Simon Carr : « La saison la plus difficile que j’ai vécue »

Crédit photo Cofidis
Il était arrivé chez Cofidis plein d’ambition. Vainqueur à six reprises les deux années précédentes, Simon Carr était l’une des recrues phares de la WorldTeam française en 2025, au point d’être assuré de disputer son premier Tour de France dès l’hiver. Mais pour le Britannique, rien ne s’est passé comme prévu après avoir violemment tapé le genou contre son vélo alors qu'une voiture venait de lui couper la route, mi-janvier, lors du dernier stage de pré-saison. Contraint à l'opération, il a dû patienter jusqu’à mi-juin et la Route d’Occitanie pour enfin mettre un premier dossard. Malgré une éclaircie pendant l’été, la suite a encore été compliquée à partir du Tour d’Espagne, rapidement abandonné. C’est un coureur reparti de zéro, après une saison presque blanche, qui s'est confié à DirectVelo avant sa reprise, ce vendredi, lors de la Classica Camp de Morvedre (1.1).
DirectVelo : Tu n’as pas connu la saison 2025 espérée !
Simon Carr : C’était vraiment une saison compliquée. Autant physiquement que mentalement. J’espérais beaucoup plus. Il y avait beaucoup de stress avec l’enjeu du maintien de l’équipe en WorldTour. Je n’étais pas au niveau qu’on attendait donc ça ajoutait du stress. Et pendant un moment, on ne trouvait pas de solution concernant ma blessure au genou. J’ai dû attendre la Route d’Occitanie pour enfin commencer la saison.
En fin de saison, tu as connu de nombreux abandons. Était-ce physique ou mental ?
J’étais revenu à un bon niveau pendant l’été. C’est peut-être à la Clásica San Sebastián (21e, NDLR) que j’étais le mieux de la saison. Je suis même passé à côté d’un meilleur résultat ce jour-là. Après la course, je me disais que j’allais avoir plein d’opportunités à la Vuelta. Mais je suis tombé malade dès le début de la course, avec mon collègue de chambre Oliver Knight. J’ai eu une gastro, je suis rentré chez moi après quatre jours. Ensuite, je n’ai pas roulé pendant cinq jours mais j’ai vite repris car l’équipe voulait que je fasse les courses en Italie. Sur la première, ça n’allait pas mais il fallait courir pour marquer des points. Je n’ai pas eu le temps de récupérer, je me suis retrouvé dans une mauvaise condition physique. J’ai essayé d’aider au maximum mes coéquipiers mais je ne pouvais pas peser sur les courses.
« IMPORTANT DE REPARTIR DE ZÉRO »
Comment s’est passé ton intersaison ?
J’ai coupé pendant trois semaines. Je suis parti au Pays de Galles avec ma copine, on a eu la météo locale mais c’était vraiment cool de souffler. On a fait quelques randonnées. Je suis aussi allé voir de la famille en Grande-Bretagne. Je sortais de la saison la plus difficile que j’ai vécue alors j’avais besoin de couper. J’ai changé d’entraîneur car l’équipe a exigé qu’on travaille avec quelqu’un en interne. Ça avait entraîné quelques frictions l’an passé comme j’avais le souci au genou. La communication aurait peut-être été plus fluide avec un entraîneur dans l’équipe. Il y a eu beaucoup de discussions autour de ça. En fin de saison, j’ai dû changer d'entraîneur pour les deux dernières semaines. Maintenant, je suis entraîné par Fred Ostian, arrivé d’Arkéa-B&B Hôtels. Ça se passe vraiment bien. Je suis très content de notre collaboration. Pour moi, c’est très important car l’entraîneur est le premier point de contact avec l’équipe. J’aime bien la façon dont on bosse ensemble.
Quel niveau as-tu actuellement à l’entraînement ?
Je ne me sens pas loin de mon meilleur niveau, aussi bien lors des tests ou simplement en ce qui concerne mes sensations. Je sens que je ne suis pas loin du niveau de 2024 à pareille époque, juste avant de gagner une manche à Majorque. La différence, c’est que je sortais d’une saison où j’avais gagné ma dernière course (le Tour du Langkawi, NDLR), alors que là je sors d’une saison qui s’est mal finie. Je saurai en course si j’ai retrouvé mon niveau. J’ai hâte de savoir ça !
Ça va vite arriver !
Oui, je cours à Morvedre, la première course de l'équipe. J’étais allé reconnaître le parcours après le stage en décembre. Je ferai Castellón le lendemain qui sera peut-être moins pour moi. Ensuite, il y aura le Tour de la Provence, avec une arrivée au sommet. C’est important de bien commencer la saison. Je me sens très bien dans l’équipe. Il y a beaucoup de changements, avec notamment ce nouveau management. J’espère que les changements qui ont été faits dans l’équipe porteront leurs fruits dès le début de la saison. De mon côté, après les problèmes que j’ai eus l’an passé, il fallait repartir de zéro.
« DISPUTER LE TOUR DE FRANCE »
Quelles sont tes envies pour cette saison 2026 ?
Mon souhait premier est d’être sur le Tour de France que je n’ai encore jamais disputé. C’est pour cette raison que je suis venu l’an passé chez Cofidis. Je voulais y aller pour jouer ma carte sur les étapes. Cette année, il faut que je commence bien la saison pour montrer à l’équipe que j’ai ma place. L’an passé, je sortais d’une bonne saison 2024 avec deux victoires, c’était logique d’être prévu sur le Tour mais vu ma saison 2025, je dois attaquer l’année en étant à 100% pour gagner ma place. C’est l’objectif n°1. Je vais faire des courses en France pour essayer d’être performant. En plus de la Provence, j’ai aussi la Classic Var et la Drôme-Ardèche. Sinon, je vais également disputer le Trophée Laigueglia et le Tour de Turquie pour faire le général. J’aurai aussi à mon programme la Route d’Occitanie. Ce sont des occasions de se montrer pour, je l'espère, disputer le Tour.
L’équipe a fait le choix de ne pas aller sur plusieurs courses par étapes du WorldTour… Est-ce que tu le comprends ?
Il y a des courses que j'aime bien et que j’aurais bien voulu faire. Je pense au Tour de Catalogne, le Tour de Romandie et même Tirreno-Adriatico ou les Strade Bianche. Mais je suis vraiment content de mon calendrier. Vu ma saison 2025, je me dis que c’est très bien d’être présent sur des courses d’un niveau inférieur, même si quand je vois déjà les équipes présentes à Morvedre ce vendredi (cinq WorldTeams, dont UAE Team Emirates-XRG, sont inscrites, NDLR)… On ne ressent pas beaucoup la différence entre une Classe 1 et une WorldTour. Avec ce calendrier, on aura tous dans l’équipe de belles opportunités.
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