François Trarieux : « On ne va pas rouler pendant 180 kilomètres »

Crédit photo Aurélien Regnoult / DirectVelo
Début de course idéal pour l’équipe de France sur le Tour de l’Avenir. Grand favori de l’épreuve Espoirs, Paul Seixas a remporté le prologue disputé ce samedi sur les pentes menant à Tignes 1800. Voilà l’habituel coureur de Decathlon AG2R La Mondiale en jaune alors que la route est encore très longue jusqu’à La Rosière, où se terminera l’épreuve vendredi prochain. Directeur sportif des tricolores aux côtés de Pierre-Yves Chatelon, François Trarieux est revenu pour DirectVelo sur le succès du Rhodanien et évoque la suite du Tour de l’Avenir.
DirectVelo : C’est le début de Tour de l’Avenir parfait pour Paul Seixas !
François Trarieux : Paul avait besoin de se remettre en confiance. Il a eu des petits pépins de santé dernièrement donc c'est très bien de gagner. C’est ça de pris. Ce n’est “que” le prologue mais au moins il a pu lever les bras à l'arrivée parce que quand il passe la ligne, il a entendu qu’il allait s’imposer. Il savait que (Lorenzo Mark) Finn serait très costaud, il me l'avait dit avant le départ que ça serait un adversaire sérieux sur ce type de bosse.
Tu t’attendais à cette victoire ?
Sur un prologue comme ça, on ne sait jamais trop à quoi s'attendre. On a fait le choix avant le départ, tous les deux, de ne pas prendre d'oreillette pour gagner du poids donc ça a été payant. Comme j'ai dit à Paul : “Tu es un grand garçon. Je ne vais pas te dire d'appuyer plus fort”. Je voulais qu'il reste vraiment concentré sur son effort. Ça ne sert à rien parfois de parler au coureur pour ne rien dire donc il valait mieux qu'il reste sur sa gestion d'effort et puis comme ça, au moins, il a pu faire sa montée. Je pense que tout le monde est content de ce beau départ.
« IL NE FAUT PAS S’ENFLAMMER »
Tu as vite compris qu’il faisait un gros chrono ?
Je n’ai suivi qu’un coureur (chaque équipe pouvait suivre uniquement un concurrent, NDLR). Je connais un peu son coup de pédale même si je ne l'ai pas eu sur la route. On le suit depuis les jeunes, on sait de quoi il est capable. Après de là à savoir véritablement où il en était pendant ce prologue… J'étais avec Pierre-Yves (Chatelon) au talkie-walkie quand il est passé à la flamme rouge, on s'est dit que ça pouvait le faire… Ça ne s’est pas joué à grand-chose. Encore une fois, il a su bien se rétablir après ses petits problèmes de santé. La course commencera vraiment demain (dimanche). Il ne faut pas s'enflammer. Je dirais la même chose si c’était quelqu’un d’autre leader. C’est très bien, maintenant on va pouvoir réfléchir à la suite.
Est-ce qu’avoir le maillot jaune peut être un poids ?
Il y a des équipes qui vont essayer de jouer la carte du sprint dès cette première étape. Lorenzo Mark Finn est dans la même seconde que Paul, donc les Italiens auront intérêt à contrôler la course pour qu’il garde son avantage. Nous, on a quand même envie de faire une course de mouvement. Il y a des moments où on sera bien obligé de se positionner devant mais on ne va pas rouler pendant 180 kilomètres en tête de paquet… Ça serait complètement hors sol d’imaginer faire ça toute la semaine. Il faudra être intelligent et bien doser les efforts. Ça commence bien mais maintenant il faut passer à la suite. Les choses sérieuses vont commencer.
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