« Pas le niveau espéré » pour Paul Seixas, le droit d'y croire pour Maxime Decomble

Crédit photo Quentin Joly / Tour de l'Avenir
Il est 5h30 ce matin, quand le réveil sonne dans l'hôtel de l'équipe de France. 2h30 plus tard, le peloton masculin du Tour de l'Avenir doit prendre le départ d'une courte étape à La Rosière, alors qu'il ne fait que 6 °C au thermomètre et que le jour a du mal à poindre au milieu de la brume. "C'est sûr que le réveil a été très tôt, ça fait un peu mal et il faisait un peu froid, rigole Maxime Decomble. Mais finalement, on s'attendait à pire quand même. On était tous bien couverts, on avait le temps de se changer. C'était vraiment une course étrange mais ça m'a bien plu, j'ai réussi à faire mon truc". Le maillot jaune du Tour de l'Avenir ne partait pas avec une grande confiance quant à sa tunique, avec le Colle San Carlo et le Petit Saint-Bernard à gravir, avant la remontée finale vers La Rosière.
PAUL SEIXAS « IMPRESSIONNÉ », MAXIME DECOMBLE ACCROCHEUR
Mais Maxime Decomble est têtu sur le vélo. "C'était un peu la dernière étape du Tour de l'Avenir. J'ai une théorie qui fait beaucoup rire l'équipe. Quand je passe les trois kilomètres du sommet, j'ai l'impression que je ne peux plus péter. Mentalement, je me mets dans un état où je vais basculer. Voir que tu es à ce niveau-là, ça te motive à te faire encore plus mal". Plusieurs fois en difficulté, mais jamais en perdition, le maillot jaune a tenu bon et est revenu à chaque fois. "J'étais à peine moins fort dans les cols, j'ai réussi à revenir sur le plat avec ma qualité de rouleur je pense. Pour ma part, l'objectif était vraiment de tenir les meilleurs et de tout donner. Et c'est ce que j'ai réussi à faire jusqu'au kilomètre". De toute façon, il n'était pas le seul espoir en cas de fringale.
Car le leader désigné de l'équipe de France, Paul Seixas, n'a jamais flanché. Mais il n'a jamais vraiment réussi à prendre une option non plus, malgré ses offensives, notamment dans les descentes. "Je suis quand même impressionné par le niveau qu'il y a. C'est vraiment très intéressant pour moi". Mais l'habituel sociétaire de Decathlon AG2R La Mondiale n'est peut-être pas à son prime non plus. "J'ai vraiment senti aujourd'hui que je n'avais pas le niveau espéré. Par rapport aux dernières courses que j'ai pu faire, ça n'a rien à voir. Mais ça me permet de me dire, dans les moments difficiles, que je peux essayer d'aller chercher la victoire". Maxime Decomble, lui, a pioché dans les dernières rampes de La Rosière. Mais l'essentiel est sauf. "C'est incroyable, j'ai bien tenu. Après c'est sûr que j'ai perdu du temps mais je suis hyper content de pouvoir faire 7e au sommet avec des mecs comme ça".
« LA VICTOIRE EST JOUABLE »
Quant à Paul Seixas, il est tombé sur le même os que la veille : Jarno Widar. "Je suis très content de cette matinée. Faire 2e, c'est déjà pas mal. Je voulais en garder un peu. Si c'est pour gagner quelques secondes, ça ne sert pas à grand-chose. C'est une journée très difficile. On a déjà fait la moitié. Maintenant, le plus important reste à venir. C'est là que tout va se jouer. Je suis prêt pour ça". Le fait est qu'au classement général, l'équipe de France est en bonne posture. Maxime Decomble est toujours leader, suivi par Paul Seixas, et tous les favoris en embuscade. "Le chrono est plutôt à notre avantage, reprend le vainqueur du prologue. Je vais essayer de trouver un rythme. C'est un peu un de mes domaines de prédilection. Je ne me fais pas trop de soucis".
Toujours en jaune avant le bouquet final, Maxime Decomble a le droit d'y croire. "Pourquoi pas ? Il faut croire en soi, il faut croire en mes jambes. Je vais tout donner. Je vais être surmotivé. Avoir 30 secondes, ça veut tout et rien dire. Je ne m'attendais pas à être dans cette situation-là à ce moment. Mais c'est un chrono de grimpeur, ce n'est pas un chrono de spécialiste. Je l'ai préparé, mais sans doute pas plus que les autres". Ce sont les dix derniers kilomètres du Tour de l'Avenir qui vont départager six prétendants. Et comme il y a du monde, Paul Seixas aurait tout intérêt à monter encore les curseurs. "Je n'ai pas de très bonnes sensations. Mais pour l'instant, ça suffit pour être devant. Comme ça nous convient avec Maxime, la victoire est jouable". Réponse dans quelques heures.
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