Océane Goergen : « Autant de victoires, c'est énorme »

Crédit photo AMELCO GOHIN
Les filles de la Roche-sur-Yon n’auront laissé que très peu de miettes à leurs concurrentes pendant leur séjour irlandais. Au départ de la Rás na mBan avec une ambition mesurée, le collectif de Ladynamips-RVC est rentré en France avec quatre victoires sur cette course de six étapes. Trois succès ont été obtenus par Océane Goergen, qui s'est confiée auprès de DirectVelo.
DirectVelo : Tu t'attendais à ce que vous gagniez quatre étapes ?
Océane Goergen : Non, pas du tout. On ne s'attendait pas à ça. Quand on est parties de France, on se disait qu’une victoire d’étape serait satisfaisante. On avait analysé le profil des étapes. Il y avait pas mal de montées, ce qui nous mettait un peu dans le doute. On s’était dit “Noémie (Abgrall), qui est à l’aise dans les bosses, peut en claquer une”. Pour ma part, je savais qu’un critérium était prévu le dernier jour. J’avais coché cette étape.
« J'AI DE LA MOTIVATION SUR CETTE DERNIÈRE PARTIE DE SAISON »
Pour ta part, tu gagnes le critérium, mais pas que…
Oui j’étais surprise de gagner trois fois car en temps normal, j'ai du mal sur la fin de saison. Ce n'est vraiment pas mon truc. Mais là, j'ai changé d'entraîneur, je travaille différemment et j'ai l'impression que, plus ça va, mieux je suis. Contrairement aux années passées, j’ai de la motivation sur cette dernière partie de saison. J'ai envie de courir et ma forme est montante.
Qu’est-ce que tu retiens de cette virée en Irlande ?
L'expérience était vraiment cool. Le fait de faire une course à l’étranger en fin de saison renforce toujours les liens dans une équipe. On a vu des paysages, on a travaillé notre anglais… tout ça crée de la cohésion. Et pour finir en beauté, on a visité la région une fois la course terminée. On est sorties ensemble dans les bars pour danser et voir un peu les pubs irlandais.
« CES TROIS VICTOIRES EN IRLANDE FONT VRAIMENT DU BIEN »
Comment était l'ambiance là-bas ?
Les Irlandais étaient contents de voir une course cycliste dans leur pays. Beaucoup klaxonnaient dans leurs voitures sur les bas-côtés. Quand on passait devant les écoles, il y avait toujours des enfants qui étaient de sortie et qui nous encourageaient. En plus d’une superbe organisation, le pays était vraiment accueillant.
C’est de la motivation supplémentaire pour les dernières semaines de compétition…
Bien évidemment. Ces trois victoires en Irlande font vraiment du bien. Et si je prends du recul sur la saison, c’est un très beau bilan. Autant de victoires, c'est énorme. J'en voulais au moins une, déjà. Et j'en ai eu cinq. Sans parler de premières places, je sens que j'ai progressé sur certains points. Je sais que je peux obtenir plus de résultats sur le sprint ; j'arrive à mieux passer les bosses ; j’ai de meilleures sensations à l’entraînement... Ça donne la motivation pour continuer sur cette lancée, que ce soit sur cette fin de saison ou l’année prochaine.
« J'AI L'OBJECTIF DE RETOURNER CHEZ LES PROFESSIONNELLES »
Comment te sens-tu à la Roche-sur-Yon ?
Tout se passe bien. On me fait confiance et on a une bonne équipe. J'essaie de ne jamais décevoir et de toujours viser la victoire. Depuis quelques mois, on a réussi à trouver nos repères. Cette semaine en Irlande est vraiment positive sur ce point car on s'est aidées à tour de rôle. Le monde amateur me convient mais j'ai l’objectif de retourner chez les professionnelles. Si j’ai l’opportunité, je le ferai.
Le monde pro te manque ?
Oui, surtout que ça s'est arrêté brutalement, et ce n'était pas un choix, parce que j'ai attrapé la mononucléose l’année où mon contrat avec St-Michel-Auber 93 se terminait. Au moment où je contractais la maladie, je n’en étais pas consciente. Je ne comprenais pas ce qui se passait, parce que je m'entraînais beaucoup mais ça ne suivait pas derrière, j'étais tout le temps fatiguée. On pense toujours que ces pathologies n'arrivent qu'aux autres, peut-être aussi car on fait du sport à haut-niveau donc on ne s’imagine pas de telles choses. J'étais à deux doigts de me dire, j'arrête le vélo, parce que ça ne sert à rien. Et des examens ont révélé, une fois sans contrat, qu’une maladie m’avait embêtée.
« LES PLACES SONT CHÈRES »
Et si tu n’arrives pas à monter à l’échelon supérieur ?
Je n’y pense pas encore mais forcément la question d’une fin de carrière se posera. Si ça ne marche pas, il ne faut pas non plus y croire infiniment. Car pour faire du cyclisme une activité principale, il est nécessaire d’y consacrer beaucoup d’heures, surtout dans cette période où le niveau augmente de jour en jour et où les places sont chères. Ça demande de la rigueur, de la motivation... Pour l’instant j’ai toujours cette envie de bien faire mais j’imagine qu’au fil du temps ça diminue. Le but est aussi de trouver une vie stable.
Quelles sont tes dernières courses de la saison ?
Ce samedi, je cours à Paris-Bourges et je termine fin septembre au Championnat de France Gravel à Châtellerault (Vienne). Le but de cette dernière compétition est de prolonger ma saison pour la terminer en même temps que Jason (Tesson, son compagnon, NDLR). J'ai aussi envie de tester la discipline. Apparemment, c'est plutôt cool. Vu que j’adore le cyclo-cross, je pense que ça peut me plaire. Après, je le fais pour le fun, franchement !
