Nicolas Prodhomme : « Il faut savoir jouer pour gagner »

Crédit photo Aurélien Regnoult / DirectVelo

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Et de cinq pour Nicolas Prodhomme ! Le grimpeur de Decathlon AG2R La Mondiale ne s’arrête plus de gagner. Après une étape du Tour des Alpes, une autre au Giro, ainsi que le général et une étape de la Route d’Occitanie, le Normand s’est imposé ce jeudi sur la deuxième étape du Tour de l’Ain. Il a été le seul à suivre l’attaque de Cian Uijtdebroeks, dans le col de Menthières, à 26 kilomètres de l’arrivée située à Lélex-Monts Jura. Et au sprint, il n’a eu aucun mal à prendre le meilleur sur le Belge. Il s’empare ainsi du maillot jaune de leader à la veille de l’étape finale, disputée ce vendredi entre le Plateau de Hauteville et Belley, qui empruntera les cols de la Biche et du Grand Colombier. Avant de se parer de jaune, il est revenu sur son excellente dynamique au micro de DirectVelo.


DirectVelo : Tu viens de t’offrir ton cinquième succès depuis fin avril !
Nicolas Prodhomme : La dynamique est exceptionnelle cette année pour moi. Il faut en profiter, on sait que la vie n'est jamais plate. Je suis vraiment dans une super dynamique en ce moment, donc j'ai envie d'en profiter au maximum. On est sur une course pas très loin de la maison (il habite à Aix-les-Bains, NDLR), du coup ça fait aussi plaisir de gagner ici. Je connaissais cette arrivée, comme celle de Lagnieu Hier (mercredi), on avait aussi des ambitions mais la Visma ne voulait pas trop rouler avec moi, et je pense qu'ils ont perdu plutôt que gagné.

Sans surprise, ça s’est joué dans Menthières sur cette deuxième étape…
C’était la montée la plus difficile de la journée. J'ai demandé aux gars de vraiment me mettre dans leurs roues (des coureurs de Visma-Lease a Bike, NDLR). Je voulais être là quand ça allait attaquer. Tous mes coéquipiers ont très bien joué le jeu. Dès que ça a bougé, j'ai pu suivre. On est sortis après trois kilomètres de montée. Donc ça a permis de créer des écarts à l'arrivée. Aujourd'hui, ils ont voulu collaborer directement avec moi, du coup c'était cool. On sait que le général va se faire à l'addition des places si tout le monde est dans le même temps. Hier, j'ai pris un bon coup d'avance sur eux, donc c'était plus à la Visma de prendre des risques pour essayer de me prendre du temps.

« ON AURAIT PU ARRIVER AVEC PLUS D’AVANCE »

Cian Uijtdebroeks a essayé de te distancer dans le final…
Il m’a attaqué à 3 ou 4 bornes de l'arrivée, j'ai hésité à contrer. Je pense qu’il s’attendait à cela. Mais j'étais assez confiant sur mon sprint. On a fait pas mal de pancartes le mois dernier aux Arcs 1950 en stage. Je n’exploite peut-être pas assez souvent mon sprint même si j'emmène Dorian Godon, mais je sais que j'ai aussi une pointe de vitesse. J'avais donc plus de chance de gagner ainsi plutôt qu’en l’attaquant. Je sais qu'il n'a encore jamais gagné chez les professionnels, donc c'était à lui de prendre des risques. Et moi, j'avais juste à être sur la défensive. Ils ont voulu jouer avec moi hier. Je ne vais pas leur faire de cadeau.

Il y avait de l’intox entre vous deux ?
Pas vraiment. Lui était surtout très motivé à prendre beaucoup de temps d'avance pour le général. Et au final, il a beaucoup perdu parce qu'il n'a pas voulu passer dans les deux derniers kilomètres. On aurait pu arriver avec plus d'avance. Mais c'est le jeu, il faut savoir jouer pour gagner. Et il a joué assez tôt, mais ça fait partie de leur stratégie.

Tu sembles agacé à propos de la stratégie de la Visma-Lease a Bike…
C’était surtout hier. Ils n’ont pas voulu collaborer alors qu'on aurait pu peut-être arriver avec 1’30’’ d'avance mais c'est comme ça. Moi, je suis content, j'ai gagné mon étape.

« DEPUIS QUE LES PLANÈTES S’ALIGNENT… »

Il reste une étape, avec notamment le Grand Colombier…
L’arrivée sera en bas (à Belley, NDLR), il faut en tenir compte. On parle du Grand Colombier, mais le col de la Biche est très dur. Après, les routes sont sinueuses en bas. Il reste encore tout le Grand Colombier à faire derrière. Le fait de ne pas arriver en haut peut favoriser un regroupement sur le plat, avec quelques coureurs.

Tu réalises une énorme saison !
D'année en année, je progresse tout le temps un petit peu. J’ai passé un petit cap. L'année dernière, j'avais peu le rôle de leader et beaucoup celui d’équipier. J’avais un calendrier de courses de rêve, donc je savais à quoi m'attendre. Cette année, j'ai encore progressé et c'est ce qui me manquait pour jouer les premiers rôles. En début de saison, jusqu'au Tour des Alpes, on va dire que les planètes ne s'alignaient pas comme je le souhaitais. Mais depuis que les planètes s'alignent, c'est vraiment le graal.

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