Arnaud Démare aura tant appris

Crédit photo Marie Van Ing / LNC

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Lui qui a si souvent bataillé dans les sprints massifs a franchi la dernière ligne d'arrivée de sa carrière  accompagné uniquement d'un coéquipier, Pierre Thierry. Arnaud Démare a levé simplement les bras au moment de terminer son dernier Paris-Tours quelques longueurs derrière un groupe qu'il accompagnait jusqu'à la ligne droite finale.


« L’IDÉE ÉTAIT DE CLÔTURER ICI »

Le double vainqueur de Paris-Tours, 2021 et 2022, tenait à épingler son dernier dossard sur cette classique. "C’est une course que j’aime bien, où j’ai performé et que j’ai su apprivoiser pour la gagner deux fois, déclare-t-il à DirectVelo. L’idée était de clôturer ici. J’étais tombé malade au Grand Prix de Fourmies. Depuis, j’avais du mal à revenir en forme".

Le premier vainqueur du Challenge DirectVelo, il y a 14 ans, l'année de son titre mondial chez les Espoirs, n'a pas attendu le dernier moment pour décider de la fin de sa carrière. "Il y a un moment que j’y réfléchis maintenant. Le fait de l’acter rend la chose irréversible. Ça a mûri. Déjà, au Tour de France, je me disais que c’était mon dernier Tour. Quand j’étais sur les Champs, je me suis dit que c’était la dernière fois. Même sur Paris-Roubaix, je me disais que c’était mon dernier Roubaix", rappelle le Picard de 34 ans.

« J'AI APPRIS LE MOT SACRIFICE GRÂCE À MES ÉQUIPIERS »

Parmi ses titres de gloire, le maillot de Champion de France, le maillot cyclamen du Giro et son Milan-San Remo. Mais l'ancien coureur de la FDJ retient surtout "beaucoup d’émotions, forcément, avec toutes ces victoires. J’ai appris le mot « sacrifice » grâce à mes équipiers, qui sont dévoués à 100 %. J’ai eu énormément de victoires grâce à eux. J’ai appris le mot « douleur », sa vraie définition et ce qu’il représente. J’ai appris ce que c’était que la persévérance, l’abnégation. De très beaux moments, de belles émotions que seul le sport peut offrir". Arnaud Démare est donc bien conscient qu'après cette carrière, il aura du mal "à retrouver ces émotions dans une vie plus classique". 

Sa reconversion n'est pas encore bien définie car jusqu'au bout, il est resté concerné par son métier. "Ce n’est pas évident de se projeter sur la suite quand on est vraiment concentré à 100 % sur une carrière. Ça se fera dans les mois à venir. Je me laisse ouvert à plein d’opportunités". Mais il n'est pas seul, "j’ai pris la décision de me projeter dans ma vie de famille pour profiter de la suite". Pour l'accueillir pour les premiers mètres de sa nouvelle vie, ses proches étaient présents à l'arrivée sous un beau soleil, "une belle journée d’automne".

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