Jarno Widar : « Je pensais que ce serait juste un lot de consolation »
Crédit photo Philippe Pradier - DirectVelo
Après n'avoir pas pu défendre réellement ses chances au Rwanda, alors qu'il avait fait du maillot arc-en-ciel son objectif majeur, Jarno Widar prétendait à mieux au Championnat d'Europe. "Ce n'est pas une revanche. Chaque course est une nouvelle course, il faut juste donner le meilleur de soi-même. C’est la seule chose que tu peux faire. Et c’est ce que j’ai fait", sourit-il en zone mixte auprès de DirectVelo. À en voir son émotion en passant la ligne en solitaire, le coureur de la maison Lotto n'avait pas pris ce rendez-vous en Ardèche à la légère. "Au début, je pensais que ce serait juste un lot de consolation. Mais en fait, j’en suis vraiment fier. Ça fait vraiment du bien d’être Champion d’Europe".
« J'AI UN PEU PANIQUÉ »
Comme souvent, l'équipe de Belgique n'a pas eu besoin d'un long briefing pour savoir qui aurait les clés du camion quand Jarno Widar est au départ. "Un plan, c’est plus facile à dire qu’à faire. On avait déjà ce plan la semaine dernière. Mais il n’avait pas bien marché. Cette fois-ci, ça a marché, c’est magnifique". Les maillots bleus ont pris les commandes dès le départ. "Dans la première montée, on a roulé un peu en étant en attente. Ensuite, on a pris les choses en main dans la descente pour gérer le tempo. Puis sur la deuxième montée, les Italiens ont commencé à attaquer. Matteo (Vanhuffel) a ensuite pris la poursuite à son compte. Puis Milan (Donie) a fait ce qu'il fait toujours en mettant une énorme accélération pendant 30 ou 40 kilomètres".
Puis Jarno Widar a pu compter sur Kamiel Eeman quand la route s'élève, comme Matteo Vanhuffel, omniprésent au côté de son leader ce samedi. "J’ai ensuite attaqué pour tester les autres. On s’est retrouvés à 15 ou 20 au sommet. Finalement Liam O'Brien a attaqué et s’est échappé". L'Irlandais a effectué un petit numéro solitaire. Suffisant pour mettre le 2e du dernier Tour de l'Avenir dans une position délicate. "Là j’ai un peu paniqué, car Matisse avait déjà tout donné. Heureusement, Matteo et Matisse (Van Kerckhove) sont revenus et ils ont tout donné jusqu’à la dernière montée". Puis Jarno Widar a profité du Val d'Enfer pour porter son attaque tranchante.
UN RÊVE D'ARDENNAISES ET PEUT-ÊTRE DÉJÀ UN GRAND TOUR ?
Le Val d'Enfer est typique des efforts que le petit grimpeur apprécie. "Les longues montées me vont bien. Mais ce que je préfère, ce sont les efforts de 3 à 5 minutes, où tu peux pousser. C’est là que je suis le meilleur", pense-t-il. Bien plus fort que ses adversaires, qui ne l'ont plus jamais revu. "C’était super long. Mais j’ai pu tenir jusqu'à la ligne". Pour la libération, après s'être retourné à de nombreuses reprises pour surveiller Maxime Decomble, parti à ses trousses. "Ça compte beaucoup pour l’équipe. On a encore fait un super boulot. Je dois vraiment les remercier. C’est la seule manière que j’ai trouvée pour le faire : avec une victoire. C’est vraiment fantastique".
Désormais, Jarno Widar sera "complètement avec les Elites". Mais il veut continuer de progresser à son rythme en visant les courses inférieures au WorldTour. "En espérant que je pourrai aller chercher des résultats. Puis il y aura sans doute la Catalogne, le Pays basque... Ce sont ces courses-là qui m’attirent. J’adore les Ardennaises aussi, avec des côtes comme la Redoute, que j’aime vraiment beaucoup. Je pense que la position dans le peloton va être très importante. Cette année, ça allait bien dans la Redoute, mais j’avais un petit statut dans le peloton, on me laissait passer plus facilement", sourit-il. Et pourquoi mettre un Grand Tour à son programme. "Je pense au Giro. J’aime bien les arrivées en montée, et j’adore l’Italie. C’est mon pays préféré. C'est magnifique, les paysages, tout ça. En Espagne, c’est souvent trop raide, avec des montées pénibles". Reste à voir avec quelles ambitions.
En savoir plus : coureurs et équipes associés
Coureurs

