« Je suis repartie de zéro » : Marta Cavalli se bat encore

Crédit photo Florian Frison / DirectVelo

Crédit photo Florian Frison / DirectVelo

Reverra-t-on un jour la grande Marta Cavalli ? Celle qui avait réalisé un formidable doublé sur l’Amstel et la Flèche Wallonne, montrant fièrement les muscles en haut du Mur de Huy après avoir écoeuré Annemiek van Vleuten et Demi Vollering ? Rien n’est moins sûr. Vaillante, l’Italienne se bat, mais elle se montre encore loin de son meilleur niveau, malgré quelques petits accessits encourageants sur les Strade Bianche ou le Binda


« PAS SUFFISAMMENT REMISE POUR ENVISAGER FAIRE LE TOUR »

À l’intersaison, alors que la FDJ-Suez a décidé de tourner une page importante de son histoire en se séparant de Marta Cavalli et de Cecilie Uttrup Ludwig, tout en faisant venir dans l’autre sens Juliette Labous et Demi Vollering, la Transalpine a trouvé refuge chez PicNic-PostNL. Bien qu’elle ait pu enchaîner pratiquement toutes les grandes Classiques du printemps, la grimpeuse n’a depuis plus beaucoup couru, en ne disputant que les quatre premières étapes du Tour d’Italie depuis fin juin. “J’ai dû quitter le Giro car je n’avais pas de bonnes sensations, j’étais un peu affaiblie, malade. Il m’a fallu du temps pour m’en remettre, c’était encore une fois un long processus. Je n’étais pas suffisamment remise pour envisager faire le Tour de France. C’était décevant mais c’était la seule solution raisonnable. Sur le Tour, il faut être à 100% et le compte n'y était pas”, concédait-elle ce lundi auprès de DirectVelo, en marge de la présentation des équipes du Tour de l’Ardèche, auquel elle va prendre part ces six prochains jours.

Depuis son abandon sur le Giro et son forfait au Tour, Marta Cavalli n’a pas enfilé le moindre dossard. “Je comptais reprendre au Tour de Romandie mais il s’y est passé ce qu’il s’y est passé”, souffle-t-elle en évoquant le drôle de conflit entre certains formations - exclues de la course - et le comité d’organisation. “L’Ardèche devrait être ma dernière course de l’année”, précise ainsi celle qui avait gagné l'épreuve il y a deux ans.

« J’EN RÊVE TOUS LES JOURS MAIS ÇA SEMBLE LOIN »

Dans quelle condition physique Marta Cavalli pense-t-elle arriver en Ardèche, pour sa première apparition en France depuis deux ans ? “Disons que ça va mieux qu’au Giro mais on ne sait jamais, il faudra voir en course.... Je suis fatiguée, la saison a été longue. On a une jeune équipe de filles qui se préparent pour les grands Championnats. Je vais les aider, c’est mon seul objectif”, assure-t-elle, prudente. Autrement dit, l’athlète de 27 ans ne s’attend pas à des miracles, elle qui reste traumatisée par ses différentes chutes et qui aurait pu mettre un terme à sa carrière à plusieurs reprises. “Honnêtement, ça va mieux sur certains aspects, mais ce n’était pas dur sachant que je suis repartie de zéro après le dernier accident de l’an passé. Ce n’est pas encore parfait, mais j’espère pouvoir retrouver mon meilleur niveau d’il y a quelques années, en tâchant d’être patiente. Pour l’instant, je ne peux pas rêver trop grand, je dois me contenter d’un rôle de simple équipière”.

Que lui manque-t-il encore ? “De la régularité, de pouvoir bien m’entraîner, courir, m’entraîner à nouveau… Depuis plusieurs années, je n’ai jamais pu trop enchaîner. Il me manque encore du rythme pour rivaliser avec les meilleures mondiales”. Marta Cavalli est une combattante et elle continue d’y croire. Ses victoires sur les Ardennaises ? Elle les a toujours en tête et aimerait tellement revivre ces émotions… “J’en rêve tous les jours mais ça semble loin. Mes données à l’entraînement ne sont plus du tout les mêmes, je n’arrive pas à pousser les mêmes watts, à être aussi forte. Si j’essaie de pousser davantage, je finis toujours par exploser. Je suis limitée. Mentalement comme physiquement, tout est devenu plus dur. C’est frustrant mais je me bats”. La route est encore longue mais le jeu pourrait en vouloir la chandelle.

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