Paul Seixas : « On est dans le timing »

Crédit photo Xavier Pereyron - DirectVelo
Ce jeudi, la formation Decathlon CMA CGM a présenté ses effectifs, du côté de Lille. L'occasion de retrouver le très convoité Paul Seixas, qui profite de son hiver avant de reprendre les choses sérieuses. En 2026 encore, la coqueluche du public français sera très attendue sur le bord des routes... et lorsque celles-ci s'élèveront. Mais c'est au Portugal que Paul Seixas fera sa rentrée, avant de passer par l'Ardèche et basculer sur les courses WorldTour... tout en laissant le doute planer sur une éventuelle participation au Tour de France. À l'occasion de cette journée de présentation, DirectVelo s'est entretenu avec Paul Seixas sur son hiver et cette nouvelle année qui approche.
DirectVelo : L'approche est-elle la même que la saison dernière ?
Paul Seixas : Exactement, excepté que cette année, je veux vraiment gagner dès le début de saison, je ne me mettrai pas de barrière. On voit que notre équipe devient de plus en plus forte, de plus en plus puissante et qu'on a de très beaux projets. Avec l'arrivée de CMA-CGM, ça va être vraiment une nouvelle ère. Avec Decathlon, on a deux immenses partenaires et de nouveaux projets, de belles ambitions et ça donne plus confiance et l'envie d'aller encore plus gagner. Au niveau de l'entrainement, je pense que je vais être assez proche de ce que j'ai fait l'an dernier. On va peut-être augmenter un peu les volumes. J'ai encore une petite marge, je pense.
Pour l'instant, tu mets le Tour de côté ?
Je mets vraiment ça de côté, oui. La décision se prendra au moment où on réfléchira à ça, donc ça veut dire quand j'aurai fait quelques courses et que j'aurai déjà bien pu me poser avec l'équipe. Ce sera toujours compliqué de faire le choix, on verra avec l'équipe. C'est plus en fonction de comment on s'accorde. Le fait que Felix (Gall) fasse le Giro et la Vuelta laisse une ouverture, mais ça dépendra aussi de mon niveau. Ce n'est pas forcément en fonction des coureurs qui sont alignés dans l'équipe.
Tu vas faire le Tour d'Algarve avec un chrono, en guise de reprise. C'est pour te tester sur un classement général et gagner d'entrée ?
Exactement, l'Algarve, c'est une course qui me convient très bien pour commencer. Je sortirai d'un stage en altitude, donc l'objectif est vraiment de performer et puis on verra à ce moment-là quel sera mon état de forme, et on modulera les objectifs en fonction de ça.
« J'AI VRAIMENT COUPÉ COMPLÈTEMENT »
Comment s'est passé ton hiver ?
Ça se passe très bien. J'ai fait quatre semaines de coupure. Là, j'ai repris il y a à peu près un mois. Tout se passe bien. Je n'ai pas eu de problèmes, pas de blessures, pas d'entraînement raté, c'est le plus important. Tout est dans l'ordre, on est dans le timing, donc il n'y a pas de soucis pour l'instant. Au bout d'un mois d'entraînement, on ne peut pas monter les charges parce qu'on avance progressivement vers la charge que je vais avoir en saison. Pour l'instant, ce n'est qu'un échauffement.
On t'a vu sur des cross faire le mécano avec ton frère, les gens venaient beaucoup te voir, tu as bien pu couper malgré tout ?
J'ai fait quatre semaines où j'étais tranquille. J'ai passé de bonnes vacances. J'ai vraiment coupé complètement. Après, je vais faire des petits trucs comme ça avec mon frère quand mes parents ne sont pas là. C'est sympa et ça change un peu.
Tu as déménagé à Nice ?
C'est ça, pour les conditions. C'est super pour rouler. J'adore la région. C'est un plaisir de pouvoir passer l'hiver là-bas. Dans la tête, quand tu es en hiver, en décembre, que tu as 3-4 degrés chez toi, c'est compliqué. Il y a le brouillard, on ne voit pas le soleil. Là à Nice, on a le soleil, on a 15 degrés. Franchement, quand on veut mettre tout en place pour réussir, c'est quand même important d'avoir les bonnes conditions d'entraînement.
« AVOIR TOUS LES OBJECTIFS EN TÊTE »
Il y a un groupe autour de toi cette année ?
Il y a une cellule grimpeur, bien sûr, mais il n'y a pas tout autour de moi. C'est normal, je ne suis pas encore le grand leader de l'équipe, mais j'en fais partie. Je pense qu'on aura plusieurs gars sur qui compter en haute montagne. C'est bien qu'il y ait ce groupe-là. On verra en fonction de la saison et des courses.
Faire partie des trois meilleures équipes et un jour gagner le Tour a été évoqué comme objectif, tu penses que le projet peut prendre cette dimension ?
Je ne peux pas dire qu'on va y arriver aujourd'hui. En tout cas, on a cette ambition et pour l'instant, le projet est en bonne voie. Petit à petit, on augmente les objectifs. C'est ça le plus important. On verra comment le chemin se passe. Dans la vie, ce n'est jamais tout le temps parfait. Il faut essayer de s'en tenir à ce qu'on a prévu au maximum. Il y aura forcément des aléas, mais le plus important, c'est d'avoir tous les objectifs en tête.
Est-ce que c'est une pression qui te va ?
Moi, ça ne me dérange pas personnellement. Je ne me concentre pas là-dessus. Tant que je me fais plaisir sur le vélo et qu'il n'y a pas de raison que ça ne marche pas, après, il peut y avoir des hauts et des bas. Mais tant que ça ne me dérange pas trop qu'il y ait du monde autour de moi, je supporte bien la pression.
Ce serait quoi une saison réussie pour toi ?
Honnêtement, je ne sais pas, ça dépendra de ma progression par rapport à l'année dernière. Mais c'est surtout de ne pas faire d'erreurs, de ne pas chuter, de ne pas me blesser et ensuite de lever les bras. Forcément, je l'aborde avec de l'ambition et encore plus l'envie de gagner. Et après, ça dépendra des courses auxquelles je prendrai part dans la saison. J'ai déjà de très beaux objectifs, de très belles courses auxquelles je vais prendre part et j'espère faire de très bons résultats.
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