Relais des comités : Du suspense jusqu'au dernier virage

Crédit photo Alexis Dancerelle / DirectVelo
Cette fois, pas le temps de savourer la dernière ligne droite. Contrairement à l'an dernier, Fabien Doubey, dernier relayeur du comité Bourgogne-Franche-Comté, n'a pas eu le temps de profiter du succès. La faute à Soren Bruyère Joumard et le comité Auvergne-Rhône-Alpes, qui a obligé le coureur de TotalEnergies à se faire violence jusqu'au bout, ce samedi, ouverture du Championnat de France de Troyes. "Je regardais l'écran au loin, j'ai vu l'arrivée aux planches, je savais que Soren passerait sur le vélo, que ça serait serré. Il s'est fait passer à l'intérieur et c'était compliqué après mais ça ne s'est pas joué à grand-chose", relate Damien Beton, qui a ouvert le bal pour AURA et qui s'est transformé en supporter.
« JE VOYAIS QUE FABIEN REVENAIT »
Si l'enchainement planche et dernier virage se concentre dans les derniers hectomètres, il faut en fait rembobiner au dernier passage de relais pour comprendre à quel point le suspense s'est installé. Au moment de la cloche, c'est la Bretagne et sa féminine Lison Desprez qui mènent la danse. Mais problème pour elle, Joris Delbove (Grand Est) et donc Soren Bruyère Joumard et Fabien Doubey sont lancés à ses trousses. Si la sociétaire du VC Evron fait preuve d'une belle résistance dans la première partie, la tendance change minute après minute. Soren Bruyère Joumard est le premier à la reprendre. "Mais après je voyais aussi que Fabien revenait", sourit le Junior.
Si Joris Delbove est trop loin pour transformer le duel en match à trois, il fallait donc se départager dans le final. Avec une gestion parfaite, Fabien Doubey prend son temps pour revenir dans la roue. "Je suis parti à mon rythme et puis sur la partie physique j'avais Soren en point de mire, c'était la carotte. C'était chaud jusque dans le final, je savais que ça allait être dur de boucher le trou mais j'ai réussi". En face, Soren Bruyère Joumard prend un shoot d'adrénaline, conscient que la tâche risque d'être ardue face à un professionnel. "Sur la fin, je pensais qu'il était plus rapide que moi au sprint donc j'ai pris plus large pour essayer d'avoir plus de vitesse".
« QUAND ON A UN POINT DE MIRE, C'EST TOUJOURS PLUS FACILE »
Certes l'aîné a eu gain de cause, mais le Junior de Decathlon CMA CGM n'est pas ridicule. "J'étais sur mon rouleau, j'écoutais les commentaires, j'espérais que ça passe mais c'est comme ça, c'est le cyclo-cross. Ça se joue à rien", regrette Justine Baud. "À une demi-roue, lui répond le battu. Mais on va dire que l'objectif est rempli", préfère-t-il sourire. "Soren s'est bien battu, le console Célia Gery. Il n'y a pas de regrets à avoir". Peut-être que tactiquement, la Bourgogne-Franche-Comté s'est bien adaptée au format. "Il faut un finisher, peu importe le sport qu'on fait, il faut toujours un gros relais à la fin parce qu'il y a ce jeu de la carotte. Quand on a un point de mire, c'est toujours plus facile d'aller chercher, on est tous compétiteurs, on a tous cette envie", analyse Fabien Doubey.
Le fait est que la Bourgogne-Franche-Comté a conservé son titre et pris l'avantage sur le comité Auvergne-Rhône-Alpes au palmarès, avec qui elle partage la tête du classement depuis la première édition, en 2022. "On savait qu'on avait quasiment la même équipe que l'année dernière, à peu près la même stratégie. Donc on s'est dit que si tout le monde faisait le job comme on l'avait fait l'année dernière, ça se déroulerait bien. Forcément on était là pour le podium mais on pensait dans un coin de notre tête au titre", se réjouit Zélie Lambert. Fabien Doubey s'est régalé. "Le relais c'est du suspense jusqu'au dernier virage, c'est génial pour les suiveurs du cyclo-cross". Et c'est encore mieux pour les vainqueurs.
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