Emilian Broë : « Elles se sont toutes impliquées autour du projet collectif »

Crédit photo Philippe Pradier / DirectVelo
À l’issue d’une semaine riche en émotions, l’équipe de France a brillé lors de la troisième édition du Tour de l’Avenir Femmes notamment grâce à la 2ᵉ place au général de Marion Bunel et aux trois succès d’étape de Célia Gery. Émilian Broë, sélectionneur des Bleues, dresse le bilan d’une épreuve marquée par de belles prestations individuelles et collectives de la part de ses coureuses. Il aborde également la prochaine échéance internationale au micro de DirectVelo.
DirectVelo : Quel bilan tires-tu de ce Tour de l’Avenir ?
Emilian Broë : C’est clairement une belle semaine. Si on fait le bilan nous comptons : trois victoires d'étape, une 2e place au général, un succès au classement par équipes et au classement par points, donc sur le plan comptable c'est un très beau résultat. Si on prend aussi la course dans sa globalité, dans l'approche des filles et dans leur implication, ça a été vraiment très beau. Elles se sont toutes impliquées autour du projet collectif. Elles ont donné de leur personne pour contribuer à la réussite.
Le collectif de cette équipe de France a été une force…
C'est l'objectif que je leur avais fixé en début de semaine. Je pense qu'on avait déjà développé la cohésion sociale au cours du stage, où elles s’étaient toutes bien entendues. Les filles ont appris à se connaître. Il fallait maintenant développer cette cohésion opératoire, c'est-à-dire établir un objectif collectif, et puis mettre en place des actions qui vont permettre à chacune de contribuer à l’équipe. Je pense que c'est même ce qui a été le plus développé sur cette compétition.
« IL FAUDRA PRENDRE LE TEMPS D’ANALYSER TOUT ÇA »
Marion Bunel termine 2e au classement général. Qu’est-ce qui lui a manqué pour conserver son titre ?
C'est encore difficile à dire, là on est à chaud, on vient de terminer l'épreuve. Il faudra prendre le temps d'analyser tout ça. À première vue, j'ai envie de dire qu'on est tombés sur une rivale de très haut niveau avec Isabella Holmgren. On l'a vu sur l’étape de montagne autour de La Rosière : elle n'a pas demandé un relais à Marion. On a essayé de la mettre en difficulté au début, mais elle a très bien géré. Isabella a su être au-dessus de la mêlée sur l'aspect physique. Sur les chronos, ça s'est concrétisé par un écart par rapport à nous. Sur les courses en ligne, on a réussi à la mettre en difficulté par moments, mais après on analysera à froid.
T'attendais-tu à ce que Célia Gery puisse s’adjuger trois étapes et le maillot du classement par points ?
Célia me surprendra toujours, mais je sais que c'est quelqu'un qui a un très grand talent. On savait que c'était possible au vu des configurations des étapes, mais encore fallait-il le faire face à une belle adversité. Quand on voit les noms qui sont derrière elle au sprint, ce sont des filles qui marchent en WorldTour. Donc c'est à la fois une surprise mais ça reste quelque chose qu'on pouvait attendre.
Ce Tour de l’Avenir n'a pas été simple pour Julie Bego…
Elle pouvait prétendre à mieux en ayant terminé Top 5 l'année passée. Ça reste encore une fois de l'apprentissage : il y a des moments où il faut gérer les passages difficiles. Elle a su rebondir lors du contre-la-montre où elle fait un beau chrono, malgré la déconvenue lors de l’étape de montagne. C'est aussi le caractère qu'elle peut nous montrer. Julie a de la résilience et cette qualité l'amènera plus haut.
« J'AI PU RÉCOLTER BEAUCOUP D’INFORMATIONS »
As-tu déjà en tête le Championnat du Monde qui approche très vite ?
Je n'ai pas clairement en tête la stratégie qu'on adoptera, mais par contre, j'ai pu récolter beaucoup d'informations qui vont m'être utiles pour élaborer avec les filles un plan visant à mettre à mal le collectif canadien, même s’il n’y aura pas qu’Isabella Holmgren à surveiller. Je pense qu'une fille comme Cat Ferguson peut aussi être solide sur ce genre de terrain. Il faudra compter sur les Italiennes, qui ont montré qu'elles avaient encore un beau collectif, ainsi que les Néerlandaises.
Tu attends quel résultat là-bas ?
On ne va jamais sur un Championnat du Monde pour faire de la figuration, ça c'est une certitude. Il faut encore digérer toutes les informations qu'on aura pu récolter et aussi voir l'approche avec les filles, comment optimiser pour qu'elles arrivent encore plus fortes sur le Mondial de Kigali. En fonction de ça, on mettra un curseur qui sera haut à mon avis, mais on ne peut encore pas décider.
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