Harry Hudson, à jamais le premier

Crédit photo Patrick Pichon - FFC
C'est une première. Jamais un Britannique n'était devenu Champion du Monde dans la catégorie des Juniors, c'est désormais chose faite, sur cette édition à Kigali, grâce à Harry Hudson. "C'est fou de gagner un titre de Champion du Monde, sans parler de palmarès, c'est dingue. Je ne m'en doutais pas, je ne savais pas ce qui se passait, je ne réalise pas", confiait-il, perdu, les yeux presque dans le vague, en interview à l'arrivée. Au moment de sortir de la zone mixte, le Junior 2 a reçu des félicitations spéciales. Coureur pour Harrogate Nova, qui d'autre que Mark Cavendish, ancien Champion du Monde Elite, pouvait venir lui adresser quelques mots et débriefer sa course avec lui, avant de monter sur le podium récupérer son maillot.
« J'AI CRU QUE JE ME FERAIS RATTRAPER À UN TOUR DE L'ARRIVÉE »
Si Harry Hudson a semblé longtemps perdu, ce n'est pas parce qu'il n'est pas habitué à gagner. Vainqueur à Super Dévoluy lors de la Classic Région Sud U19, mais aussi de la version Juniors de Liège-Bastogne-Liège et d'une étape du Tour de Cantabrie, c'est plutôt le scénario qui l'a étonné. "L'altitude et les côtes rendent la course difficile, donc on pensait que ça allait faire l'écrémage plutôt que des attaques. Du coup, notre stratégie était de rester devant, d'être dans tous les coups importants, et dans le dernier tour on voyait où on en était et comment chacun se sentait".
Harry Hudson n'a pas eu l'occasion de discuter avec ses compatriotes à la cloche. Car à plus de 35 kilomètres du but, c'est lui qui a allumé la mèche et s'est enfui, seul. "J'ai simplement senti une opportunité, je suis parti à un moment où je sentais qu'il fallait tenter. Les gars étaient assis, la montée avait été difficile, alors j'y suis allé, pensant que je ne serais pas seul, et on verrait bien où ça mène. Il restait deux tours, les favoris étaient en position d'attente". Dans sa tête, il n'était pas parti pour un numéro solitaire jusqu'à la ligne d'arrivée. "J'ai cru que je me ferais rattraper à un tour de l'arrivée, car c'était bien revenu, mais ça a tenu. J'ai énormément souffert, surtout dans la dernière ascension".
« J'ÉTAIS MORT, JE CRAQUAIS »
Avec une poignée de secondes d'avance sur Johan Blanc, seul en contre, au pied de la montée pavée, Harry Hudson avait le stress d'être mangé. "Ce sont des montées complètement folles, je souffrais, je voulais juste tenir jusqu'à la ligne. Je ne savais pas qui, ni combien revenaient de l'arrière, ça me faisait peur qu'un gros groupe revienne sur moi, donc j'ai tout mis. J'étais mort en haut de la montée pavée, je craquais", souffle-t-il. Mais à la fin de l'enfer des pavés, un coup d'œil dans le rétroviseur change la donne. "Je me suis rendu compte que le Français derrière perdait du terrain".
Le stress laisse place au soulagement, et avec l'adrénaline d'un titre mondial qui lui tend les mains, la messe était dite. "J'ai réalisé après les pavés, sur le replat, que personne ne rentrerait et que j'allais aller au bout". Un peu plus à froid, à la descente du podium protocolaire et le maillot arc-en-ciel sur le dos, Harry Hudson a commencé à prendre conscience de ce qui lui arrive, au micro de Rwanda Broadcasting Agency. "Je commence à réaliser, je suis juste super heureux. Je vais voir où ça me mène, monter sur un vélo me rend déjà heureux". Pour l'année prochaine au moins, Harry Hudson sait déjà sous quelles couleurs il fera le bond en Espoir.
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