Luc Fontaine : « Améliorer l'image de marque de la FCWB »

Crédit photo Philippe Pradier / DirectVelo
Un nouveau chapitre s’ouvre à la Fédération Cyclisme Wallonie Bruxelles. Réunis la semaine dernière, les 45 membres actifs dont 44 présents ont désigné leur nouveau président. Luc Fontaine a été élu pour un mandat de quatre ans avec 25 voix, devant Benoit Squelin (13) et Thierry Alken (6). Il succède à Thierry Maréchal, président de la Fédération depuis sa création en 2002.
Âgé de 69 ans, le nouveau président est très impliqué dans la formation des jeunes coureurs de sa région, où il rejoint ensuite le comité directeur de la section hennuyère de la FCWB. En 2001, il fonde le Vélo Club des Hauts Pays, structure par laquelle passeront plusieurs futurs professionnels tels que Romain Zingle, Boris Dron ou encore Jonathan Dufrasne. Régulièrement actif au sein des commissions jeunesse, il intègre le bureau journalier de Belgian Cycling il y a une douzaine d’années, dont il devient le coordinateur route, participant notamment à l’élaboration du calendrier national. Pour DirectVelo, il revient sur cette élection et ses priorités pour les quatre prochaines années.
DirectVelo : Te voilà président. Faut-il désormais t'appeler "Monsieur le président" ?
Luc Fontaine : Non, non, pas du tout. Ce n’est absolument pas pour la gloriole. J’ai simplement estimé qu’avec l’expérience que j’ai, je pouvais apporter quelque chose de supplémentaire. Thierry (Maréchal), que je remercie pour les 24 années passées à la Fédération et investi bénévolement pendant des décennies, avait fait savoir qu'il comptait se retirer en début d'année. Cela fait 30 ans que je suis dans le giron et comme je n'ai plus que cinq ans devant moi à la Fédération, j'estimais qu'il était de mon devoir de poser ma candidature. Après, le choix appartient à la démocratie.
Âgé de 69 ans, le nouveau président est très impliqué dans la formation des jeunes coureurs de sa région, où il rejoint ensuite le comité directeur de la section hennuyère de la FCWB. En 2001, il fonde le Vélo Club des Hauts Pays, structure par laquelle passeront plusieurs futurs professionnels tels que Romain Zingle, Boris Dron ou encore Jonathan Dufrasne. Régulièrement actif au sein des commissions jeunesse, il intègre le bureau journalier de Belgian Cycling il y a une douzaine d’années, dont il devient le coordinateur route, participant notamment à l’élaboration du calendrier national. Pour DirectVelo, il revient sur cette élection et ses priorités pour les quatre prochaines années.
DirectVelo : Te voilà président. Faut-il désormais t'appeler "Monsieur le président" ?
Luc Fontaine : Non, non, pas du tout. Ce n’est absolument pas pour la gloriole. J’ai simplement estimé qu’avec l’expérience que j’ai, je pouvais apporter quelque chose de supplémentaire. Thierry (Maréchal), que je remercie pour les 24 années passées à la Fédération et investi bénévolement pendant des décennies, avait fait savoir qu'il comptait se retirer en début d'année. Cela fait 30 ans que je suis dans le giron et comme je n'ai plus que cinq ans devant moi à la Fédération, j'estimais qu'il était de mon devoir de poser ma candidature. Après, le choix appartient à la démocratie.
Quelle sera ta philosophie en tant que nouveau président ?
Je ne veux pas tout bouleverser. Globalement, ça fonctionne correctement. J’essaierai surtout d’améliorer ce qui ne fonctionne pas. J’ai l’impression que quand on parle de la Fédération, c’est souvent de manière négative, alors qu’on ne met pas assez en valeur ce qui est fait concrètement.
Je ne veux pas tout bouleverser. Globalement, ça fonctionne correctement. J’essaierai surtout d’améliorer ce qui ne fonctionne pas. J’ai l’impression que quand on parle de la Fédération, c’est souvent de manière négative, alors qu’on ne met pas assez en valeur ce qui est fait concrètement.
Tu as des exemples précis ?
Depuis deux ans, grâce à Ludovic Draux, on a réussi à débloquer un budget pour les organisateurs de courses régionales. La licence d’organisation est prise en charge par la Fédération. De plus, une aide forfaitaire de 500 € est accordée pour les ambulances. C’est typiquement le genre de choses que le public ignore totalement. L’aide financière mise en place depuis 2024 (licence + 500 € ambulances, NDLR) commence à porter ses fruits. Les aides financières sont normalement garanties jusqu’en 2029.
Depuis deux ans, grâce à Ludovic Draux, on a réussi à débloquer un budget pour les organisateurs de courses régionales. La licence d’organisation est prise en charge par la Fédération. De plus, une aide forfaitaire de 500 € est accordée pour les ambulances. C’est typiquement le genre de choses que le public ignore totalement. L’aide financière mise en place depuis 2024 (licence + 500 € ambulances, NDLR) commence à porter ses fruits. Les aides financières sont normalement garanties jusqu’en 2029.
De quelles autres initiatives positives peux-tu te féliciter dans la région ?
Je tire mon chapeau aux organisateurs du Challenge Bensberg et du Funcross à Namur. Chaque semaine, 500 à 600 personnes participent à des compétitions de cyclo-cross. Le Funcross attire beaucoup de non-licenciés, parfois avec un simple VTT. En outre, tout ce que fait le Team Wallonie pour permettre aux jeunes de participer à des courses internationales est essentiel.
« JE VEUX DES GENS DE TERRAIN DANS TOUTES LES DISCIPLINES »
Il y a aussi la piste !
À la Fédération, on dispose d’une quarantaine de vélos de piste mis à disposition. Chaque week-end de meeting, un staff avec un mécano est présent. Sur piste, le réglage est crucial : tension de chaîne, pression des pneus, braquets selon les épreuves. Les néerlandophones ne proposent pas ce type d’encadrement. Résultat : beaucoup de coureurs néerlandophones viennent chez nous pour faire adapter leur vélo. Je fais passer les francophones en priorité, mais ensuite on aide tout le monde. Le week-end dernier, sur les Championnats de Belgique, Aaron Coupé a été sacré en U17 sur le scratch. Mia Julin est triple médaillée (scratch, élimination, sprint). Mon petit-fils Noa accumule également les bons résultats. On n’a pas la quantité, mais on a clairement de la qualité.
Je tire mon chapeau aux organisateurs du Challenge Bensberg et du Funcross à Namur. Chaque semaine, 500 à 600 personnes participent à des compétitions de cyclo-cross. Le Funcross attire beaucoup de non-licenciés, parfois avec un simple VTT. En outre, tout ce que fait le Team Wallonie pour permettre aux jeunes de participer à des courses internationales est essentiel.
« JE VEUX DES GENS DE TERRAIN DANS TOUTES LES DISCIPLINES »
Il y a aussi la piste !
À la Fédération, on dispose d’une quarantaine de vélos de piste mis à disposition. Chaque week-end de meeting, un staff avec un mécano est présent. Sur piste, le réglage est crucial : tension de chaîne, pression des pneus, braquets selon les épreuves. Les néerlandophones ne proposent pas ce type d’encadrement. Résultat : beaucoup de coureurs néerlandophones viennent chez nous pour faire adapter leur vélo. Je fais passer les francophones en priorité, mais ensuite on aide tout le monde. Le week-end dernier, sur les Championnats de Belgique, Aaron Coupé a été sacré en U17 sur le scratch. Mia Julin est triple médaillée (scratch, élimination, sprint). Mon petit-fils Noa accumule également les bons résultats. On n’a pas la quantité, mais on a clairement de la qualité.
Des résultats peu visibles...
Le grand public ne voit pas grand-chose. Il y a une vraie problématique avec le site internet et les réseaux sociaux. Il y a beaucoup de choses à revoir pour donner une meilleure image de marque. Je pense qu’on peut faire beaucoup mieux. Il faut produire du contenu et faire vivre les réseaux sociaux.
Cela fait donc partie de tes priorités pour les quatre prochaines années ?
En effet et s'ajoute à cela l’informatique. Il faut un système IT performant, compatible avec Cycling Vlaanderen et Belgium Cycling pour alléger le travail. Ensuite, il y a le marketing. Pas pour accumuler de l’argent, mais pour investir dans le développement des disciplines. Enfin, il y a le “vélo pour tous”, avec une logique de collaboration plutôt que de concurrence. On ne peut pas tout faire en un an. Sur une mandature, je veux que chaque discipline y trouve son compte. Pour se faire, je veux des gens de terrain dans toutes les disciplines. Une personne seule ne fait rien. Une équipe soudée peut faire beaucoup, même si les miracles n’existent pas. Je ne raisonne pas en esprit de clocher. Une personne compétente, qu’elle vienne de Welkenraedt, Virton ou Mouscron, peu importe. Trouver des bénévoles compétents est déjà extrêmement difficile.
« L'INVESTISSEMENT DE CHRISTOPHE DETILLOUX, LA MEILLEURE NOUVELLE DE 2025 »
Et Bruxelles dans tout ça ?
Bruxelles a un potentiel énorme, largement sous-exploité jusqu’à présent. La base de la pyramide doit être large, et elle viendra surtout du loisir. Dans le Hainaut, par exemple, depuis la création du club de Quaregnon par Grégory Seyfart et son épouse, le modèle a été reproduit à Antoing, puis récemment à La Louvière. Les enfants sont plus en sécurité sur une piste que sur la route. Ensuite, ils choisissent leur discipline. L’important, c’est de les amener au vélo, quelle que soit la discipline.
Le grand public ne voit pas grand-chose. Il y a une vraie problématique avec le site internet et les réseaux sociaux. Il y a beaucoup de choses à revoir pour donner une meilleure image de marque. Je pense qu’on peut faire beaucoup mieux. Il faut produire du contenu et faire vivre les réseaux sociaux.
Cela fait donc partie de tes priorités pour les quatre prochaines années ?
En effet et s'ajoute à cela l’informatique. Il faut un système IT performant, compatible avec Cycling Vlaanderen et Belgium Cycling pour alléger le travail. Ensuite, il y a le marketing. Pas pour accumuler de l’argent, mais pour investir dans le développement des disciplines. Enfin, il y a le “vélo pour tous”, avec une logique de collaboration plutôt que de concurrence. On ne peut pas tout faire en un an. Sur une mandature, je veux que chaque discipline y trouve son compte. Pour se faire, je veux des gens de terrain dans toutes les disciplines. Une personne seule ne fait rien. Une équipe soudée peut faire beaucoup, même si les miracles n’existent pas. Je ne raisonne pas en esprit de clocher. Une personne compétente, qu’elle vienne de Welkenraedt, Virton ou Mouscron, peu importe. Trouver des bénévoles compétents est déjà extrêmement difficile.
« L'INVESTISSEMENT DE CHRISTOPHE DETILLOUX, LA MEILLEURE NOUVELLE DE 2025 »
Et Bruxelles dans tout ça ?
Bruxelles a un potentiel énorme, largement sous-exploité jusqu’à présent. La base de la pyramide doit être large, et elle viendra surtout du loisir. Dans le Hainaut, par exemple, depuis la création du club de Quaregnon par Grégory Seyfart et son épouse, le modèle a été reproduit à Antoing, puis récemment à La Louvière. Les enfants sont plus en sécurité sur une piste que sur la route. Ensuite, ils choisissent leur discipline. L’important, c’est de les amener au vélo, quelle que soit la discipline.
Le lien avec les clubs va-t-il être renforcé ?
C’est déjà le cas. Des réunions existent entre clubs et Team Wallonie pour coordonner les calendriers, notamment chez les U19 et U17, afin d’éviter la concurrence et favoriser la progression sur des courses de niveau international.
C’est déjà le cas. Des réunions existent entre clubs et Team Wallonie pour coordonner les calendriers, notamment chez les U19 et U17, afin d’éviter la concurrence et favoriser la progression sur des courses de niveau international.
Quid du manque de coureurs wallons au plus haut niveau ?
La situation est très compliquée. Les espoirs de 20–21 ans souffrent énormément. Entre la disparition d’équipes, les fusions et les coureurs plus âgés sur le marché, ils ont peu d’opportunités. On se concentre trop sur l’élite mondiale, comme en Formule 1 ou en Champions League, et pas assez sur la base de la pyramide. L’investissement de Christophe Dutilloux dans une équipe de développement exclusivement francophone est, pour moi, la meilleure nouvelle de 2025. Sans ce projet, ce serait une catastrophe pour les jeunes francophones.
La situation est très compliquée. Les espoirs de 20–21 ans souffrent énormément. Entre la disparition d’équipes, les fusions et les coureurs plus âgés sur le marché, ils ont peu d’opportunités. On se concentre trop sur l’élite mondiale, comme en Formule 1 ou en Champions League, et pas assez sur la base de la pyramide. L’investissement de Christophe Dutilloux dans une équipe de développement exclusivement francophone est, pour moi, la meilleure nouvelle de 2025. Sans ce projet, ce serait une catastrophe pour les jeunes francophones.
