Jarno Widar : « Je ne comprends pas cette étiquette de pur grimpeur »

Crédit photo Nicolas Mabyle - DirectVelo
Jarno Widar s'apprête à faire ses grands débuts au sein de l'Élite. À seulement 20 ans, l'espoir belge a rejoint l'équipe professionnelle de Lotto-Intermarché avec une étiquette de grand talent après avoir dominé les rangs U23. S'il reste prudent sur ses objectifs immédiats, le vainqueur du Giro Next Gen 2024 est impatient à l'idée de découvrir le WorldTour.
DirectVelo : Te sens-tu prêt pour le grand saut chez les pros ?
Jarno Widar : On verra ça dans un mois. Tout se passe bien pour le moment, je suis plutôt content de la façon dont l'hiver se déroule. Mon programme débutera avec la Figueira Champions Classic, en Algarve. Ensuite, j'enchaînerai avec l'Ardèche Classic, la Drôme Classic, le Trofeo Laigueglia, les Strade Bianche, puis le Pays basque et les Classiques wallonnes pour finir ce bloc avec Francfort.
Tu vas donc te frotter aux meilleurs coureurs lors des Strade Bianche, ta première course WorldTour !
Et oui, mon rêve devient réalité. Ce dont je rêvais autrefois est arrivé. Tout ce qui vient maintenant n'est que du bonus et plus rien n'est une obligation.
« JE N'ATTENDS PAS ENCORE GRAND-CHOSE »
Que peux-tu attendre de cette première saison avec de telles attentes autour de toi ?
Attendre... En fait, je n'attends pas encore grand-chose. Je vais juste essayer de faire de mon mieux et de traverser la saison en sécurité. C'est le plus important : être capable de faire une bonne saison pour ma première année chez les pros, et ensuite tout viendra naturellement.
Tu dis ne pas avoir d'objectifs précis, mais n'y a-t-il pas une course où tu aimerais briller ?
Je ne sais pas ce que Kurt (Van de Wouwer) a raconté, mais l'équipe a forcément des attentes me concernant, même s'ils ne le disent pas tout haut. Nous sommes payés pour être cyclistes pros, donc il y a toujours des attentes. Et des objectifs personnels, on en a toujours en tête.
Est-ce que tu attends la Vuelta avec impatience si tu as le souhait de devenir un coureur de Grands Tours ?
Ce n'est pas vrai. C'est ce que tout le monde attend de moi quand je lis un peu les journaux, tout le monde pense que je veux devenir un coureur de Grands Tours, mais j'aime beaucoup plus les Classiques wallonnes. La Flèche Wallonne, Liège-Bastogne-Liège... Ce sont des courses que j'aime et où je préférerais briller un jour.
« J'AIME BEAUCOUP PLUS LES CLASSIQUES WALLONNES »
Comment expliques-tu ce décalage entre ton image de grimpeur et tes envies de Classiques ?
C'est une question qu'il faut poser aux journalistes. Ce n'est pas moi qui écris dans les journaux. Je ne comprends pas trop cette étiquette de pur grimpeur car chez les Espoirs, les courses par étapes durent au maximum une semaine, on ne peut rien en déduire. J'entame un chapitre totalement nouveau. Tout ce qui s'est passé avant n'a plus de valeur maintenant que je suis chez les pros.
Quel est le plan entre Francfort et la Vuelta ?
Un stage d'altitude en mai, le Tour de Suisse, encore un stage d'altitude en juillet, et San Sebastián.
Le Mondial au Québec est-il un objectif ?
Il faut que j'en parle avec l'équipe, mais ça va sûrement être plutôt le Championnat d'Europe en Slovénie, comme domestique pour Remco (Evenepoel). J'ai une bonne relation avec lui. Quand je le rencontre à l'entraînement, on discute un peu. Je trouve que c'est un gars très sympathique. S'il pense la même chose de moi ? Ça, il faudra lui demander !
« NOUS SOMMES DEVENUS PLUS FORTS »
Comment as-tu vécu cette période de fusion entre Lotto et Intermarché ?
De mon point de vue, ça a été très facile. L'équipe a progressé avec cette fusion, nous sommes devenus plus forts. Il y a plus de monde, ce qui signifie qu'il y a simplement plus de moyens pour devenir plus fort. Tout se déroule très bien. J'ai un très bon feeling au sein de cette équipe.
Lennert Van Eetvelt a dit que tu poussais beaucoup pour la performance...
Je pense que Lennert et moi sommes surtout des gagneurs. Nous essayons de pousser très fort là-dessus et comme nous sommes deux, cela va toujours beaucoup plus vite. Je pense que nous formons une très bonne paire avec Lennert. Nous essayons de nous entraider avant tout, et d'apporter des résultats pour l'équipe sans être égoïste.
En savoir plus : coureurs et équipes associés
Coureurs

