Marion Bunel : « J’en ai beaucoup rêvé »

Crédit photo Florian Frison / DirectVelo
C’est une histoire qu’elle a raconté maintes et maintes fois : petite, lors de ses premiers tours de roue, Marion Bunel avait fait signer un autographe à Pauline Ferrand-Prévot et posé avec son idole. Une bonne décennie plus tard, la grimpeuse de la Visma-Lease a Bike aura (un petit peu) contribué à la victoire de sa désormais leader dans les pentes du Col de la Madeleine, à l’occasion de la huitième et avant-dernière étape du Tour de France. “Il y a quelques semaines, on a monté la Madeleine ensemble en stage. Aujourd’hui, on a fait un kilomètre ensemble”, rigole la lauréate du dernier Tour de l’Avenir auprès de DirectVelo, grand sourire jusqu’aux oreilles. “J’espérais mettre la main à la patte quand même”, reprend celle qui avait prévu, avec son équipe, de prendre un coup d’avance lors de cette étape décisive. “C’était le plan, oui. De là à la réussir, c’est différent, mais c’est ce que l’on avait imaginé avec le staff”.
La grimpeuse de poche se doutait que « PFP » serait très performante, mais difficile pour elle, comme pour tout le monde, de savoir quel allait être son niveau par rapport à une Demi Vollering, notamment. “À l’entraînement, j’ai vu qu’elle était super forte. Mes entraînements se résumaient d’ailleurs à essayer de la suivre, ça faisait très mal. Cela dit, je crois que tout le monde a du mal à croire ce qu’il vient de se passer. On est sous le choc (rire)”. Modeste, Marion Bunel n’en fait pas des caisses quant à sa propre performance. “Une fois dans la Madeleine, j’ai essayé de rester concentrée. Je suis heureuse de l’avoir aidée mais j’ai fait ce que j’ai pu, avec la forme du moment. Depuis le début du Tour, c’est dur pour moi. J’ai essayé de retrouver de l’énergie pour faire un minimum. Alors quand j’ai senti que c’était mon tour, j’ai tout donné et débranché le cerveau”.
Malgré la douleur et l’intensité de l’effort, l’athlète de 20 ans a tenté de profiter au maximum de cette journée pas comme les autres. “À Saint-François-Longchamp, c’était exceptionnel avec le public. Je n’entendais plus rien dans l’oreillette. C’est un moment très marquant pour moi. Le Tour, c’est LA course pour ressentir ce genre d’émotions”. Reste désormais une journée de dur labeur pour Marion Bunel, avec un beau maillot jaune à défendre. “Ce sera une dernière journée excitante mais aussi très stressante. On avait trois ans pour le faire, c’était le premier essai cette année…”. Mais prudence. “Dans tous les cas, c’est une journée qui restera longtemps dans les mémoires. J’en ai beaucoup rêvé mais de là à ce que ça se réalise… Hier (vendredi), je me suis souvenu d’une phrase d’un coach qui nous avait dit de rêver en grand. Là, le rêve est grand !”.
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