Nolan Pedersoli : « Je me suis surpris ! »

Crédit photo Freddy Guérin / DirectVelo

Crédit photo Freddy Guérin / DirectVelo

Nolan Pedersoli termine fort la saison, sa première en Juniors. Une semaine après avoir terminé 2e de la Classic Jean-Patrick Dubuisson U19, manche de la Coupe de France, le coureur de l'U19 Academy Région Sud Powered by Giant a remporté dimanche dernier le Trofeo Buffoni, en Italie. Le garçon de 16 ans, qui compte cinq Top 15 depuis la mi-août, s'est entretenu avec DirectVelo.


DirectVelo : Tu es en forme en cette fin de saison !
Nolan Pedersoli : Oui, je suis dans une bonne spirale ces dernières semaines et cette victoire sur le Trophée Buffoni Juniors le confirme. Depuis le week-end italien fin août, je me sens bien. Je n’ai fait que 13e en Italie mais ma course n'était pas idéale là-bas. Je pense que j’aurais pu faire mieux. C’est sur la manche finale de Coupe de France, le 7 septembre, que j’ai eu mon premier gros résultat avec une 2e place. J'étais vraiment à l’aise dans les difficultés du parcours. Je me suis même permis d’attaquer dans la montée principale et j'ai joué avec les meilleurs.

« GAGNER CETTE ÉPREUVE ME DONNE DE LA CONFIANCE »

De grands noms composent le palmarès du Trofeo Buffoni. Qu’est-ce que cette victoire représente pour toi ?
Ça fait vraiment plaisir. C'est une course dont on m’avait parlé car elle est difficile. Gagner cette épreuve me donne de la confiance. Ça veut aussi dire que je suis à l’aise quand les parcours sont escarpés. Cette qualité me convient. Pouvoir m’exprimer en montée est quelque chose qui me donne envie.

Tu as passé la dernière partie de la course tout seul en tête. Comment as-tu géré le final ?
Quand je suis parti à 35 kilomètres de l’arrivée, il me restait encore deux montées de la côte principale (3,2 km à 5,7%) à réaliser. Je savais qu’il était important de gravir cette difficulté à un bon rythme donc je me gérais en roulant à la même puissance à tous les tours. J’avais observé le tempo du peloton avant de sortir de celui-ci pour rester à une allure plus rapide en tête. J’ai réussi à tenir cette vitesse élevée jusqu’au bout pour franchir la ligne en tête. Je me suis surpris !

« IL NE FALLAIT PAS RÉFLÉCHIR ET TOUT METTRE JUSQU'AU BOUT »

As-tu été inquiété par un possible retour du peloton ?
Pas vraiment. Enfin, je n’y pensais pas pour mettre toutes les chances de mon côté (rires) ! C'est vrai que je n'étais jamais sûr d'aller jusqu'au bout. J’étais toujours à portée de fusil. Sur la longue ligne droite du circuit, légèrement montante, le peloton m’avait toujours en ligne de mire. Quelques fois, je me retournais et je voyais toute la meute derrière moi, à quelques secondes. Il ne fallait pas réfléchir et tout mettre jusqu'au bout. 

Cette victoire est la récompense du travail effectué cette saison ?
Oui, c'est une récompense notamment parce que j'ai beaucoup couru. J’ai toujours été placé cette saison mais jamais vainqueur. Cette année, je me suis parfois pris des grosses claques car je courais à l’envers. Au fur et à mesure, j'ai appris à bien courir. Je passe aussi de nombreuses heures à l’entraînement donc une victoire comme celle-ci est la cerise sur le gâteau.

« JE LIS MIEUX LA COURSE »

Quels sont les points que tu devais améliorer en course ?
C’était principalement des erreurs tactiques. Je roulais beaucoup pour les autres alors que j'étais tout seul de mon équipe. Forcément toutes les cartouches que tu grilles en début de course, tu ne les as pas sur la fin et tu payes ça cash. Quand le moment primordial de la course arrivait, je n'étais plus là. Maintenant je lis mieux la course.

Tes débuts sur le vélo sont récents...
Ce n’est que ma troisième année de cyclisme. Avant, je faisais de la gymnastique en compétition. Mais je me suis rendu compte que ce n’était pas mon type d’effort. Il faut aussi dire que j’ai toujours voulu faire du vélo, parce que je suivais le Tour de France. Mais mon père n’était pas trop pour ce sport car il comporte des risques comme la chute. Je suis donc monté assez tard sur un vélo, en 2023. J’ai véritablement fait de la compétition l’année dernière en cadet 2. L’année qui précédait, je n’avais couru que cinq fois.

LA PHILIPPE GILBERT JUNIORS POUR TERMINER

Comment jongles-tu entre les études et le sport ?
J’apprends à distance avec le CNED donc j'arrive à m'adapter au planning d’entraînement et de compétitions. On est également bien accompagnés au sein de l’académie Région Sud donc tout se passe au mieux. Aller en Italie le week-end dernier n’a pas été un problème par exemple. La route a été longue mais j’ai eu la possibilité de récupérer et de travailler mes cours la journée qui a suivi.

Par quelle course vas-tu terminer ta saison ?
Pour finir l’année, je serai au départ de la Philippe Gilbert Juniors. Ça va être une course importante en Belgique avec un circuit difficile. On devra gravir à deux reprises la côte de la Redoute.

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