FDJ-Suez : « Elle est capable de faire de grandes choses »

Crédit photo Freddy Guérin / DirectVelo
Nina Buijsman, Léa Curinier, Juliette Labous et Alessia Vigilia ne voulaient pas en rater une miette. Quand Élise Chabbey est partie rejoindre la cérémonie protocolaire du Tour de Romandie, après avoir renversé le classement général sur la dernière étape au détriment d’Urska Zigart, ses coéquipières ont pris le pas pour vivre ce moment-là. Tout comme leur directeur sportif Nicolas Maire, qui est revenu sur le succès de la Romande auprès de DirectVelo.
DirectVelo : Élise Chabbey a gagné à domicile le Tour de Romandie… Que représente ce succès pour l’équipe ?
Nicolas Maire : C’est une grande satisfaction. Le fait qu’elle gagne chez elle est le petit plus. Elle marchait vraiment fort ce week-end. Elle nous a agréablement surpris même si on sait qu'elle est capable de faire de grandes choses. Je pense qu'elle s'est aussi surprise elle-même sur l’étape de samedi (où elle s’est imposée, NDLR). On était si près au général qu'on devait tenter quelque chose sur la dernière étape. Au briefing, je leur ai proposé un plan.
Lequel ?
Le deal, c'était “est-ce que vous êtes prêtes à tout faire pour gagner le général, quitte à tout perdre ?”. On voulait essayer d'avoir devant Juliette (Labous), placée au général, pour mettre la pression sur AG Insurance-Soudal. Il fallait que le scénario de course soit propice à ça. On n'a jamais pu réellement le faire. Mais les filles ont vraiment bien couru. On était représentés dans l'échappée avec Nina (Buijsman). Elle a eu un boulot ingrat à l’avant car je ne voulais pas qu’elle roule pour éviter d’avoir un trop gros écart. Ensuite, j'ai fait rouler ses coéquipières pour qu'on se rapproche de l'échappée. Je pense qu'Élise ne se sentait pas bien à un moment donné de la course. On a adapté un peu notre plan. On a dit qu'on mettait tout dans la dernière montée. Juliette (Labous) a été d’un précieux soutien à Élise. Ça a marché, c'est top.
DES CHANGEMENTS DANS L'EFFECTIF AVANT LA COURSE
L’équipe n’était pas vraiment celle prévue. Demi Vollering et Evita Muzic, initialement annoncées, ont été absentes. Et ça a été l’inverse pour Juliette Labous.
Le Tour de France a été extrêmement dur. Sur les sept athlètes, on en a eu quatre malades, dont Élise. On a eu la chance qu'Élise se remette plutôt bien. Mais elle n'avait pas trop confiance en elle comme elle a été malade. On espérait qu’Evita soit présente au départ jusqu'au dernier moment. Mais venir sans avoir eu d'entraînement les jours avant la course, ce n'était vraiment pas une bonne chose. Juliette a pu remplacer Demi, parce qu'elle se sentait bien. Une semaine avant, on a donc pris la décision qu'elle vienne. On a été obligés de faire quelques changements mais les filles étaient motivées. Il y avait un bon état d'esprit. Je suis vraiment content de ça.
Comment l’équipe a vécu l’exclusion de cinq formations parmi les meilleures mondiales juste avant la première étape ?
J'ai pris le temps d'expliquer ce qui se passait : la situation, notre point de vue en tant qu'équipe et mon point de vue en tant que DS qui est aussi passionné de cyclisme. On était là pour courir et se faire plaisir. C'est la chose qu'on a faite.
Il ne faut pas dire que c'est une victoire au rabais pour Élise Chabbey…
Pas du tout. On dit toujours que les absents ont toujours tort. Élise a été chercher sa victoire. Elle ne le doit qu'à elle-même et à son équipe. Tout le monde est fier d’elle. On est contents de gagner une belle épreuve. Je pense que le Tour de Romandie a été sympa à regarder à la télé. Je souhaite aux organisateurs que la course continue. Le départ qu'ils ont eu a été dur à encaisser pour eux. C'est bien qu'il y ait eu derrière un beau spectacle. J'espère qu'on pourra être présents l'année prochaine sur le Tour de Romandie.
« ÉLISE DONNE BEAUCOUP »
Élise Chabbey, arrivée l'hiver dernier, est sans surprise vite devenue une taulière de l’équipe…
Quand elle n'a pas de problème physique, Élise est capable d'être dans les 10 à 15 meilleures mondiales. Elle a vite trouvé sa place dans l'équipe. On a essayé de lui apporter des choses qu'elle n'avait peut-être pas par le passé, comme la confiance. Elle en a besoin. Je pense qu'elle se sent bien dans l'équipe. Quand on peut faire en sorte de lui redonner tout ce qu'elle donne pour ses coéquipières et ses leaders, on le fait. Toutes ses coéquipières sont contentes de cette victoire. Pas forcément juste parce que c'est à la maison, mais parce qu'Élise donne beaucoup au groupe.
Quels sont les grands rendez-vous de la fin de saison pour l’équipe ?
Forcément, on va aller sur les dernières courses européennes du WorldTour comme au Plouay et le Simac. Maintenant, les gros objectifs de nos leaders, ce sera plus avec leur équipe nationale, avec le Championnat du Monde et le Championnat d'Europe. Il nous reste aussi quelques courses comme l'Ardèche, À Travers les Hauts-de-France et Fourmies où on alignera aussi des équipes de qualité. On va essayer d'aller de l'avant et décrocher d'autres victoires. L'état d'esprit est bon, on veut continuer sur cette lancée.
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