Du scénario rêvé aux doutes, Tadej Pogacar a encore tout écrasé

Crédit photo Nicolas Mabyle / DirectVelo

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David Lappartient avait une question à poser à Tadej Pogacar après la cérémonie protocolaire du Mondial de Kigali. “Était-ce plus ou moins dur que l’an passé ?”. Réponse du Slovène au Président de l’UCI : “Same, same, similar”, lâche-t-il, également entouré de son Altesse sérénissime, le Prince Albert II de Monaco, et du Président du Rwanda, Paul Kagame. Comprenez du pareil au même. Deux parcours très exigeants, à Zurich comme ce dimanche au Rwanda, et par deux fois un numéro en solitaire fou du meilleur coureur au monde. “C’était différent de tout le reste, une course spéciale, une expérience différente ici en Afrique, et j’ai pris beaucoup de plaisir. C’était une magnifique journée”.


Passé les politesses, Tadej Pogacar concède s’être tout de même fait peur en se retrouvant seul en tête à 66 bornes de l’arrivée, avec un groupe imposant à ses trousses. Oui, “le plan était de partir avec un petit groupe dès le Mont Kigali”. Mais certainement pas de voir Juan Ayuso exploser juste après dans le Mur de Kigali et ses pentes à plus de 15%. Encore moins de devoir attendre Isaac Del Toro, puis finalement de se voir contraint de s’en débarrasser, bien plus tôt qu’imaginé. “Le parcours était dessiné pour ce scénario-là, pour partir dans la grande montée. Me retrouver avec Juan et Isaac était parfait. C’était le scénario rêvé d’être tous les trois, le combo parfait. Juan a vite eu un problème dans le mont pavés et Del Toro a eu des problèmes d’estomac, il me semble… C’est ce que j’ai cru comprendre. C’est dommage, je l’ai encouragé car j’aurais préféré rester avec lui, mais il ne pouvait plus”.

C’est ainsi que le quadruple vainqueur du Tour de France s’est retrouvé “tout seul assez tôt dans la course”, avant “un combat contre soi-même”. Un challenge très relevé mais loin d’être une première pour un coureur hors-normes qui a l’habitude de ces longs numéros en solo. “J’ai quand même un peu douté, les montées devenaient de plus en plus difficiles à chaque fois. En plus, les descentes n’étaient pas si rapides que ça, il fallait souvent continuer d’y pédaler. J’ai trouvé le temps long. C’était tellement dur à la fin… Mais je me suis battu jusqu’au bout”. Finalement lauréat après avoir su résister à Remco Evenepoel durant le dernier tour de circuit, le voilà donc assuré de passer douze mois supplémentaires avec l’arc-en-ciel sur le dos. “Garder le maillot était l’un de mes plus gros objectifs de la saison”.

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