Paul Brousse : « Une belle réaction d'orgueil »

Crédit photo Philippe Pradier / DirectVelo

Crédit photo Philippe Pradier / DirectVelo

L’équipe de France Élites Femmes a terminé le Championnat d'Europe sans regret. Leader désignée, Juliette Labous a fini aux portes du Top 5, après avoir été lâchée par les toutes meilleures dans la montée de Saint-Romain-de-Lerps à 40 kilomètres de l’arrivée. Une semaine après un Championnat du Monde compliqué pour les tricolores, les Françaises “ont su redresser la barre”, a apprécié Paul Brousse. Pour DirectVelo, le sélectionneur national est revenu sur le Championnat d’Europe et les quinze derniers jours.


DirectVelo : Quel bilan fais-tu de ce Championnat d’Europe ?

Paul Brousse : C’est sûr que quand on prend le départ d'un Championnat, on pense toujours au titre ou au podium bien évidemment, surtout chez nous. Après, vu la manière dont la course s’est disputée, je pense que tout le monde est à sa place. Et à partir de là, on ne peut pas avoir de regrets, il n'y a pas eu d'erreur.

« FIER DES FILLES »

Juliette Labous était clairement la carte n°1…
L'idée, c'était de courir vraiment autour de Juliette, de la protéger un maximum. On se doutait que ça allait rouler vite dans la bosse de Saint-Romain-de-Lerps, avec une équipe des Pays-Bas aussi revancharde par rapport à la semaine passée où toutes les favorites s'étaient enterrées. On voulait une vraie explication entre leaders, c'est ce qui s'est passé. Juliette est à sa place. Comme d'habitude, elle donne le maximum.

Juliette Labous est un peu la valeur sûre…
Juliette, c'est la force tranquille, la rigueur, la fiabilité et le sérieux. C’est le cas depuis ses débuts. Il n'y a jamais de bas. Elle donne toujours le meilleur d'elle-même. Ce qu'elle apporte, c'est de la sérénité dans le groupe. Parce qu'on sait qu’elle répond présent. Je suis fier des filles. Cédrine s'est battue jusqu'au bout, avec une 9e place. Elle est rentrée à un moment donné, elle a redonné un coup de main à Juliette. On sentait qu'il y avait de l'envie de courir ensemble et de faire le meilleur résultat possible pour l'équipe de France, c'est ce qui s'est passé.

« ON A SU REBONDIR »

Est-ce que c’est une revanche par rapport à Kigali ?
J'assume que mon choix la semaine passée, c'était de courir à fond pour Pauline Ferrand-Prévot. Elle avait donné quand même des garanties nécessaires depuis le début de saison et les jours auparavant. Et puis le jour J, ça s'est mis un petit peu à l'envers, avec un gros marquage entre les leaders. On n'a pas su réagir nous aussi à un moment donné comme il aurait fallu. Mais on a su rebondir. Il y avait de l'envie avant ce Championnat d’Europe. Quand on a fait le briefing, tout le monde était super motivé pour donner le meilleur pour Juliette.

Quel bilan fais-tu de ces quinze jours ?
Sur les chronos, je suis très content mais il y a toujours un petit peu cette amertume du Championnat du Monde de relais mixte. Il y avait eu 7 secondes il y a deux ans, 5 cette année… Ça reste quand même dans le coin de ma tête. Par contre, il faut retenir ce qui s'est passé jeudi, avec une équipe super forte et revancharde. Il y avait les Suisses au départ, ce qui n’était pas prévu initialement, mais tout le monde voulait quand même aller chercher le maillot étoilé. C’est ce que j’ai aimé. Concernant les courses en ligne, on a sans doute trop voulu en garder comme beaucoup d’équipes, comme c’était une course longue. Sauf qu'à un moment donné, sur un Championnat, il faut aussi aller chercher de l'agressivité et se découvrir. Et ça, on l'a fait trop tard. Il y avait de la frustration. Et aujourd'hui, au contraire, je trouve une belle réaction d'orgueil de tout le monde. On ne pouvait pas espérer beaucoup mieux, parce que ça s'est fait sur une montée de 20 minutes. Les meilleures Européennes étaient là et tout le monde était à sa place.

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