La Réunion : « Un point d'honneur à ramener le titre »

Crédit photo DirectVelo

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Au départ du tournoi de vitesse par équipes Minimes-Cadettes et Juniors, deux comités alignaient deux formations. Les locales bretonnes mais aussi La Réunion. Les filles de l'Océan Indien sont même montées sur la plus haute marche du podium pour endosser le maillot bleu-blanc-rouge. Ces médailles d'or ont été complétées par les titres de Nicolas Laugier, les médailles de Léa Grondin et celle de Lola Luna Galent. Didier Henriette, revenu à La Réunion, parle à DirectVelo des performances de ses coureurs.


DirectVelo : Que représente un titre collectif chez les filles ? 
Didier Henriette : Il représente notre gros travail. J'ai mis l'accent sur la vitesse par équipe pour La Réunion. Ça fait des années qu'on tourne autour chez les garçons (4e cette année, NDLR). Chez les filles, on avait présenté une équipe qui était très jeune avec seulement des U15. Cette année, on a vraiment mis un point d'honneur à travailler et ramener le titre. On a des jeunes qui ont du potentiel. Dans la deuxième équipe (la Championne de France), on a une U15, une U17 et une U19. L'année dernière, on ne pouvait pas compter sur Léa Grondin qui était blessée. Je prépare cette jeune génération-là à leur montrer ce que c'est un championnat de France. L'année prochaine, on compte garder notre titre aussi. 

« ON A MIS EN PLACE DES SAMEDIS DE LA PISTE » 

Vous avez un vélodrome en plein air, comment prépares-tu tes coureurs ?
Le vélodrome, c'est vrai qu'il est abîmé. On ne va pas se le cacher. Par contre, ça reste quand même un très bon outil de travail. On a vu Nicolas (Laugier), il était à Bourges. Il a quitté le pôle ultramarin pour rentrer à La Réunion. Il est revenu à Loudéac en avril sur la Coupe de France. Il a battu son record personnel. Donc, ça reste quand même un bon outil de travail. Maintenant, c'est à nous, à La Réunion, de faire le maximum pour la rénover, peut-être pas non plus pour avoir un jour un Championnat de France.

Quelle est la place de la piste dans la pratique cycliste sur l'île ? 
Comme dans beaucoup de comités, on a très peu de compétitions. De mémoire, avec les championnats, on a dû avoir trois compétitions au total. Donc, ça a été très difficile de motiver les jeunes aussi à venir. Avec le comité, on a mis en place des samedis de la piste. J'étais sur place avec Camille Laugier (médaillée de bronze du Championnat de France Juniors Femmes de vitesse en 2019, NDLR) pour toutes les catégories et pas seulement ceux qui allaient aux Championnats de France. Ça avait du mal à prendre jusqu'au moment où on avait quand même presque une vingtaine de jeunes qui venaient s'entraîner. Jeunes et moins jeunes. On a eu raison d'insister. Ça fait quelques années que c'est quand même dur de relancer la piste. Il y avait Sébastien (Henriette) qui était déjà à La Réunion qui avait bien relancé la piste. Mais il y a toujours des petits moments de flottement. Je suis revenu au moment où Sébastien est parti. J'ai voulu garder cette dynamique-là. J'espère que nos résultats vont motiver d'autres jeunes à venir sur la piste. 

« L’ANNÉE PROCHAINE, NICOLAS LAUGIER SERA ENCORE À LA RÉUNION »

Le déplacement pour venir dans l'hexagone, est que ça représente un coût important pour le comité ? 
C'est beaucoup d'argent pour le comité et beaucoup d'argent aussi pour les familles parce qu'elles ont participé. C'est pour ça que les résultats, ça fait toujours du bien parce que ça concrétise quand même quelque chose. Même s'il y a aussi des jeunes qui apprennent pour l'avenir. C'est beaucoup d'investissements financiers. Le comité a acheté du matériel cette année.

Pour un coureur comme Nicolas Laugier, est-ce que c'est possible de rester une bonne partie de la saison chez lui ? 
Il était encore junior. C'est encore jouable. L'année prochaine, il sera Espoir 1. Il sera encore à La Réunion. Je vais continuer à l'entraîner et essayer d'avoir plus de créneaux sur la piste. C'est pour ça aussi que j'ai à cœur de créer le projet d'un pôle Espoir aussi à La Réunion. Pendant le Championnat de France, j'ai eu un rendez-vous avec le DTN adjoint pour essayer d'obtenir toutes les ressources possibles et chercher le financement pour que ce soit viable dans le temps. Ce pôle doit permettre aux jeunes de s'entraîner, d'avoir le volume d'entraînement nécessaire pour continuer à progresser. Mais pour revenir à Nicolas, il faut qu'il aille dans une structure dans l'Hexagone dans un futur assez proche pour performer, parce qu'à La Réunion, il y a très peu de compétitions. Il sera largement plus fort que les autres sur la piste. Il faut qu'il retrouve cette confrontation dans l'Hexagone et à l'international pour pouvoir performer au plus haut niveau.

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