Ludovic Morice : « Je veux prouver que ce n'est pas fini »

Crédit photo Les Photos de Phil
À l’attaque sur de nombreuses courses ces dernières semaines, Ludovic Morice est à la recherche de sa quatrième victoire de la saison. Offensif au Grand Prix de Fougères mais trop court pour se battre avec les meilleurs, il a été récompensé par le prix du combatif. Une fois la ligne d’arrivée franchie, il s’est confié auprès de DirectVelo sur la motivation qui l’anime depuis l’arrêt annoncé de son équipe, le Paris Cycliste Olympique.
DirectVelo : Tu as passé une bonne partie de la course à l’avant sur ce Grand Prix de Fougères…
Ludovic Morice : Oui, ça fait quelques semaines déjà que j’essaie de me montrer en prenant part à des échappées. L’arrêt de l’équipe en 2026 a été dur à digérer et j’ai connu une période avec un petit passage à vide. Des discussions ont suivi avec Tanguy Turgis (son DS, NDLR) et on s'est promis de tout mettre jusqu'à la fin de saison. J’étais déjà en échappée sur le Grand Prix de Plouay, je l'ai fait ici et je le referai ce week-end à Cherbourg si possible.
« L’ARRÊT DU PCO A VRAIMENT ÉTÉ DUR À ENCAISSER »
Quelle est ta volonté sur cette fin de saison ?
Je veux prouver que ce n'est pas fini pour moi, même si on peut entendre tout et n'importe quoi. Physiquement, je suis à mon meilleur niveau donc j’essaie de montrer ce que je sais faire : attaquer de loin. J'ai des capacités physiques qui ne correspondent pas aux meilleurs amateurs français. Je ne suis pas très punchy. Par contre, sur des efforts de cinq minutes ou plus, je commence à tirer mon épingle du jeu. Je cherche à faire des 30-40 bornes tout seul où les gens pourront se dire : “Ludovic Morice a fait un numéro en solitaire”. Je n'ai pas encore réussi, mais je vais retenter avant la fin d’année.
Qu'est-ce qui s'est passé dans ta tête quand tu as appris la nouvelle ?
L’arrêt du PCO a vraiment été dur à encaisser. Je n'ai pas été en dépression, loin de là. Mais il y a eu des petits coups de mou. Il fallait accepter. Dès qu'on apprend la chose, on dit autour de nous que certains coureurs arrêteront ou termineront dans une petite équipe car ils sont trop vieux, comme moi (il a 23 ans, NDLR). Quoi qu’il arrive, je donnerai tout jusqu'à la fin pour respecter aussi ceux qui nous soutiennent. Et puis, j’ai plus que jamais envie de repartir pour une saison Elite en 2026.
« JE ME DONNAIS CETTE SAISON POUR PASSER PRO »
Tu le comprends, cet arrêt ?
Je peux le comprendre. Je le respecte forcément parce que le Paris Cycliste Olympique ne me doit rien. À part le fait qu'ils nous ont vendu un projet sur plusieurs années et que ça se stoppe brutalement, je ne peux pas leur en vouloir. Je suis simplement licencié. C'est eux qui se démènent, qui trouvent le budget. Je respecte ces choix. Par contre, je ne comprends pas trop ce qu'il se passe dans le cyclisme. Le système va mal. Les équipes ne se font plus de bénéfices et sont déficitaires tous les ans. Il faut trouver des solutions.
Comment ça se passe actuellement pour trouver une formation ?
C'est vraiment difficile. Le marché est tendu et c’est encore pire chez les professionnels. On a beau être amateurs, les places sont chères. Je me donnais cette saison pour passer professionnel. Je n'ai pas forcément eu les résultats voulus même si je m’en suis donné les moyens. Mais ce n’est pas pour ça qu’il faut lâcher l’affaire. Il reste encore deux mois de course pour se montrer.
« L’AVENIR EST FLOU »
Les Conti Fédérales, ça n'aide pas ?
Cette nouvelle catégorie va amplifier l'écart entre les équipes comme le VC Rouen, Vendée U ou Bourg-en-Bresse qui vont devenir de très grosses structures et celles qui se basent sur des clubs régionaux. Je pense qu'il faut un système simple, constitué uniquement de clubs. N'importe quelle structure pourrait se défendre. Et pourquoi pas courir à nouveau le Championnat de France en équipe régionale. Je ne sais pas quelle sera l’évolution du monde amateur. On va expérimenter l'année prochaine mais c'est sûr que l'avenir est flou.
Tu ne t'inquiètes pas pour tout ça ?
Je m'inquiète pour les copains qui vivent à 100% vélo. Pour moi, non car j'ai un travail à côté. Je suis technico-commercial dans le domaine du carrelage et de la céramique. Depuis que j'ai eu mon bac, j'ai toujours travaillé. Aujourd'hui, j'ai 23 ans et je ne vois plus le cyclisme de haut niveau comme une nécessité. Mais j'aime véritablement me battre avec les meilleurs français et m'entraîner pour être le meilleur possible sur les courses.
« J’AI DÉJÀ PENSÉ AU TRIATHLON POUR L’ANNÉE PROCHAINE »
Envisages-tu de rester chez les amateurs l'an prochain ?
Non, pas forcément car c'est compliqué de courir à ce niveau-là. Je préfère m'entraîner, aller rouler en Espagne l’hiver... Tous les ans, on part là-bas avec des amis triathlètes et c’est un réel plaisir.
Une autre discipline pourrait te tenter ?
J'ai déjà pensé au triathlon pour l’année prochaine. J'aime les longs efforts mais la course à pied est vraiment difficile, d’autant plus que je suis sensible aux blessures. J'attends de voir si j'arrive à rebondir dans une très belle équipe. Les triathlons de très longue distance me font rêver. J'avais déjà fait une épreuve en relais dans les Landes. Je m’étais retrouvé face à Sam Laidlow sur la partie vélo (le plus jeune Champion du Monde de triathlon XXL, NDLR) et je m’étais surpris à rivaliser avec lui. J'adore les efforts longs et l'optimisation de la performance. Cette discipline pourrait être dans la continuité des courses Elite Nationale.
En savoir plus : coureurs et équipes associés
Coureurs

