Pauline Ferrand-Prévot : « Toutes les filles feraient 30 kilos si c’était aussi facile »

Crédit photo Nicolas Gachet / DirectVelo

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Lorsque le sujet est arrivé sur la table en conférence de presse, après un petit quart d'heure d’échanges consacrés à son programme et notamment à son envie de gagner des Classiques, Pauline Ferrand-Prévot en a presque rigolé : “Ah eh bien voilà, finalement, je l’attendais cette question, je savais qu’elle allait arriver !”. L’été dernier, alors qu’elle archi-dominait le dernier week-end du Tour de France, la Rémoise avait été vivement critiquée quant à sa perte de poids et sa maigreur. Un sujet auquel elle avait rapidement répondu lors de la dernière conférence de presse de fin de Grande Boucle mais l'affaire s’est amplifiée depuis. Ainsi, le rendez-vous média de pré-saison 2026 de la Visma-Lease a bike de ce mardi après-midi a été l’occasion de revenir, avec davantage de recul, sur cette situation.


« IL N’Y AVAIT PAS DE QUOI CRÉER TOUTE UNE POLÉMIQUE »

“Ça a vraiment été quelque chose, cette histoire ! Sur le coup, en fait, je n’ai pas vraiment réalisé que ça avait pris une telle ampleur”, débute la Championne olympique de VTT 2024, devant l’ensemble des journalistes dont DirectVelo, actuellement présent en Espagne. “Une fois que j’ai réalisé ce qu’il se passait, c’est surtout pour mes parents que ça m’a fait de la peine. Je me suis demandé s’ils lisaient tout ça. Mais de mon côté, il n’y avait aucun problème, pas de quoi créer toute une polémique car je considère simplement avoir fait mon boulot comme je devais le faire pour mettre toutes les chances de mon côté”.

Pauline Ferrand-Prévot trouve “dommage” que toute l’attention se soit ensuite focalisée sur son poids et sur l’idée de laisser entendre qu’elle aurait gagné le Tour grâce à cet aspect-là, certains se demandant d'ailleurs si cela n’allait pas inspirer de la mauvaise façon une partie de ses rivales. “Ce que je n’ai pas compris, c’est qu’on a expliqué que c’est parce que j’avais maigri de la sorte uniquement que j’ai gagné le Tour. Mais la réalité, c’est que derrière, il y a une énorme préparation, des dizaines d’entraînements spécifiques, très difficiles… C’est d’abord ça, la raison de cette victoire sur le Tour. Ce n’est pas qu’une question de perte de poids mais aussi de sacrifices. Toutes les filles feraient 30 kilos si c’était aussi facile”, lâche PFP, qui tient donc à rééquilibrer les choses et appuyer son point de vue. “Bien sûr que c’est mieux d’être affûtée pour grimper le long col de la Madeleine, selon moi, mais c’est un équilibre à trouver pour faire attention à garder aussi de la puissance malgré tout. Et ce n’est pas facile à faire”.

« ELLES ONT LE DROIT DE PENSER CE QU’ELLES VEULENT »

Compte-t-elle réitérer en préparation du Tour de France 2026, l’été prochain ? “Oui, car en réalité c’est quelque chose que je suis habituée à faire pour mes gros objectifs depuis une dizaine d’années”, répond-elle sans détour. “Je sais ce que je fais. On est dans un sport professionnel, on est entourées de docteurs, de nutritionnistes, il n’y a pas de raisons de ne pas faire les choses au mieux. Je veux arriver sur le Tour 2026 en étant la meilleure Pauline possible, encore une fois, pour essayer de gagner une deuxième fois ce Tour de France. J’ai toujours fait les choses à fond dans mes préparations, je ne vais pas changer maintenant”.

Personnellement, l’athlète de 33 ans promet ne pas avoir été touchée moralement par les critiques. “Les gens peuvent dire ce qu'ils veulent, personne ne pourra m’enlever ce sentiment d’avoir gagné en jaune le dernier jour etc. C’est pour toujours dans mon esprit”. Et ce même si certaines critiques sont directement venues de coureuses renommées du peloton, comme Marlen Reusser ou Demi Vollering. “Je n’y prête pas attention en réalité car je ne vois pas trop l’intérêt. Malgré tout, elles ont la liberté de penser ce qu’elles veulent. Si elles souhaitent perdre du temps là-dessus, c’est leur droit”, rigole-t-elle lorsqu’on lui demande si elle ne leur en veut pas, ou ne l’aurait pas pris comme une attaque personnelle. “Tu ne peux pas prendre toute cette charge mentale sur le dos, tout encaisser, tout prendre mal, sinon tu finis par exploser nerveusement. Si je commençais à tout lire sur les réseaux, ça ne pourrait pas le faire… Il faut filtrer. Ma famille et mon équipe m’entourent, ce sont les gens à écouter et à qui faire confiance, à qui accorder de l'importance”.

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