Paul Seixas : « Ça me donne de l'espoir »

Crédit photo Patrick Pichon / FFC

Crédit photo Patrick Pichon / FFC

Alors que plusieurs coureurs sont rentrés malades du Rwanda, la transition s’est bien passée pour les quatre Élites français qui enchaînent Mondial et Championnat d’Europe. Parmi eux, Paul Seixas revenu d’Afrique encore un peu plus confiant après avoir terminé dans le Top 15 d’un Mondial très difficile et long de 267 kilomètres. Sans surprise, le coureur de Decathlon AG2R La Mondiale a été l’un des coureurs les plus sollicités ce vendredi soir, au point-presse organisé à l’hôtel des tricolores dans la banlieue valentinoise. DirectVelo était présent pour recueillir les propos du Rhodanien qui sera une carte importante du collectif français ce dimanche, à Guilherand-Granges (Ardèche), dans la course au maillot étoilé.


DirectVelo : Comment te sens-tu avant ce Championnat d’Europe ?
Paul Seixas : Franchement, ça s'est bien passé depuis dimanche dernier, surtout parce que l'équipe de France a bien géré le truc. On a pris un vol de nuit, en business, en début de semaine. Ça fait vraiment la différence. J'ai quand même pu passer une journée et demie chez moi ensuite. Ce qui était une bonne chose pour le moral. Ça allait plutôt bien quand j’ai remis en route après la récupération de deux-trois jours que j’ai pu faire.

As-tu refait ta course à Kigali ? Tu avais bougé très tôt dans la course…
Je n’ai pas de regrets. On voulait être offensif dès le départ. Je me suis dit que si je pouvais être dans l'échappée, ça pouvait payer pour la suite, et j'aurais pu faire peut-être encore mieux en étant devant. Maintenant, c'est sûr qu'avec des si, on peut refaire le monde. Le plus important, c'est que j'ai pu apprendre et aussi faire la part de mon rôle.

« CAPABLE DE TENIR »

As-tu des exemples de ce que tu as appris ?
C’est un tout. Il y a notamment la mentalité avec laquelle on doit aborder ce genre de Championnat. Julian (Alaphilippe) est quand même vraiment fédérateur dans le groupe. Son état d'esprit est très bon. C'est ce qui permet aussi d’avoir un groupe très homogène et très soudé. Il a beaucoup d'expérience et ça nous a beaucoup aidés, moi personnellement en tout cas, pour bien aborder ce Championnat avec une grande motivation.

Comment as-tu réussi à passer le cap des 250 kilomètres…
Je pense qu'à un moment, ça se joue dans la tête. Il n'y a plus vraiment de notion de kilomètre. Je pense qu'à partir du Mont Kigali, on se vidait petit à petit de notre énergie. Et à la fin, quand tu n'as plus d'énergie, il ne reste plus que ta tête pour te tenir. On pensait aussi au fait de n’être plus que deux Français avec Pavel. Nous devions aller chercher un résultat et se battre pour le travail que les autres ont fait tout au long de la course et toute la semaine qui a précédé. Donc à ce moment-là, c'est quand même un regain d'énergie supplémentaire et tu te sens obligé de tout donner jusqu'au bout.

Tu t'en sentais capable ?
Je ne savais pas ce que ça allait donner. Je pense que dans ma tête, je me disais que j’allais travailler et qu’à un moment, je sentirais que ça n’allait plus aller. Finalement, j'ai senti que je tenais la distance. Même si à la fin, je n'avais plus rien, j'ai réussi à finir la course. C'était vraiment surprenant, mais c'était hyper plaisant. C’était l’un des Championnats du Monde les plus durs de l'histoire, c'est donc quand même marquant et ça donne confiance pour la suite. Sur les courses plus longues, je sais maintenant que je suis capable de tenir. C'est quand même quelque chose qui me donne confiance pour les deux prochains week-ends (au Championnat d’Europe et au Tour de Lombardie, NDLR).

« PLEIN DE BONS SOUVENIRS »

Quelle importance donnes-tu aux courses d’un jour sur ton début de carrière ?
Je pense que j'aimerais bien un peu allier les courses par étapes et les courses d'un jour. Je crois que j'arrive plutôt bien à gérer ces deux formats de course. Et j'aimerais pouvoir continuer à le faire dans ma carrière. C'est bien de voir des choses différentes pour pouvoir progresser vraiment sur tous les axes. C’est sûr qu'il y a des moments où il faudra que je fasse plus de courses par étapes.

Est-ce que tu pourrais être intéressé un jour par Paris-Roubaix ?
C'est une bonne question. Franchement, j'aurais bien aimé le faire dans les catégories de jeunes. Malheureusement, je n'ai pas eu l'occasion de le disputer. Soit j'ai été blessé, soit je n'ai pas été sélectionné. Est-ce que dans 10 ou 15 ans je vais faire Paris-Roubaix si je suis encore pro ? Je ne peux pas le dire. Honnêtement, je pense que pour l'instant, ce n'est pas du tout d'actualité. Mais bien sûr que moi, j'aimerais quand même bien un jour… Si un jour, j'ai envie de le faire, je le ferai.

Quel regard portes-tu à ce jour sur cette saison ?
Honnêtement, c'est plein de bons souvenirs. Parce que j'ai quand même beaucoup appris. C'est un peu ce qui résume ma saison. J'ai pu faire des courses par étapes, petit à petit, de plus en plus longues, dont le Dauphiné, qui est quand même un gros point de passage. Et après, j'ai pu faire le Tour de l'Avenir et le remporter. Et je peux finir sur des courses très longues comme ici, pour encore passer un petit cap de durabilité. Et c'est quand même vraiment intéressant. Je vois le parcours que j'ai fait pour arriver ici. Il y a toujours eu un peu d'amélioration. Je suis content que ça puisse être sur la bonne voie pendant toute la saison. Il n'y a pas eu trop de coups de mou. C'est quand même bien pour l'avenir et ça me donne de l'espoir pour la suite.

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