Guillaume Adam : « Sur les courses, on joue »

Crédit photo Philippe Le Cocq - DirectVelo / Les Photos de Phil
Il a grandi en rêvant de cette victoire. Mardi, Guillaume Adam s’est brillamment imposé au sommet du Mur de Montpinchon, lors du traditionnel Prix de la Saint-Laurent. Le coureur du VC Rouen 76 vient inscrire son nom au palmarès à côté de celui de son père, Philippe, vainqueur 39 ans plus tôt. Le Normand, originaire de Brix, vient cueillir la première victoire de sa saison, son « monument », après six deuxièmes places. DirectVelo s'est entretenu avec l'actuel 15e du Challenge DirectVelo.
DirectVelo : Quelle victoire à Montpinchon !
Guillaume Adam : Cette année, ça ne s’est pas joué très tôt, contrairement aux autres éditions. De petits groupes tentaient de sortir, mais l’écart ne montait jamais beaucoup. Même à mi-course, si tu étais bien placé, tu pouvais encore jouer la victoire. Je suis finalement parti dans un petit groupe aux trois quarts de la course. À trois tours de l’arrivée, je me suis isolé, puis Thomas Garel et Jean-Louis Le Ny m’ont rejoint. La course était très animée. On n’avait pas beaucoup d’avance, 30 secondes environ, et je sais qu’avec si peu d’écart au pied du mur, tu peux vite être repris. On a tout donné et dans les deux derniers kilomètres, au pied de la bosse finale, j’ai attaqué.
« JE N'ÉTAIS PAS DANS UN JOUR EXCEPTIONNEL »
Tu avais l’avantage d’avoir un coéquipier à tes côtés…
On voulait déjà assurer d’aller au bout. J’avais aidé Jean-Louis (Le Ny) au Kreiz Breizh Elites la semaine précédente et il m’avait dit : "Si t’es pas mal, je jouerai pour toi". C’est ce qu’il a fait, il m’a rendu la balle. Je n’étais pas dans un jour exceptionnel, mais j’ai couru très juste.
C’est ta première victoire de la saison, après de nombreux podiums et Top 10, tu sembles avoir passé un cap…
L’équipe y est pour beaucoup. Ça fait bientôt deux ans que je suis à Rouen, on s’entend tous très bien, on se tire vers le haut. Une grosse partie du groupe a franchi un cap, moi compris. Sur les courses, on joue, c'est vraiment notre force. On est en tête de la Coupe de France, ça reflète bien l'état d'esprit du club. Je n’avais pas encore de victoire mais je ne me mettais pas la pression. Jusqu’aux Championnats de France, je jouais devant sur toutes les courses. Forcément, quand tu joues la gagne presque tous les week-ends, le moral reste bon.
Ton père avait gagné Montpinchon dans les années 80. Ça rend la victoire spéciale ?
S’il y avait une course à gagner, c’était celle-là. C’est la course que je suivais gamin, notre petit "monument". On en rigolait avec mon père : je lui avais promis de refaire sa célébration si j’arrivais à gagner… et je l’ai fait. Mes parents nous suivent tous les week-ends. Mes frères sont à Torigny, moi à Rouen. Mon père nous conseillait beaucoup quand on était jeunes. Maintenant, on a chacun nos DS et il préfère nous encourager sur le bord de la route.
« J'AIMERAIS BRILLER AUX 3 JOURS DE CHERBOURG »
Comment te définis-tu comme coureur ?
Plutôt passe-partout. Par exemple, à la Coupe de France de Valkowiak, j’ai bien passé les bosses alors que c’était dur cette année. On avait bien préparé l’échéance avec l’équipe. J’aime aussi le chrono, ça m’aide à rouler vite.
Quels sont tes objectifs pour la fin de saison ?
Je vais me donner à fond chaque week-end. J’aimerais briller aux 3 Jours de Cherbourg, c’est à la maison. Et puis il y aura les Coupes de France, avec une finale sur un circuit que j’aime bien, Puisaye-Forterre
Et pour 2026 ?
Pour l’instant, je donne le maximum. Si j’ai l’opportunité de passer au niveau supérieur, tant mieux. Sinon, je ne me minerai pas le moral. Cette année, j’ai terminé ma troisième année de licence en management, en distanciel, ça me permet d’avoir un bagage pour la suite. L’hiver, je me suis appliqué aux études, et quand la saison a commencé, je pouvais me consacrer au vélo.
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