L'Australie, des qualités innées et un titre conservé
Crédit photo Patrick Pichon - FFC
Qu'ils étaient longs, ces derniers mètres, pour Amanda Spratt et Brodie Chapman, chargées de terminer le relais australien, et bien sûr, avec une médaille d'or en prime si possible. "Je savais qu'il fallait pousser, pousser, dans la radio on me le disait dans les pavés. C'était très serré, on me disait de sprinter, sprinter, c'était super dur, rigole Amanda Spratt. Mais c'est énorme. C'est particulier pour moi car je n'étais pas là l'an dernier". L'Australie a en effet conservé son titre, cette fois pour 5 secondes, après la petite seconde à Zurich. "On était très focalisé sur cet événement, on voulait revenir avec une belle équipe, on s'était bien préparé, c'est génial", se réjouit Michael Matthews.
« ANGOISSANT ET EXCITANT »
Le trio masculin avait mis l'équipe dans le bon rythme, avec plus de 30 secondes de marge au moment de passer le relais. "On a franchi la ligne, on a roulé encore 100 mètres, puis on est littéralement tombés de nos vélos. On a tout donné, mais c’était une sensation complètement différente de regarder les femmes finir", sourit Michael Matthews. Il fallait donc attendre l'arrivée des femmes, qui perdaient petit à petit leur avantage. "Pour nous, c’était un peu différent. On est arrivées ici en sachant, d’après les années précédentes, que dans la partie hommes, c’est souvent plus serré, alors que chez les femmes, il peut vraiment y avoir des différences".
Pour les hommes, l'attente est difficile. "J’étais complètement en vrac", rigole Jay Vine. "C’était angoissant et excitant en même temps. C’était tout à la fois. Quand on est arrivés, on était complètement vidés, on avait tout laissé sur la route, ce n’était pas une sensation agréable. Mais regarder les femmes arriver, c’était une belle émotion", reprend Michael Matthews. "Mon rythme cardiaque redescendait parce que je me disais : « OK, c’est bon maintenant. » Mais c’était assez stressant", ajoute Jay Vine. Les femmes avaient beau avoir prévu leur coup, les conditions du Rwanda rebattent les cartes. "Souvent en chrono, on suit un plan de pacing, et pendant l'entraînement, on avait établi un plan approximatif. Mais au final, tu dois rouler au ressenti. Je pense que c’était le plus grand conseil qu’on s’est donné au dîner : bien gérer son effort, finir fort était crucial. Et c’est ce qu’on a fait aujourd’hui", détaille Felicity Wilson-Haffenden.
« QUELQUE CHOSE QUE L'ON FAIT DEPUIS QU'ON EST JEUNES »
Côté féminin, les trois sélectionnées avaient eu le temps de travailler ensemble. "On a eu la chance que l’équipe organise un stage pour nous avant de venir ici, et je voudrais mentionner notre autre coéquipière, Lauretta Hanson, qui était aussi là. On a donné un peu de fil à retordre à nos entraîneurs pour choisir les trois, sourit Brodie Chapman. On s’était déjà entraînées, on savait l’ordre de passage, comment attaquer le parcours, et en le voyant ici, ça a confirmé nos choix". Côté masculin, la discipline est innée selon Michael Matthews. "Nous sommes plutôt bons dans les contre-la-montre par équipes, que ce soit sur piste ou sur route. Peut-être que c’est quelque chose que l’on fait depuis qu'on est jeunes en Australie, je ne sais pas trop. Plappy est plusieurs fois Champion du Monde sur piste dans les poursuites. J’ai gagné presque plus de chronos par équipes que d’épreuves individuelles. Et Jay est juste un coureur complet, fort, qui sait faire un chrono".
Les Australiens n'ont pas eu besoin de grandes explications. "Je pense qu’on savait tous quoi faire, sans même vraiment en parler. On n’a pas fait de chronométrage d’effort, mais on a étudié le parcours en détail. On savait à quoi s’attendre, et je pense qu’on savait comment tirer le meilleur les uns des autres". Alors sur la course en ligne, l'Australie aura à cœur de trouver la même synergie. "C’est déjà un début incroyable. Être de retour ici avec l’équipe nationale, en commençant avec un maillot de Champion du Monde, ça enlève un peu de pression pour dimanche", pense Jay Vine, qui a fait référence à ces longs mois d'absence où il n'a jamais abandonné l'entrainement pour être prêt cette semaine. Derrière les grands favoris désignés, il faudra donc faire attention à des Australiens surmotivés et sans pression.
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