Emilian Broë : « Ça annonce une belle bataille pour vendredi »

Crédit photo Philippe Pradier - DirectVelo

Crédit photo Philippe Pradier - DirectVelo

La première grande partie du Tour de l'Avenir s'est achevée ce mercredi, à Val-Suran. Et pour l'équipe de France, elle s'est conclue avec une troisième victoire d'étape décrochée par Célia Gery. Maintenant, les choses sérieuses vont commencer ce vendredi après une journée de repos. Avant ce double rendez-vous dans les Alpes, Marion Bunel figure dans le Top 10 du général, à 45 secondes d'Isabella Holmgren, maillot jaune. Célia Gery, Julie Bego et même Eglantine Rayer Girault sont elles aussi en embuscade. Avec ce collectif, les protégées d'Emilian Broë ont toutes leurs chances de défendre le trophée de Marion Bunel. Pendant ce temps mort, le sélectionneur des Bleus a fait le point avec DirectVelo.


DirectVelo : Le triplé pour Célia Gery, ce n'est plus une surprise maintenant !
Emilian Broë : Si, ça reste une surprise parce qu'il faut réussir à mettre au fond. On voit la concurrence, c'est pas n'importe qui, quand même. Mais c'est clair que la gagne apporte la confiance, je pense que c'est une belle spirale positive. En tout cas, on sent qu'elle a envie de bien faire, qu'elle a de la force et que tout s'aligne bien.

Célia dit qu'elle n'est pas forcément une grande sprinteuse. Quand on voit ce qu'elle fait depuis le début de la semaine, y a-t-il un axe de formation à creuser ?
En tout cas, dès les premières années Junior avec son entraîneur de l'époque, on avait identifié que c'était vraiment très intéressant de développer ses qualités de vitesse. Parce que ce sont des qualités qu'on peut difficilement développer par la suite. Donc elle a beaucoup travaillé, notamment en Junior 2, ses qualités de sprint. Ce n'est peut-être pas forcément ce qu'elle affectionne le plus, je pense qu'elle aime davantage des arrivées comme hier avec du punch entre autres. Mais même si on n'affectionne pas forcément quelque chose, ça ne veut pas dire qu'on n'est pas au-dessus de la mêlée, entre guillemets. Donc même si elle n'aime pas les choses, Célia s'investit à 100% dans ce qu'elle fait. Elle va toujours au bout du truc. Malgré ses réticences, elle sait très bien sprinter.

« LES AUTRES NE LAISSENT PAS LA RESPONSABILITÉ À CELLES QUI DEVRAIENT ASSUMER »

Il y a eu peut-être le premier coup de force depuis le début du Tour de l'Avenir. C'était la meilleure journée pour tenter des choses avant la montagne ?
Oui, clairement. Et j'ai envie de dire que c'était presque la plus simple à gérer pour faire gagner Célia, dans le sens où elle a la bonne dynamique. Sur ce Tour-là, elle montre qu'elle fait partie des meilleures. Au sommet, elle passe en tête. Donc c'est qu'elle va bien. Et puis après, on sait qu'avec ses qualités de vitesse, ça va bien. L'idée était aussi de durcir la course pour un peu isoler les principales adversaires et leur faire faire des efforts en vue de vendredi. Donc c'est mission accomplie par rapport à tout ça.

Isabella Holmgren était seule, y a-t-il eu un espoir de tenter encore quelque chose ?
Avec la partie vent de face, ça peut vite freiner les ardeurs. Et je pense que ce n'est pas encore hyper structuré. Les autres ne laissent pas la responsabilité ou le leadership à celles qui devraient assumer. Donc quand les filles ont vu que Holmgren n'avait pas forcément besoin de faire des efforts comme on l'avait imaginé, elles ont su s'adapter pour se mettre dans les bonnes conditions et mettre au fond pour la victoire d'étape.

« IL Y EN A QUI ÉTAIENT VITE ESSEULÉES »

Il reste ce fameux dernier jour. Pour le moment, tout va bien ?
Oui, c'est vrai qu'on aborde cette dernière journée sans aucun pépin. Alors c'est sûr, un petit débours au général. Mais au vu de la difficulté du San Carlo et du Petit Saint-Bernard, 45 secondes, ça peut vite se réduire. Mais on a pu voir que les Holmgren, les Blasi, répondent présent aussi. Donc ça annonce une belle bataille pour vendredi. Quoi qu'il en soit, j'ai vu que Marion avait dit que parfois c'était bien de se mettre plus ou moins en difficulté, et revenir pour défendre son titre quand on a déjà gagné. Même s'il n'y a pas le jaune au bout comme l'année passée, ça sera très formateur et très intéressant pour la suite de sa carrière.

Il y a Julie (Bego) aussi qui est en embuscade. Toutes les nations n'ont pas forcément une deuxième carte...
Oui, moi je pense qu'au vu de ce qu'a démontré Célia aujourd'hui, et même Eglantine, on a de belles cartes, clairement. Donc on aura assez de forces, en tout cas. C'est davantage par rapport aux autres nations. Comme on l'a vu aujourd'hui au sommet de la bosse ou quand ça s'est regroupé, il y en a qui étaient vite esseulées, donc ça peut être un avantage. Mais au vu de la difficulté du parcours de vendredi matin, on verra comment s'adapter.

Mots-clés

En savoir plus