L’UCI veut renforcer sa coopération avec l’industrie du cycle

Crédit photo Alexis Dancerelle - DirectVelo

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À l’approche de la saison prochaine, l’Union Cycliste Internationale (UCI) a publié de nouvelles règles techniques, notamment concernant la hauteur des jantes. Cette décision a suscité des réactions chez certains fabricants dont les modèles fraîchement dévoilés ne correspondaient pas encore à ces nouvelles normes.


Face à ces interrogations, le président de l’UCI, David Lappartient, a tenu, lors de la conférence de presse vendredi dernier à Kigali, à clarifier la philosophie de son institution et à réaffirmer sa volonté de dialogue avec l’industrie du cycle. "Bien sûr, nous pouvons toujours améliorer le niveau des discussions, mais je peux vous dire qu’il y a déjà beaucoup d’échanges avec la WFSGI, (la fédération mondiale de l'industrie d'articles de sports). Nous allons également signer un protocole d’accord entre nous, car nous pensons qu’il est bon d’avoir un cadre pour nos discussions". Les dernières semaines ont illustré cette coopération, notamment sur la question des guidons. "Ce fut un échange de haut niveau, et je pense que nous avons pu parvenir à un accord".

DES RÈGLES POUR LA SÉCURITÉ AVANT TOUT 

Parmi les points sensibles figure la hauteur maximale des jantes, fixée à 65 millimètres. Une décision assumée par l’UCI. "Les fabricants demandaient 80 mm, alors que le règlement est à 65. Mais si vous regardez le Tour de France, personne n’a jamais utilisé plus de 60. Nous pensons donc que ce que nous proposons est probablement même plus élevé que ce que les coureurs utilisent réellement", souligne Lappartient.

L’argument de la sécurité a pesé lourd. "Les courses deviennent de plus en plus rapides : nous avons gagné près de 1,82 km/h de vitesse moyenne sur les cinq dernières années dans toutes les classiques. C’est énorme. Or, si vous augmentez encore la hauteur des roues de 2 cm, vous pouvez accroître de 20 % l’incidence sur la stabilité. Et avec un peu de vent… croyez-moi, à 80 mm, ça devient vraiment dangereux". 

L’UCI, ARBITRE MAIS PAS ACTEUR DU MARCHÉ 

David Lappartient insiste. L’UCI ne cherche pas à influencer l’économie du cycle. "Nos décisions ne visent pas à créer des problèmes, mais à résoudre des questions de sécurité ou d’autres aspects similaires. L’UCI a le pouvoir final de fixer les règles, mais je l’ai répété à la WFSGI : nous n’utiliserons jamais le règlement de l’UCI pour modifier le marché. La compétition entre fabricants est importante, car elle favorise l’innovation, essentielle dans le sport".

UN SECTEUR VITAL POUR LE CYCLISME

Le président de l’UCI rappelle aussi le rôle central de l’industrie dans l’écosystème du vélo. "Nous sommes très heureux d’avoir une industrie solide dans le cyclisme. Ce n’est pas le cas dans beaucoup d’autres sports. Beaucoup de mes collègues présidents d’autres fédérations aimeraient avoir une industrie aussi solide que la nôtre. De plus, cette industrie soutient indirectement les équipes, les fédérations nationales et les clubs. Merci donc à l’industrie. Nous continuerons à travailler ensemble". 

Enfin, le Français souligne la nécessité de prévoir les changements suffisamment tôt. "Concevoir, produire et commercialiser un nouveau produit prend environ deux ans. Si l’on veut réguler, il faut le faire en amont, pour que les fabricants sachent où nous voulons aller. Pour nous, l’objectif était aussi d’éviter que la vitesse des courses continue d’augmenter, afin de ne pas mettre en danger nos coureurs". Avec ce protocole d’accord en préparation et une volonté affichée de dialogue, l’UCI espère renforcer la confiance avec les fabricants, tout en gardant comme priorité la sécurité des coureurs et l’équité sportive.

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