Thaïs Barrier Paiva : « C'est inimaginable »

Crédit photo Freddy Guérin - DirectVelo

Crédit photo Freddy Guérin - DirectVelo

C'est un numéro solitaire dont elle risque de se souvenir. Thaïs Barrier Paiva est devenue Championne de France Minime-Cadette au terme d'un baroud de plus de 30 kilomètres, soit deux tours du circuit exigeant de La Tour-du-Pin. Bien qu'elle ne soit pas grande grimpeuse, la coureuse de Nouvelle-Aquitaine, licenciée à Dordogne Sud, a profité des temps morts dans le groupe de contre pour savourer ce succès. Une victoire parachevée par un doublé avec Lucie Elizalde, et une 4e place pour Léa Langella en prime. Thaïs Barrier Paiva, les yeux bleus rougis par l'émotion, est revenue sur cette journée inoubliable au micro de DirectVelo.


DirectVelo : Que représente ce maillot sur tes épaules ?
Thaïs Barrier Paiva : C'est vraiment incroyable, je ne me rends pas compte encore parce que je n'étais pas du tout venue pour le maillot, j'étais plutôt venue pour travailler pour l'une de mes copines, et puis là que ce soit moi c'est vraiment incroyable, c'est inimaginable.

Tu as pensé à quoi dans le final ? Tu étais toute seule, tu as eu le temps de savourer...
Au début j'ai eu très peur parce que je me suis dit, même si j'ai de l'avance, même si j'ai une minute, je peux tout perdre parce que dans les bosses je ne suis pas la meilleure, alors je me suis dit il faut s'accrocher jusqu'au bout. Il y avait mon père, mon frère, et François (Trarieux) qui étaient sur le bord de la route, qui ont couru derrière moi, ça m'a poussée, et quand j'ai vu qu'au bout j'étais toute seule, je me suis dit « voilà, maintenant c'est moi et juste moi ».

Ce long baroud t'a semblé interminable ?
Ah ouais, c'était très long, je commençais à avoir des crampes et tout, j'avais super peur qu'elles reviennent. Je préfère le plat, je suis davantage une rouleuse, les montées sont encore un peu dures pour moi. Mais je savais qu'il y avait Léa et Lucie qui étaient derrière pour essayer de les bloquer, alors vraiment je les remercie.

« SANS BAISSER LES BRAS, SANS REGARDER DERRIÈRE »

Elles sont revenues très proches à un moment, tu commençais à avoir un petit peu peur ?
Oui oui, je savais que dans la première bosse du dernier tour elles commençaient à revenir, j'ai eu très, très, très, peur, puis j'ai vu que l'écart diminuait, diminuait, puis d'un coup j'ai réussi à en remettre, je pense qu'elles ont un peu arrêté de rouler, et j'ai réussi à reprendre du temps et à continuer jusqu'au bout, sans baisser les bras, sans regarder derrière.

Le comité avait de nombreuses cartes !
Oui, on savait qu'il y en avait beaucoup qui pouvaient prétendre au maillot, mais on était plus du côté de Léa (Langella) et Lucie (Elizalde) parce que ce sont de très grandes grimpeuses, alors que moi je ne monte pas très, très vite comparé à elles. Du coup je me suis dit qu'il fallait que j'anticipe la dernière bosse, parce que si j'arrive avec elle dans la dernière montée c'était fini, je n'aurais pas pu basculer avec elles. Alors je me suis dit « là je vais sortir ». Je ne réfléchissais pas trop parce que je me suis dit que si elles me rattrapaient, ce n'était pas grave, il y avait Lucie et Léa pour aller chercher le maillot. J'ai continué jusqu'au bout et j'ai vu que je pouvais y aller.

Tu avais l'habitude d'être plus dans l'ombre de Lucie, de Léa, c'est un peu ton jour de gloire aujourd'hui ?
Oui, des fois au début d'année c'était plus moi, puis maintenant c'est Léa et donc je peux courir pour elle tout le temps. Là quand j'ai vu qu'elle ne revenait pas, qu'elle m'aidait elle aussi, j'étais super contente.

« IL N'Y AVAIT PAS NOS PARENTS, PAS GRAND MONDE QU'ON CONNAISSAIT »

Tu étais en Macédoine pour le Festival Olympique de la Jeunesse, comment c'était ?
C'était incroyable. Mais c'était très dur parce qu'il y avait un très gros peloton, on courait avec les meilleures des autres nations, tout le monde se poussait et tout, mais on a quand même réussi avec les filles à rester dans le peloton et arriver toutes ensemble. C'était dur parce qu'il n'y avait pas nos parents, il n'y avait pas grand monde qu'on connaissait, mais on s'est vite tous bien entendus, on était un petit groupe et ça s'est bien passé pour le voyage.

Essayes-tu d'autres disciplines ?
Oui je fais du cyclo-cross et avant je faisais du VTT, mais en début d'année je me suis cassé le scaphoïde à Marseille, du coup je n'en ai pas refait. Je ne sais pas encore la suite, je pense que je ferai deux ou trois courses de VTT l'année prochaine, mais sinon je suis focus sur la route maintenant.

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