CC Langres : « L'effort du travail mérite un statut UCI »

Crédit photo Nicolas Berriegts - DirectVelo

Crédit photo Nicolas Berriegts - DirectVelo

Le décor a de quoi rivaliser avec de nombreuses courses mythiques du calendrier international. Au pied des remparts et de la ville fortifiée de Langres, avec un grand pont qui surplombe tout le parcours, et accessoirement le lac de la Liez en contrebas, pour le plus grand bonheur du public qui s'y amasse, et surtout un dénivelé à en effrayer plus d'un... Le cyclo-cross de Langres a tout pour faire rêver de nombreux passionnés. Et la nuit tombante à la fin de la cérémonie protocolaire, sous le regard illuminé de la ville fortifiée ne gâche rien au tableau. L'organisation de l'épreuve C2 dans la ville de Denis Diderot, père de l'Encyclopédie, a donné une nouvelle tournure à son histoire. Menée par Christophe Sirdey, il n'y avait que des raisons d'avoir le sourire au moment de plier bagage, avant peut-être, d'écrire un autre chapitre pour le cyclo-cross de Langres, comme il l'explique à DirectVelo.


DirectVelo : Comment s'est passée cette première en UCI ?
Christophe Sirdey : Ça s'est super bien passé, c'était une très belle journée. La météo s'y prêtait plus ou moins, mais on va dire que ça reste un cyclo-cross. J'avais mis la barre assez haut, je suis content du résultat. Après, en coureurs Elites, on n'a pas forcément le nombre. Je voulais viser le Top 60 par exemple, mais c'est comme ça. Il y a des gens qui n'ont pas pu venir à cause des blessures. Certains ont signé d'autres contrats ailleurs, plus élevés. Mais en tant qu'organisateur, on veut toujours mettre la barre de plus en plus haut. Donc mon objectif, c'est de passer sur le C1. Ça demande encore beaucoup plus de travail. En sachant que le but, c'est de faire venir des étrangers sur la ville de Langres. Je vends une image, une carte postale sur la ville pour le département. On va dire merci au public, aux bénévoles, aux élus, aux sponsors et j'en passe.

Qu'est-ce qui a motivé à passer en UCI cette année ?
C'est le travail. Un travail comme ça sur un régional... On est à l'heure actuelle au niveau d'un Championnat de France, voire d'un tracé d'une Coupe du Monde. Donc le travail est le même. Financièrement, on n'est plus dans la même cour. Mais l'effort du travail mérite un statut UCI. C'était mon objectif. Et là au moins on a la récompense, avec une classification UCI. Et puis faire venir les meilleurs Français, en sachant qu'il n'y a plus beaucoup de cyclo-cross en UCI chez nous. Mon but est aussi de garder le cyclo-cross en France. Ça évite que ces coureurs aillent chercher des points à l'étranger. Le but est qu'ils viennent les chercher en France.

« ON POURRAIT LE PASSER EN C1, MAIS APRÈS, ON N'A PAS LES STRUCTURES POUR LE PASSER AU-DELÀ »

Quels ont été les retours sur le parcours ?
On a un livre d'or. C'est à moi de le consulter dans les jours qui suivent, après le démontage. Pour moi, le but, c'est d'avancer sur le négatif. Le but, c'est que les coureurs mettent un petit message dans le livre. En sachant que chaque coureur a son petit message et son avis sur le parcours. À l'heure actuelle on est sur du positif. On est un cyclo-cross qui est exigeant, qui est très dur. Il ne fait pas partie des plus faciles, on le sait. On a un dénivelé, donc obligatoirement il se paie sur une heure d'effort.

Maintenant que vous goûtez au niveau UCI, y a-t-il des ambitions encore supérieures ?
Je suis très content de monter parce que c'est un gros travail derrière. On est capable de rivaliser avec d'autres pays, bien sûr. Mais moi j'ai une limite. On pourrait le passer encore en C1, mais après on n'a pas les structures pour le passer au-delà. Par rapport au parcours et aux parkings, on peut se retrouver limité. On n'a pas la structure pour plus. En Coupe de France on a 160 coureurs sur un site, ce n'est pas possible. UCI, on est capable, ça attire beaucoup moins de monde, ça fait moins de coureurs sur la ligne de départ, on est sur 60 coureurs en C1 ou C2. En plus, je ne vois pas l'intérêt de mettre 160 coureurs sur un circuit comme ça. Même pour les coureurs, ils vont prendre 80% au bout de trois tours, je ne vois pas l'intérêt. Ce n'est pas mon objectif. Le but est qu'ils fassent quelques tours, en sachant qu'ils ont quand même des frais de déplacement. Ça demande un sacrifice pour les coureurs. Alors si c'est pour qu'ils viennent d'Allemagne, pour faire trois tours, je ne vois pas l'intérêt.

Le projet de C1 est dans la tête dès l'année prochaine ?
Je ne sais pas. Pour moi c'est le plus tôt possible. Après, en tant qu'organisateur, on veut forcément toujours grimper un petit peu, mais il faut rester aussi un petit peu les pieds sur terre. On ne peut pas se permettre des fois de se prendre pour ce qu'on n'est pas.

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