Winspace : « Continuer à grimper les marches une par une »

Crédit photo Freddy Guérin / DirectVelo
La structure Winspace Orange Seal restait sur une expérience difficile sur le Tour de France. Pour le grand retour de l’épreuve en 2022, l’équipe alors appelée Stade Rochelais Charente-Maritime n’avait eu que la seule Séverine Eraud à l’arrivée. L’édition 2025 s’est bien mieux passée pour la ProTeam grâce notamment à la Canadienne Nadia Gontova - notre photo -, classée 23e du général après avoir notamment pris la 10e place de la dernière étape à Châtel. Le manager Jean-Christophe Barbotin a dressé le bilan de sa formation au micro de DirectVelo.
DirectVelo : Nadia Gontova a réalisé un beau Tour de France !
Jean-Christophe Barbotin : C'est ce qu'on attendait. On savait que le Tour serait difficile au début parce que ce n'était pas propice à nos grimpeuses. On a fait une très belle échappée, sur la septième étape, avec Fiona (Mangan) qui a fait 100 bornes devant. On a six filles de l’équipe qui ont fini la course. C'est une bonne chose, car nous n’avions que des néophytes et il y avait cette fois-ci neuf vraies étapes, sans chrono.
Ça s'est mieux passé qu’en 2022 !
On a reconstruit l’équipe les années qui ont suivi. On avait des filles très fortes comme Lotte Claes, Maeva Squiban ou Natalie Grinczer, mais on n'a pas été retenus pour autant. Au départ du Tour, j’étais beaucoup plus confiant qu’il y a trois ans car on avait eu de très bons résultats depuis le début de la saison. On est venus avec deux grimpeuses de très haut niveau, Nadia Gontova et Karolina Perekitko. Ça nous permet d’avoir un plan A et un plan B. Quand une ne marche pas, c’est l’autre qui tire son épingle du jeu. On a pu être là en montagne.
« FIERS » POUR MAEVA SQUIBAN
Pour Karolina Perekitko, ça a été difficile… Comment l’expliques-tu ?
Karolina (Perekitko) court beaucoup. Je pense que son programme n'a pas été très bon avant le Tour. Elle est un peu cramée, et on sait qu’il faut arriver avec de la fraîcheur ici. Quand on voit les autres Françaises qui sont parmi les meilleures du monde aujourd'hui, Pauline (Ferrand-Prévot) n'a pas beaucoup couru. Maeva (Squiban) a été blessée, donc elle n'a pas beaucoup couru non plus. On sait qu’elle est très forte quand elle a de la fraîcheur.
Justement, comment as-tu vécu les deux victoires de Maeva Squiban qui a porté pendant trois ans les couleurs de la structure ?
Quand tu as une fille qui passe trois ans et demi chez toi, ça laisse des traces dans l'équipe. On connaissait son potentiel. Elle a gagné des courses UCI avec nous. Je suis super content pour elle. Elle a toujours été attaquante, elle a toujours eu envie. C'est une « blagueuse » sur le vélo. On est fiers pour elle.
« TOUT EST POSITIF POUR LE VÉLO FEMININ »
Faire le Tour de France est important pour les équipes françaises, et il y a plusieurs projets qui sont annoncés ces prochaines années. Vois-tu cela comme une menace ?
Ça me fait rigoler. Il y a des équipes qui arrivent et qui s’annoncent tout de suite en ProTeam et parlent d’invitations sur les courses comme le Tour de France. Il ne faut pas avoir une équipe moyenne pour prétendre au Tour de France. C'est la course la plus belle du monde, mais aussi la plus dure. De notre côté, on va continuer à grimper les marches une par une, et pas 100 d'un seul coup sans avoir rien montré.
Comment vis-tu le virage pris ces dernières années par le vélo féminin ?
Tout est positif pour le vélo féminin aujourd'hui. Ça progresse bien. Après, il y aura toujours des grandes équipes et des petites équipes, qui auront toujours leurs difficultés. C'est à nous de les surmonter. C'est à nous d'être pro et de faire notre travail.
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