Léo Bisiaux : « Une belle saison pour construire l'avenir »

Crédit photo Nicolas Gachet / DirectVelo
Ce samedi 11 octobre en fin d'après-midi, Léo Bisiaux terminera sa première saison dans la WorldTeam de Decathlon AG2R La Mondiale. L'Auvergnat de 20 ans, qui va découvrir le Tour de Lombardie, n'est pas habitué à courir si tard, lui qui optait généralement pour des fins de saisons écourtées en vue du cyclo-cross. “C'est vrai que ça me fait bizarre. Il y a un an, j'étais en train de faire un cross à ce moment-là. J'avais déjà coupé depuis un moment. Faire cette saison assez longue va me permettre de passer un cap pour 2026. J'ai vraiment hâte d'être à l'année prochaine”, confie-t-il. À la veille du Tour de Lombardie, à l'hôtel d'Albavilla près de Côme où Decathlon AG2R La Mondiale avait pris ses quartiers, DirectVelo s'est entretenu avec le vainqueur d'une étape du Tour de Burgos pour revenir sur son exercice 2025 et déjà parler des prochains mois.
DirectVelo : Te voilà au départ de ta première grande Classique, avec le Tour de Lombardie...
Léo Bisiaux : C'est mon premier monument, et c'est l'un des rares où les grimpeurs peuvent gagner. C'est une très belle course qui, dans l'avenir, peut me correspondre, ça va être une belle découverte pour moi. Je n'ai jamais couru 250 kilomètres, donc ça va être beaucoup de nouveautés et j'ai hâte de découvrir ça. J'ai bien récupéré de la Vuelta. Je n'ai pas été très chanceux sur les dernières courses italiennes, mais je suis prêt pour demain (samedi). On va essayer d’obtenir le meilleur résultat possible.
Que peux-tu espérer ce samedi ?
C'est dur à dire, le but va surtout être de découvrir et d'épauler aussi Paul (Seixas) au maximum. C'est assez limpide, on sait à peu près comment la course va se dérouler, il y a le sommet du Passo di Ganda qui est à 30 km de l'arrivée, et ensuite ce sera petit groupe par petit groupe jusqu'à l'arrivée.
« QUELQUES ERREURS JUSTE AVANT LA VUELTA »
Tu as disputé ton premier Grand Tour lors de la dernière Vuelta, qu'en as-tu retenu ?
Ça a été une belle découverte d'être notamment avec Felix (Gall) qui jouait un gros classement général. On a longtemps bataillé pour le podium. Personnellement, je suis arrivé malade sur cette Vuelta. J'ai de nouveau attrapé un virus pendant la première semaine. La préparation avait été bonne mais il y a eu quelques erreurs juste avant la Vuelta. Ce fut une bonne expérience.
Quelles erreurs ont été commises ?
Tous les feux étaient au vert à Burgos et à Saint-Séb aussi. Mais il y a peut-être eu quelques erreurs qui ont été faites de mon côté. J'ai peut-être fait un petit peu trop de charge juste avant d'aborder cette Vuelta. Mais je vais apprendre de cette expérience pour l'année prochaine.
Il était important de la finir ?
À un moment donné, le but était de vraiment passer les étapes, sans réel objectif. J'étais lâché assez loin de l'arrivée. Lors de la première journée de repos, on s'est dit que si le lendemain ça n'allait pas mieux, on arrêterait car ça ne servait à rien d'aller droit dans le mur. Mais au fur et à mesure ça allait un petit peu mieux, du coup on a continué. Sur la fin, c'était un peu mieux, même si ce n'était pas forcément la forme qu'on espérait, ça m'a fait du bien de faire un premier Grand Tour. J'ai vu ce que c'était, je suis content d'avoir pu le disputer.
« LA REPRISE DU CYCLO-CROSS VA ÊTRE ASSEZ TARDIVE »
Comment tu juges ta saison de manière générale ?
J'ai eu des petits problèmes de santé pendant cette saison qui m'ont quand même bien ralenti. Ça a été le cas au Tour de Romandie et à la Vuelta. Après l'objectif n°1 de la saison, c'était de gagner à Burgos et j'ai pu le faire. Au niveau WorldTour, c'était possible de jouer un petit peu à Saint-Seb. À Burgos, ce n'était pas WorldTour, mais il y avait un plateau assez conséquent, et j'ai aussi pu jouer, donc je pense que ça a été une belle saison pour construire l'avenir. On va encore bien travailler cet hiver, et la saison prochaine sera différente.
Comme tu l'as dit, tu as été malade au Tour de Romandie et au début de la Vuelta... Est-ce que ça t'inquiète ?
On va vraiment essayer de se concentrer pour trouver les problèmes qui ont été les miens sur ces deux épisodes de maladie, et ça devrait se régler. Il y a sûrement un problème de bactéries dans le ventre, dans le système digestif, on ne sait pas exactement. J'ai déjà fait quelques examens avant de venir en Italie. Je vais refaire des examens juste après le Lombardie, et on va vite trouver les causes. Je n'ai pas trop de doutes, j'ai confiance dans le service médical de l'équipe.
Vas-tu disputer des cyclo-cross cet hiver ?
Il y a eu une longue hésitation et beaucoup de discussions. On a essayé de trouver le meilleur compromis, et je pense qu'on est arrivé à quelque chose de plutôt bien. La reprise du cyclo-cross va être assez tardive, vers la mi-décembre, et l'idée est de pouvoir aller jusqu'au Championnat du Monde U23.
Il était important pour toi de faire une partie de la saison ?
J'ai essayé de voir ce qui pouvait être le mieux pour moi. J'affectionne vraiment la discipline, je suis toujours Espoir, je peux encore me permettre de jouer devant sur les manches de Coupe du Monde et les Championnats. Je suis excité à l'idée de faire une nouvelle saison de cyclo-cross, ça pourrait aussi coller avec mon programme sur route, donc pourquoi s'en priver ? Ce sera différent de l'an dernier, parce que la reprise sera encore plus tardive, donc j'aurai plus le temps pour préparer la prochaine saison sur route.
« PAS UN PROBLÈME QU'ON NOUS COMPARE »
En ce moment, tout le monde ne parle que de Paul Seixas... Comment le vis-tu alors que vous avez souvent été comparés dans les jeunes catégories ?
Ce qu'il fait en sortant à peine des Juniors est assez fou. C'est top d'avoir un coureur comme ça, ça tire tout le monde vers le haut. C'est quelqu'un que j'apprécie. Je cours effectivement avec lui depuis les catégories jeunes, en Auvergne-Rhône-Alpes. Je le connais bien, c'est un super coureur. Ce n'est pas un problème qu'on nous compare. On a un peu le même profil de coureur, on est deux Français... Il y a aussi toujours eu des comparaisons, entre Lenny (Martinez) et Romain (Grégoire) ou entre (Romain) Bardet et (Thibaut) Pinot. Le plus important, c'est qu'un Français arrive à gagner un Grand Tour, ou déjà une course par étapes du WorldTour. Peu importe, si c'est Paul, moi, Romain, Lenny, Kévin Vauquelin... C'est une bonne chose si plusieurs Français marchent. C’est mieux qu’un Français gagne plutôt qu’un Slovène (sourires).
Mais à la longue, ça ne pourrait pas être pesant ?
Chacun a sa progression. De mon côté, j'ai envie de continuer à progresser au rythme qui est le mien. On a tous différents objectifs. Le cyclo-cross m'anime toujours. J'ai pu gagner chez les pros dès cette année, je suis content de ma saison. Bien sûr, on en veut toujours plus. C'est à moi de continuer de progresser cet hiver et d'arriver à un très bon niveau l'année prochaine.
Quelles seront tes attentes la saison prochaine ?
L'idée, ça va être de vraiment progresser en vue d'essayer d'être performant pour le classement général des courses par étapes. Il n'y a pas d'axe prioritaire à bosser, je pense que c'est un petit peu tout à travailler. Je vais m'appuyer sur cette première saison WorldTour. Il y a beaucoup de coureurs qui excellent sur les courses difficiles, donc ce n'est pas facile, mais c'est là que j'ai envie d'essayer de progresser. C'est pour ça que c'est bien d'avoir pu faire une bonne partie de la saison avec Felix (Gall). Il est l'un des meilleurs coureurs de classement général. Il va falloir continuer d'apprendre sur les courses d'une semaine WorldTour et tenter de nouveau ma chance sur un Grand Tour l'année prochaine.
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