
Pour le moment, aussi bien en décembre qu’en janvier, on m’a mis comme sprinteur. J’ai toujours sprinté, soit contre Dylan soit contre Lukas. Sur les premières courses, je serai dans le train car ils seront là. Je serai lanceur ou je m’occuperai de les placer. Le but est de ne pas brûler les étapes. L’idée est pourquoi pas d’avoir plus ma chance en seconde partie de saison. Dans le futur, pourquoi pas briller sur les manches de la Coupe de France et les Classe 1. On m’a dit en décembre que je pourrai avoir ma carte sur les courses de seconde zone. Et sur les plus grosses courses, je serai là pour prendre de l’expérience auprès des sprinteurs.


Te sens-tu capable de lancer Dylan Groenewegen dès cette année ?
Il a son lanceur, Elmar (Reinders). Je serai plus là pour le placer. Pourquoi pas rester avec lui dans une arrivée chaotique où c’est compliqué de mettre en place un train, pour faire des efforts quand il faut remonter dans le vent. Ça va dépendre des courses, de la manière dont je progresse également. C’est ouvert et chacun aura sa chance à partir du moment où on joue le jeu. Il y a tellement de courses… On aura des rôles bien définis et il n’y aura pas d'ambiguïté possible. Si ce n’est pas à toi de sprinter, tu ne vas pas le faire sauf si on te le dit dans l'oreillette.

« IL EST DANS L'ÉCOUTE »

Tu travailles avec Marcel Kittel, qui a en charge les sprinteurs de l’équipe. Qu’est-il t’apporte ?
Je me suis rapproché de lui pendant le dernier stage. C’est un rêve de l’avoir dans l’équipe. Il a quand même quatorze victoires d’étapes sur le Tour de France. Il donne beaucoup de conseils. On est une douzaine de coureurs concernés. Il y a les sprinteurs, les lanceurs et les coureurs de Classiques. Dans un premier temps, on dit comment on imagine les choses. Dylan dit par exemple qu’il veut deux mecs avec lui à tel moment et ensuite, Marcel, avec son expérience, dit comment on peut faire. Il ne nous oblige à rien. Il est dans l’écoute. On établit des rôles, des règles… On décortique tout le sprint. 

Est-ce que vous allez courir ensemble tous les trois avec Dylan Groenewegen et Lukas Kubis ?
À l’Étoile de Bessèges ! Il y aura les quatre sprinteurs de l’équipe avec Dylan, Lukas, Tobias (Muller) et moi. On a déjà discuté des stratégies. C’est intéressant et drôle. Il y aura des étapes pour Lukas où on pourra rouler sur le plat avec Dylan, d’autres qui seront plus pour Dylan. Ça va être fun. 

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