« Ça fait mal » : Visma, coup de massue et fatalité en Ardèche

Crédit photo Florian Frison / DirectVelo
Femke De Vries s’est pris la tête entre les mains derrière la ligne d’arrivée. Incrédule, la Néerlandaise n’avait pas vraiment imaginé ce scénario-là au départ de Beauchastel, dimanche midi. “On avait tellement bien géré hier, avec ce superbe doublé, que j’avais osé imaginer qu’avoir 30 secondes d’avance au général allait être suffisant pour gagner l’épreuve”. Mais la Visma, si impressionnante dans les pentes du Mont Lozère la veille, a craqué face à la force de Monica Trinca Colonel ce dimanche lors du sixième et dernier acte du Tour de l’Ardèche, à Privas.
« MARION (BUNEL) ÉTAIT SUREMENT UN PETIT PEU MEILLEURE QUE MOI »
“On a essayé de gérer en faisant le train dans les dernières ascensions mais Monica y est allée et je n’ai pas pu suivre. Elle était plus forte. Elle n’a fait que creuser l’écart en fin de course, elle était vraiment plus solide, ce n’est pas comme si j’avais perdu pour quelques secondes, mais je suis quand même très triste de perdre la course le dernier jour”, reprend celle qui termine finalement 2e de ce Tour de l’Ardèche. Chez Visma-Lease a Bike, c’était clairement tout pour Femke De Vries lors de cette ultime bataille. “Marion était sûrement un petit peu meilleure que moi aujourd’hui, je pense qu’elle aurait pu suivre Monica mais elle a fait le choix de rester avec moi. C’était tout pour le général, c’était aussi la consigne”, précise-t-elle auprès de DirectVelo.
Très déçue elle aussi, Marion Bunel n’a pas souhaité répondre à la presse dans les minutes qui ont suivi l’arrivée. “J’ai eu besoin de quelques minutes pour relativiser, et réaliser que l’on a quand même fait une superbe semaine. À chaud, c’est dur… Mais on peut être très fières de ce que l’on a fait collectivement”, concédait-elle finalement, elle aussi au micro de DirectVelo, après avoir reçu le maillot blanc de meilleure jeune sur le podium protocolaire.
« IL FALLAIT Y CROIRE JUSQU’AU BOUT »
“La stratégie était d’essayer de garder le contrôle mais on est battues par une fille plus forte. On ne pouvait pas faire mieux”, ajoute-t-elle avec sensiblement la même analyse que sa leader. Quant à la stratégie 100% autour de Femke De Vries ? “Elle était très forte toute la semaine, on y croyait. Il n’y avait pas de Plan B. On n’a pas de regrets à avoir. C’était un bon plan”, répond Marion Bunel, qui avait pour rappel vu Femke De Vries lui laisser la victoire d’étape au sommet du Mont Lozère, la veille. C’est donc tout naturellement que la jeune française souhaitait rendre la pareille à la Néerlandaise 24 heures plus tard. “Il fallait y croire jusqu’au bout. Femke était très forte mais je savais que je n’allais pas être d’une grande utilité après le sommet. Il ne restait plus qu’à croiser les doigts pour qu’elle arrive à rouler assez fort”.
Femke De Vries elle, a compris que le maillot rose était en train de s'effilocher très sérieusement à un moment bien précis. “J’y ai toujours cru mais en haut du GPM, je pensais que la silhouette au loin était Monica puis en bouchant le trou, j’ai réalisé que c’était (Lauren) Dickson. Ça m'a mis un coup au moral car je ne voyais plus Monica et j’ai compris qu’elle était loin devant”. Marion Bunel, de son côté, n’avait plus la force de rouler plus fort encore pour tenter de revenir. “Femke s’est défendue jusqu’au bout mais ça ne l’a pas fait. On espérait autre chose, ça fait mal, mais il ne faut pas oublier ce que l’on a accompli pendant toute la semaine”.
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